Je suis l'Ancien, je suis le Mâle et la Femelle,
L'Océan d'où tout sort, où tout rentre et se mêle ;
Le sage aime la paix et la douceur des plantes,
Leurs regards féminins et leur sérénité,
La nuit splendide et bleue est un paon étoilé
Aux milliers d'yeux brillants comme des étincelles,
Ma pensée est sereine et rêve parfumée,
Comme la chambre heureuse où dort ma bien-aimée :
Ô nuit, ô belle nuit, pâle comme sa chair :
Je rêve au passé mort, je rêve au passé clair...
Le soleil est ma chair, le soleil est mon coeur,
Le coeur du ciel, mon coeur saignant qui vous fait vivre,
Les êtres pour le Sage ont l'aspect de fantômes ;
Vaine agitation de forces et d'atomes,
Au cygne frissonnant qui la vient embraser
Elle offre son beau corps robuste sans comprendre :
Le vent criait, le vent roulait ses hurlements,
L'Océan bondissait le long de la falaise,
Tu ne me connais pas, tu ne sais qui je suis,
Tu ne m'aperçois pas, le soir, quand je te suis,
Tout est mensonge : aime pourtant,
Aime, rêve et désire encore ;
Présente ton coeur palpitant
À ces blessures qu'il adore.