Bien qu'il ait l'âme sans rancune,
Pierrot dit en serrant le poing :
" Mais, sacrebleu, je n'ai nul point
La Seine, clair ciel à l'envers,
S'ensoleille comme le Tage !
Laisse éclore des menus vairs
Tes bras, ta gorge et davantage.
Deux monts plus vastes que l'Hécla
Surplombent la pâle contrée
Où mon désespoir s'éveilla.
Solitude qu'un rêve crée !
Être homme ? tu le peux. Va-t'en, guêtré de cuir,
L'arme au poing, sur les pics, dans la haute bourrasque,
Debout ! le soleil caresse nos draps.
Que ne suis-je né près de Mytilène !
Allons respirer l'odeur des cédrats
ont raison de changer d'amour
Au brin d'herbe qu'elle a quitté
Songe la cigale infidèle ;
Meilleur exemple, l'hirondelle
à cause du souvenir de sa première chanson d'amour
J'ai chanté comme Chérubin
Pour les beaux yeux de ma marraine !
cueillie au printemps
Une rose d'un mois d'avril
Sous une étoile qui regarde
Éveilla, malice ou mégarde,
C'était un soir du mois où les grappes sont mûres,
Et celle que je pleure était encore là.
Allez, vieilles amours, chimères,
Caresses qui m'avez meurtri,
Tourments heureux, douceurs amères,
Abandonnez ce coeur flétri !
Au dedans, le silence et la paix sont profonds ;
De froides pesanteurs descendent des plafonds,
Reste. N'allume pas la lampe. Que nos yeux
S'emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
L'orageux crépuscule oppresse au loin la mer
Et les noirs sapins. L'ombre, hélas ! revient toujours.