Poems by Emile Nelligan

cacanadian poetry

A

  • Amour immaculé

    Je sais en une église un vitrail merveilleux
    Où quelque artiste illustre, inspiré des archanges,

  • Aubade rouge

    L'aube éclabousse les monts de sang
    Tout drapés de fine brume,
    Et l'on entend meugler frémissant
    Un boeuf au naseau qui fume.

  • Automne

    Comme la lande est riche aux heures empourprées,
    Quand les cadrans du ciel ont sonné les vesprées !

B

  • Bergère

    Vous que j'aimai sous les grands houx,
    Aux soirs de bohème champêtre,
    Bergère, à la mode champêtre,

  • Billet céleste

    Plein de spleen nostalgique et de rêves étranges,
    Un soir je m'en allai chez la Sainte adorée,

  • Béatrice

    D'abord j'ai contemplé dans le berceau de chêne
    Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir ;

C

  • C'était l'automne...et les feuilles tombaient toujours

    L'ANGÉLUS sonnait, et l'enfant sur sa couche de douleur
    souffrait d'atroces maux ; il avait à peine quinze ans, et les

  • Caprice blanc

    L'hiver, de son pinceau givré, barbouille aux vitres
    Des pastels de jardins de roses en glaçons.

  • Chapelle dans les bois

    Nous étions là deux enfants blêmes
    Devant les grands autels à franges,
    Où Sainte Marie et ses anges

  • Chapelle de la morte

    La chapelle ancienne est fermée,
    Et je refoule à pas discrets
    Les dalles sonnant les regrets
    De toute une ère parfumée.

  • Chapelle ruinée

    Et je retourne encor frileux, au jet des bruines,
    Par le délabrement du parc d'octobre. Au bout

  • Charles Baudelaire

    Maître, il est beau ton Vers ; ciseleur sans pareil,
    Tu nous charmes toujours par ta grâce nouvelle,

  • Chopin

    Fais, au blanc frisson de tes doigts,
    Gémir encore, ô ma maîtresse !
    Cette marche dont la caresse
    Jadis extasia les rois.

  • Christ en croix

    Je remarquais toujours ce grand Jésus de plâtre
    Dressé comme un pardon au seuil du vieux couvent,

  • Château rural

    J'eus ce rêve. Elle a vingt ans, je n'en ai pas moins ;
    Nous habiterons ces chers coins
    Qu'embaumeront ses soins.

  • Clair de lune intellectuel

    Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
    Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.

  • All poems of Emile Nelligan beginning with the letter C

D

  • Dans l'allée

    Toi-même, éblouissant comme un soleil ancien
    Les Regrets des solitudes roses,
    Contemple le dégât du Parc magicien

  • Devant deux portraits de ma mère

    Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien,
    Peint aux jours glorieux qu'elle était jeune fille,

  • Devant mon berceau

    Avec l'obsession d'un sanglot étouffant,
    Combien ma souvenance eut d'amertume en elle,

  • Diptyque

    En une très vieille chapelle
    Je sais un diptyque flamand
    Où Jésus, près de sa maman,
    Creuse le sable avec sa pelle.

F

  • Frisson d'hiver

    Les becs de gaz sont presque clos :
    Chauffe mon coeur dont les sanglots
    S'épanchent dans ton coeur par flots,
    Gretchen !

G

  • Gretchen la pâle

    Elle est de la beauté des profils de Rubens
    Dont la majesté clame à la sienne s'incline.

H

  • Hiver sentimental

    Loin des vitres ! clairs yeux dont je bois les liqueurs,
    Et ne vous souillez pas à contempler les plèbes.

J

L

M

  • Ma mère

    Quelquefois sur ma tête elle met ses mains pures,
    Blanches, ainsi que des frissons blancs de guipures.

  • Maints soirs nous errons dans le val

    Maints soirs nous errons dans le val
    Que vont drapant les heures grises.
    Des pleurs perlent ses yeux d'alises

  • Mazurka

    Rien ne captive autant que ce particulier
    Charme de la musique où ma langueur s'adore,

  • Moines en défilade

    Ils défilent le long des corridors antiques,
    Tête basse, égrenant d'énormes chapelets ;

  • Mon âme

    Mon âme a la candeur d'une chose étiolée,
    D'une neige de février...
    Ah ! retournons au seuil de l'Enfance en allée,

  • Mélodie de Rubinstein

    C'est comme l'écho d'un sacré concert
    Qu'on entend soudain sans rien y comprendre;
    Où l'âme se noie en hachich amer

N

  • Nocturne - (A Denys Lanctôt)

    C'est l'heure solennelle et calme du silence,
    L'Angélus a sonné notre prière à Dieu ;

  • Notre-dame-des-neiges

    Sainte Notre-Dame, en beau manteau d'or,
    De sa lande fleurie
    Descend chaque soir, quand son Jésus dort,
    En sa Ville-Marie.

