Antigone
L'Homme, puni des dieux parce qu'il a trouvé,
Pareil en sa misère à l'époux de Jocaste,
Marche de siècle en siècle et, las du ciel néfaste,
Demande chaque soir s'il n'est pas arrivé.
Mais, guidant son bâton qui se heurte aux pavés,
Sa fille près de lui glisse, voilée et chaste,
Et, fidèle, accompagne, ainsi qu'un pur constraste,
L'antique désespoir dont les yeux sont crevés.
Par les villes de pierre et par les longs faubourgs
Ils vont ; tendant la main, le soir, aux carrefours,
La vierge aux cils blonds chante, et demande l'aumône ;
Et rien n'est plus sacré que le vieux roi sans yeux,
Qui vient à nous du fond des temps mystérieux,
Dont l'âme peut souffrir encore et s'en étonne,
Et que soutient toujours la divine Antigone.
D'autres poésies de Albert SAMAIN
A Marceline Desbordes Valmore
L'amour, dont l'autre nom sur terre est la douleur,
De ton sein fit jaillir une source écumante,
Et ta voix était triste et ton âme charmante,
Et de toi la pitié divine...
Antigone
L'Homme, puni des dieux parce qu'il a trouvé,
Pareil en sa misère à l'époux de Jocaste,
Marche de siècle en siècle et, las du ciel néfaste,
Demande chaque soir s'il...
Précédentes poésies
En passant par un bois et regrettant Marguerite
Rossignols qui faites merveilles
De jergonner par ces verts bois,
Ne remplissez plus mes oreilles
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Dizain
Un jour Vénus, désirant me fâcher
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De la main de Marguerite
Plume, vous travaillez en vain
En voulant comparer la main
De ma dame à mortelle chose,
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Pour ce que, quand Amour prétend
Au lecteur (épigramme)
Il n'est pas dit que toujours faille écrire
Propos d'amour et matière joyeuse ;
Communément l'homme changer désire
Et longue joie est souvent ennuyeuse.
Qui...
J'ai passé mon printemps...
J'ai passé mon printemps, mon été, mon automne ;
Voici le triste hiver qui vient finir mes voeux ;
Déjà de mille vents le cerveau me bouillonne ;
J'ai la face ridée...

