Afin qu'à l'avenir on t'adore, ô Déesse,
Je plante en ton honneur ce laurier immortel,
Combien, combien de fois, au soir sous la nuit brune,
Errant comme un taureau par amour furieux,
Comme on voit en été une bruyante nue
Que le roide Aquilon va parmi l'air roulant,
Pleine de tous côtés se crever grommelant,
De la cime des monts les fiers torrents se roulent
Quand les neiges font place aux trésors du printemps,
Du soleil radieux la brillante splendeur,
Et de la lune aussi la lumineuse face
Par un nuage épais, épars en l'air, s'efface,
Le vautour affamé qui du vieil Prométhée
Becquette sans repos le poumon renaissant,
Et le vase maudit où le dieu punissant
Maintenant que le Ciel, plein d'une alme influence,
Chasse par ses doux feux l'outrageuse froideur
Or que le grand flambeau qui redore les Cieux
Se plonge sous les eaux, s'opposant à nos yeux
Passants, ne cherchez plus dessous l'Orque infernal,
D'Ixion, de Sisyphe et des Bellides soeurs,
Puisse en dépit du Ciel et du grand Jupiter,
Des signes, du Soleil, des Astres, de la Lune,
Quand le grand oeil du Ciel tournoyant l'horizon
Se darde au Capricorne, où sa chaleur passée
Un grand voile obscurci parmi l'air s'étendait,
Qui rouant dans son sein une humeur détenue,
Semait deçà delà une grêle menue