Dame ! vois-tu les grands blés d'or
Sous les couchants de Messidor
Saillir longs et droits de la glèbe.
Dans vos yeux
J'ai lu l'aveu de votre âme
En caractères de flamme
Et je m'en suis allé joyeux
Bornant alors mon espace
Un soir d'hiver, quand de partout,
Les corbeaux s'enfuient en déroute,
Dans un fossé de la grand'route,
(Sonnet)
A ma dame.
Ton âme avait alors la blancheur des grands lys
Que berce la chanson des vents rasant la terre ;
Le soir étend sur les grands bois
Son manteau d'ombre et de mystère ;
Les vieux menhirs, dans la bruyère
(Légende du Moyen Age)
Le beau chevalier était à la guerre...
Le beau chevalier avait dit adieu
Le vieux meunier dort, au fond d'un cercueil
De chêne et de plomb, sous six pieds de terre,
Il était une fois un gars si laid, si laid
Et si bête ! qu'aucune fille ne voulait
Lui faire seulement l'aumône d'un sourire ;
(Chanson)
Dans ce temps-là, je n'avais rien,
Rien du tout dans mon escarcelle,
Et ma lyre était tout mon bien ;
A M. Bertrand, pour le remercier de l'accueil tout...
évangélique qu'il m'a fait dans ses bureaux du Patriote.
Ben oui, notre amour était mort
Sous les faux des moissons dernières,
(La javelle fut son suaire ...)
Comme s'effeuille une rose
L'amante dolente aux traits
Ravagés par la chlorose
Est morte au soir des regrets
Madame, c'est moi qui viens.
Moi, cela ne vous dit rien !
Je viens vous chanter quand même
Ce que mon coeur a rimé
Nous sommes les crève-de-faim
Les va-nu-pieds du grand chemin
Ceux qu'on nomme les sans-patrie
Et qui vont traînant leur boulet
Sous les étoiles de septembre
Notre cour a l'air d'une chambre
Et le pressoir d'un lit ancien ;
Grisé par l'odeur des vendanges
L'an dernier, je les vis encor
Le petit frère aimable et rose
Dans sa tunique à boutons d'or
Avec sa soeur que la chlorose
A mon ami Abel Renault.
Le soir, quand paraît la première étoile,
Les coeurs de tous ceux qui sont morts d'amour