Enfant de M. Chs Langelier
Enfant, sous les langes de toile
Dont s'enveloppe ton sommeil,
Dis-nous, à ton premier réveil,
Quand tous les jours mon coeur vieilli se désenchante,
Pourrais-je ne pas faire un sympathique accueil
A l'occasion de leur mariage
Voici la saison des pervenches
Par les ravins et les closeaux,
L'ombre palpite sous les branches,
C'est Paris, saluons la grande capitale
Où tout ce qu'on rêva se trouve réuni ;
Où merveille partout sur merveille s'étale,
Bravant dans ses rigueurs notre zone neigeuse,
Tourterelle échappée à l'Orient vermeil,
Qui donc a dirigé ton aile voyageuse
Quand la nuit tombe, - au bord secret des étangs clairs,
Où le flot balancé dans son urne trop pleine
Le jour de son mariage
Le bonheur de la vie est un fatal problème
Que pour résoudre il faut, son tour venu, savoir,
Ami, sur le flot noir ou la vague opaline,
Naïfs fervents du Rêve ou jouets du Destin,
A Mlle N***
Je connais un petit ange
Lequel n'a jamais mouillé
Sa blanche robe à la fange
Dont notre monde est souillé.
C'est la fenaison ; personne ne chôme.
Dès qu'on voit du jour poindre les blancheurs,
En groupes épars, les rudes faucheurs
C'est le dernier soupir d'un monde agonisant.
Venez voir ces débris des antiques peuplades,
A Mme J.R. Thibaudeau
Madame, dans la longue et brillante série
Des bonheurs radieux que Dieu vous a donnés,
Le givre étincelant, sur les carreaux gelés,
Dessine des milliers d'arabesques informes ;
Aux pans du ciel l'hiver drape un nouveau décor ;
Au firmament l'azur de tons roses s'allume ;
La tempête a cessé. L'éther vif et limpide
A jeté sur le fleuve un tapis d'argent clair,
Depuis les feux de l'aube aux feux du crépuscule,
Le soleil verse à flots ses torrides rayons ;
Chênes au front pensif, grands pins mystérieux,
Vieux troncs penchés au bord des torrents furieux,
C'est l'automne. Le vent balance
Les ramilles, et par moments
Interrompt le profond silence
Qui plane sur les bois dormants.
Baigne mes pieds du cristal de tes ondes,
O ma fontaine ! et sur ton frais miroir,
Laisse tomber mes longues tresses blondes
A mon ami, M. le sénateur Forget
Voici le flot jaseur ; le castel est tout proche,
Robuste, et largement appuyé sur sa base,
Le colosse trapu s'avance au sein des flots ;
C'est un bloc écrasant dont la crête surplombe
Au-dessus des flots noirs, et dont le front puissant
Combien ai-je de fois, le front mélancolique,
Baisé pieusement ta touchante relique,
O frais miroir ! Sa nappe humide se découpe
Dans les sables un lit paisible au creux d'un val ;
A Mlle C.D.
Qui n'aime à visiter ta montagne rustique,
O lac qui, suspendu sur vingt sommets hardis,
Au détour du courant où le flot qui la ronge
Embrasse les contours de l'Ile d'Orléans,
Hozanna ! La forêt renaît de ses ruines ;
La mousse agrafe au roc sa mante de velours ;
Adieu les jours sereins, et les nuits étoilées !
La neige à flocons lourds s'amoncelle à foison
La pâle nuit d'automne
De ténèbres couronne
Le front gris du manoir ;
Morne et silencieuse,
L'ombre s'assied, rêveuse,
Pittoresque manoir, retraite hospitalière
Où Papineau vaincu coula ses derniers jours,
A M. et Mme C.P***
O mes chers vieux amis, à l'époque trop brève,
Et pour moi disparue, hélas ! depuis longtemps,
Jours de deuil ! Plus de nids sous le feuillage vert ;
Les chantres de l'été désertent nos bocages ;
Les feuilles des bois sont rouges et jaunes ;
La forêt commence à se dégarnir ;
L'on se dit déjà : l'hiver va venir,
L'atmosphère dort, claire et lumineuse ;
Un soleil ardent rougit les houblons ;
Aux champs, des monceaux de beaux épis blonds
A Mlles Letellier de Saint-Just
En amont de Québec, on fait la découverte
D'un pavillon tout blanc coquettement posé