Cache-toi, beau Soleil, je ne mérite pas
Entrevoir la lueur de ta face suprême,
Solitaire hauteur, sainte horreur ravissante,
Silence glorieux,
Beau sein des Séraphins, ombre resplendissante,
Qu'est-ce donc que je vois ? Quelle vision pure !
Je vois le Créateur, en lui la créature,
Je vois l'être et le rien,
Du rien je m'achemine aux pieds de Jésus-Christ,
Des pieds à son côté où je reçois l'esprit
[...] Sus, sus, il faut partir, il faut trousser bagage,
J'entends les grands hérauts de la divinité
Que le monde est constant en instabilité,
Si l'on jouit d'une aise, au moins de l'apparence,
Ceux qui nagent à gré, au courant des délices
De ce monde orageux, inconstant et mouvant,
Superbes qui pensez, en dédaignant la mort,
Trouver dessus la terre une éternelle base,