Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Au pays parfumé que le soleil caresse,
J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés
Ex-voto dans le goût espagnol
Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche
Est Large à faire envie à la plus belle blanche ;
Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté,
Pour moi, poète chétif,
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Though your wicked eyebrows call
Your nature into question
(Unangelic's their suggestion,
Witch whose eyes enthrall)
L'un t'éclaire avec son ardeur,
L'autre en toi met son deuil, Nature !
Ce qui dit à l'un : Sépulture !
C'est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
This life is a hospital where every patient is possessed with the desire to change beds; one man would like to
You have to be always drunk. That's all there is to it--it's the
Reubens, river of forgetfulness, garden of sloth,
Pillow of wet flesh that one cannot love,
I am as lovely as a dream in stone;
My breast on which each finds his death in turn
Inspires the poet with a love as lone
When, by decree of the supreme power,
The Poet appears in this annoyed world,
His mother, blasphemous out of horror
C'est ici la case sacrée
Où cette fille très parée,
Tranquille et toujours préparée,
D'une main éventant ses seins,
La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s'est mise en route, emportant ses petits
Ô fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
They are alike, prim scholar and perfervid lover:
When comes the season of decay, they both decide
Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose !
Mais la tristesse en moi monte comme la mer,
Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n'est pas celui d'un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,
I
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
En ces temps merveilleux où la Théologie
Fleurit avec le plus de sève et d'énergie
On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
(The speaker addresses himself)
Lighten up, you bitch, stop being so bitter.
You lobbied for night. It falls. Right here.
Une fois, une seule, aimable et douce femme,
A mon bras votre bras poli
S'appuya (sur le fond ténébreux de mon âme
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
Nature is a temple whose living colonnades
Breathe forth a mystic speech in fitful sighs;
A Ernest Christophe
Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,
J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
Have pity, You alone whom I adore
From down this black pit where my heart is sped,
A sombre universe ringed round with lead
Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine
Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon,
Above the ponds, beyond the valleys,
The woods, the mountains, the clouds, the seas,
Farther than the sun, the distant breeze,
The hour has come at last when, trembling to and fro,
Each flower is a censer sifting its perfume;
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Lecteur paisible et bucolique,
Sobre et naïf homme de bien,
Jette ce livre saturnien,
Orgiaque et mélancolique.
Comme un bétail pensif sur le sable couchées,
Elles tournent leurs yeux vers l'horizon des mers,
A la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur
What will you say tonight, poor soul in solitude,
what will you say my heart, withered till now,
Always be drunk.
That's it!
The great imperative!
In order not to feel
Time's horrid fardel
bruise your shoulders,
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
O fleece, that down the neck waves to the nape!
O curls! O perfume nonchalant and rare!
O ecstasy! To fill this alcove shape
De ce ciel bizarre et livide,
Tourmenté comme ton destin,
Quels pensers dans ton âme vide
Descendent ? Réponds, libertin.
A la très chère, à la très belle
Qui remplit mon coeur de clarté,
A l'ange, à l'idole immortelle,
Salut en l'immortalité !
Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
I love the naked ages long ago
When statues were gilded by Apollo,
When men and women of agility
To bear a weight that cannot be borne,
Sisyphus, even you aren't that strong,
Although your heart cannot be torn
Tout là-haut, tout là-haut, loin de la route sûre,
Des fermes, des vallons, par delà les coteaux,
Imagine, ma petite,
Dear sister mine, how sweet
Were we to go and take our pleasure
Leisurely, you and I?
J'aime le souvenir de ces époques nues,
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.
Alors l'homme et la femme en leur agilité
Je n'ai pas oublié, voisine de la ville,
Notre blanche maison, petite mais tranquille ;
Sa Pomone de plâtre et sa vieille Vénus
Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre :
La gueuse, de mon âme, emprunte tout son lustre ;
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
Je te donne ces vers afin que si mon nom
Aborde heureusement aux époques lointaines,
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Quand je te vois passer, ô ma chère indolente,
Au chant des instruments qui se brise au plafond
L'Amour est assis sur le crâne
De l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,
Souffle gaiement des bulles rondes
Quand chez les débauchés l'aube blanche et vermeille
Entre en société de l'Idéal rongeur,
Par l'opération d'un mystère vengeur
Tout homme digne de ce nom
A dans le coeur un Serpent jaune,
Installé comme sur un trône,
Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
La pendule, sonnant minuit,
Ironiquement nous engage
A nous rappeler quel usage
Nous fîmes du jour qui s'enfuit :
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
I
Que m'importe que tu sois sage ?
Sois belle ! et sois triste !Les pleurs
Ajoutent un charme au visage,
Dis-moi, ton coeur parfois s'envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l'immonde cité,
I've been home a long time among the vast porticos,
Which the mariner sun has tinged with a million fires,
Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos coeurs maudits,
At last! I am alone! Nothing can be heard but the rumbling of a few belated and weary cabs. For a few hours at least silence wi
Are they blue, gray or green? Mysterious eyes
(as if in fact you were looking through a mist)
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
N'est-ce pas qu'il est doux, maintenant que nous sommes
Fatigués et flétris comme les autres hommes,
Il aimait à la voir, avec ses jupes blanches,
Courir tout au travers du feuillage et des branches,
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
A Constantin Guys
I
De ce terrible paysage,
Tel que jamais mortel n'en vit,
Ce matin encore l'image,
Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
" D'où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
Montant comme la mer sur le roc noir et nu ? "
Imaginez Diane en galant équipage,
Parcourant les forêts ou battant les halliers,
Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal :
" Pour toi, bizarre amant, quel est donc mon mérite ? "
Tonight the moon dreams in a deeper languidness,
And, like a beauty on her cushions, lies at rest;
I'm like the king of a rain-country, rich
but sterile, young but with an old wolf's itch,
one who escapes Fénelon's apologues,
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,
Pluviôse, irrité contre la ville entière,
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
Often to pass the time on board, the crew
will catch an albatross, one of those big birds
which nonchalently chaperone a ship
On the great walls of ancient cloisters were nailed
Murals displaying Truth the saint,
Mother of memories, mistress of mistresses,
O you, all my pleasures! O you, all my learning!
When, by a decree of the sovereign power,
The poet makes his appearance in a bored world,
Remember that object we saw, dear soul,
In the sweetness of a summer morn:
At a bend of the path a loathsome carrion
In all its raucous impudence
Life writhes, cavorts in pallid light,
With little cause or consequence;
My youth was nothing but a black storm
Crossed now and then by brilliant suns.
The thunder and the rain so ravage the shores
A fountain's pulsing sobs--like this my blood
Measures its flowing, so it sometimes seems.
My sister, my child
imagine, exiled,
The sweetness, of being there, we two!
To live and to sigh,
to love and to die,
My well-beloved was stripped. Knowing my whim,
She wore her tinkling gems, but naught besides:
Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux
Et planait librement à l'entour des cordages ;
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infame
Ce spectre singulier n'a pour toute toilette,
Grotesquement campé sur son front de squelette,
DESSIN D'UN MAITRE INCONNU
Au milieu des flacons, des étoffes lamées
Et des meubles voluptueux,
Free as a bird and joyfully my heart
Soared up among the rigging, in and out;
Under a cloudless sky the ship rolled on
Looking from outside into an open window one never sees as much as when one looks through a closed window. There is nothing mor