  • Noël de vieil artiste

    La bise geint, la porte bat,
    Un Ange emporte sa capture.
    Noël, sur la pauvre toiture,
    Comme un De Profundis, s'abat.

  • Nuit d'été

    Le violon, d'un chant très profond de tristesse,
    Remplit la douce nuit, se mêle aux sons des cors,

P

  • Pan moderne

    Pour patrimoine il a sept chèvres ;
    Quand l'air de l'aube en ses poumons
    Vibre, on le voit passer par monts

  • Petit hameau

    Or voici que verdoie un hameau sur les côtes
    Plein de houx, orgueilleux de ses misères hautes.

  • Petit vitrail

    Jésus à barbe blonde, aux yeux de saphir tendre,
    Sourit dans un vitrail ancien du défunt choeur

  • Pour Ignace Paderewski

    Maître, quand j'entendis, de par tes doigts magiques,
    Vibrer ce grand Nocturne, à des bruits d'or pareil ;

  • Premier remords

    Au temps où je portais des habits de velours,
    Eparses sur mon col roulaient mes boucles brunes.

  • Presque berger

    Les Brises ont brui comme des litanies
    Et la flûte s'exile en molles aphonies.

  • Prière du soir

    Lorsque tout bruit était muet dans la maison,
    Et que mes soeurs dormaient dans des poses lassées

Q

R

  • Refoulons la sente

    Refoulons la sente
    Presque renaissante
    A notre ombre passante.
    Confabulons là
    Avec tout cela
    Qui fut de la villa.

  • Rondel à ma pipe

    Les pieds sur les chenets de fer
    Devant un bock, ma bonne pipe,
    Selon notre amical principe
    Rêvons à deux, ce soir d'hiver.

  • Roses d'octobre

    Pour ne pas voir choir les roses d'automne,
    Cloître ton coeur mort en mon coeur tué.

  • Rythmes du soir

    Voici que le dahlia, la tulipe et les roses
    Parmi les lourds bassins, les bronzes et les marbres

  • Rêve d'une nuit d'hôpital

    Cécile était en blanc, comme aux tableaux illustres
    Où la Sainte se voit, un nimbe autour du chef.

  • Rêve de Watteau

    Quand les pastours, aux soirs des crépuscules roux
    Menant leurs grands boucs noirs aux râles d'or des flûtes,

  • Rêve fantasque

    Les bruns chêneaux altiers traçaient dans le ciel triste,
    D'un mouvement rythmique, un bien sombre contour ;

  • Rêves enclos

    Enfermons-nous mélancoliques
    Dans le frisson tiède des chambres,
    Où les pots de fleurs des septembres

S

  • Sainte-Cécile

    La belle Sainte au fond des cieux
    Mène l'orchestre archangélique,
    Dans la lointaine basilique
    Dont la splendeur hante mes yeux.

  • Silvio Corelli pleure

    Je ne suis qu'un être chétif :
    Tout jeune, m'a laissé ma mère ;
    Je vais errant et maladif :
    Je n'ai pas d'amis sur la terre.

  • Soir d'hiver

    Ah! comme la neige a neigé!
    Ma vitre est un jardin de givre.
    Ah! comme la neige a neigé!
    Qu'est-ce que le spasme de vivre

  • Soirs d'octobre

    - Oui, je souffre, ces soirs, démons mornes chers Saints.
    - On est ainsi toujours au soupçon des Toussaints.

  • Sonnet d'or

    Dans le soir triomphal la froidure agonise
    Et les frissons divins du printemps ont surgi ;

  • Sur un portrait du Dante

    C'est bien lui, ce visage au sourire inconnu,
    Ce front noirci du hâle infernal de l'abîme,

  • Sérénade triste

    Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent,
    Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.

T

  • Thème sentimental

    Je t'ai vue un soir me sourire
    Dans la planète des Bergers :
    Tu descendais à pas légers
    Du seuil d'un château de porphyre.

  • Tristesse blanche

    Et nos coeurs sont profonds et vides comme un gouffre,
    Ma chère, allons-nous-en, tu souffres et je souffre.

  • Ténèbres

    La tristesse a jeté sur mon coeur ses longs voiles
    Et les croassements de ses corbeaux latents ;

V

  • Vieux piano

    L'âme ne frémit plus chez ce vieil instrument ;
    Son couvercle baissé lui donne un aspect sombre ;

  • Violon d'adieu

    Vous jouiez Mendelssohn ce soir-là ; les flammèches
    Valsaient dans l'âtre clair, cependant qu'au salon

  • Virgilienne

    Octobre étend son soir de blanc repos
    Comme une ombre de mère morte.
    Les chevriers, du son de leurs pipeaux,