written by Jean de La FontaineSous les lambris moussus de ce sombre palais,
Écho ne répond point, et semble être assoupie :
La molle Oisiveté, sur le seuil accroupie,
N'en bouge nuit et jour, et fait qu'aux environs
Jamais le chant des coqs, ni le bruit des clairons,
Ne viennent au travail inviter la Nature ;
Un ruisseau coule auprès, et forme un doux murmure.
Les simples dédiés au dieu de ce séjour
Sont les seules moissons qu'on cultive à l'entour.
De leurs fleurs en tout temps sa demeure est semée.
Il a presque toujours la paupière fermée.
Je le trouvai dormant sur un lit de pavots ;
Les Songes l'entouraient sans troubler son repos.
De fantômes divers une cour mensongère,
Vains et frêles enfants d'une vapeur légère,
Troupe qui sait charmer le plus profond ennui,
Prête aux ordres du dieu, volait autour de lui.
Là, cent figures d'air en leurs moules gardées,
Là, des biens et des maux les légères idées,
Prévenant nos destins, trompant notre désir,
Formaient des magasins de peine ou de plaisir.
Je regardais sortir et rentrer ces merveilles
Telles vont au butin les nombreuses abeilles,
Et tel, dans un État de fourmis composé,
Le peuple rentre et sort en cent parts divisé.
Confus, je m'écriai : " Toi que chacun réclame,
Sommeil, je ne viens pas t'implorer dans ma flamme ;
Conte à d'autres que moi ces mensonges charmants
Dont tu flattes les voeux des crédules amants ;
Les merveilles de Vaux me tiendront lieu d'Aminte :
Fait que par ces démons leur beauté me soit peinte.
Tu sais que j'ai toujours honoré tes autels ;
Je t'offre plus d'encens que pas un des mortels :
Doux Sommeil, rends-toi donc à ma juste prière. "
A ces mots, je lui vis entr'ouvrir la paupière ;
Et, refermant les yeux presque au même moment
" Contentez ce mortel ", dit-il languissamment.
Tout ce peuple obéit sans tarder davantage
Des merveilles de Vaux ils m'offrirent l'image ;
Comme marbres taillés leur troupe s'entassa ;
En colonne aussitôt celui-ci se plaça ;
Celui-là chapiteau vint s'offrir à ma vue ;
L'un se fit piédestal, l'autre se fit statue :
Artisans qui peu chers, mais qui prompts et subtils,
N'ont besoin pour bâtir de marbre ni d'outils,
Font croître en un moment des fleurs et des ombrages,
Et, sans l'aide du temps, composent leurs ouvrages.
written by Jean de La Fontaine, published on Thu 03.19.2009 at 07:09
Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,
Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.
written by Jean de La Fontaine, published on Sat 03.14.2009 at 11:06
Je chante les Héros dont Esope est le Père,
Troupe de qui l'Histoire, encor que mensongère,
written by Jean de La Fontaine, published on Sun 03.08.2009 at 20:57
Un Malheureux appelait tous les jours
La mort à son secours.
O mort, lui disait-il, que tu me sembles belle !
written by Jean de La Fontaine, published on Fri 03.06.2009 at 15:28
Autrefois le Rat de ville
Invita le Rat des champs,
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'Ortolans.
Sur un Tapis de Turquie
written by Jean de La Fontaine, published on Sat 02.21.2009 at 15:15
Quand j'aurais en naissant reçu de Calliope
Les dons qu'à ses Amants cette Muse a promis,
written by Jean de La Fontaine, published on Thu 02.19.2009 at 07:10
Que le bon soit toujours camarade du beau,
Dès demain je chercherai femme ;
Mais comme le divorce entre eux n'est pas nouveau,