Madrid

Madrid, princesse des Espagnes,
Il court par tes mille campagnes
Bien des yeux bleus, bien des yeux noirs.
La blanche ville aux sérénades,
Il passe par tes promenades
Bien des petits pieds tous les soirs.

Madrid, quand tes taureaux bondissent,
Bien des mains blanches applaudissent,
Bien des écharpes sont en jeux.
Par tes belles nuits étoilées,
Bien des senoras long voilées
Descendent tes escaliers bleus.

Madrid, Madrid, moi, je me raille
De tes dames à fine taille
Qui chaussent l'escarpin étroit ;
Car j'en sais une par le monde
Que jamais ni brune ni blonde
N'ont valu le bout de son doigt !

J'en sais une, et certes la duègne
Qui la surveille et qui la peigne
N'ouvre sa fenêtre qu'à moi ;
Certes, qui veut qu'on le redresse,
N'a qu'à l'approcher à la messe,
Fût-ce l'archevêque ou le roi.

Car c'est ma princesse andalouse !
Mon amoureuse ! ma jalouse !
Ma belle veuve au long réseau !
C'est un vrai démon ! c'est un ange !
Elle est jaune, comme une orange,
Elle est vive comme un oiseau !

Oh ! quand sur ma bouche idolâtre
Elle se pâme, la folâtre,
Il faut voir, dans nos grands combats,
Ce corps si souple et si fragile,
Ainsi qu'une couleuvre agile,
Fuir et glisser entre mes bras !

Or si d'aventure on s'enquête
Qui m'a valu telle conquête,
C'est l'allure de mon cheval,
Un compliment sur sa mantille,
Puis des bonbons à la vanille
Par un beau soir de carnaval.

Vous avez aimé cette poésie ? faites la connaître !

Partager

Lien permanent Madrid

Traduction(s) Madrid (english page)

Mots-clefs : soie  berger    coeur  madrid  blanche  loin  presque  couche  clair  ainsi  lit 

D'autres poésies de Alfred de MUSSET

A Aimée d'Alton

Déesse aux yeux d'azur, aux épaules d'albâtre,
Belle muse païenne au sourire adoré,
Viens, laisse-moi presser de ma lèvre idolâtre
Ton front qui resplendit sous un...

lire la suite de la poésie : A Aimée d'Alton
mots clefs : hideux  chaste  fange  mers  autour  aimee  pass  dalton  pieds  sourire 

A George Sand (I)

Te voilà revenu, dans mes nuits étoilées,
Bel ange aux yeux d'azur, aux paupières voilées,
Amour, mon bien suprême, et que j'avais perdu !
J'ai cru, pendant trois...

lire la suite de la poésie : A George Sand (I)
mots clefs :

A George Sand (II)

Telle de l'Angelus, la cloche matinale
Fait dans les carrefours hurler les chiens errants,
Tel ton luth chaste et pur, trempé dans l'eau lustrale,
Ô George, a fait...

lire la suite de la poésie : A George Sand (II)
mots clefs : illustre  artiste    coeur  romanesque  astre  toujours  ii  peint  soir 

A George Sand (III)

Puisque votre moulin tourne avec tous les vents,
Allez, braves humains, où le vent vous entraîne ;
Jouez, en bons bouffons, la comédie humaine ;
Je vous ai trop...

lire la suite de la poésie : A George Sand (III)
mots clefs :

A George Sand (IV)

Il faudra bien t'y faire à cette solitude,
Pauvre coeur insensé, tout prêt à se rouvrir,
Qui sait si mal aimer et sait si bien souffrir.
Il faudra bien t'y faire ;...

lire la suite de la poésie : A George Sand (IV)
mots clefs : lieux  vie  chercher  iv  autre  loin  patrie  amour  george  pauvre 

A George Sand (V)

Toi qui me l'as appris, tu ne t'en souviens plus
De tout ce que mon coeur renfermait de tendresse,
Quand, dans nuit profonde, ô ma belle maîtresse,
Je venais en...

lire la suite de la poésie : A George Sand (V)
mots clefs :

A George Sand (VI)

Porte ta vie ailleurs, ô toi qui fus ma vie ;
Verse ailleurs ce trésor que j'avais pour tout bien.
Va chercher d'autres lieux, toi qui fus ma patrie,
Va fleurir, ô...

lire la suite de la poésie : A George Sand (VI)
mots clefs : monte  cancer  peur  vi  vin  haleine  imprimeur  ans  cigare  passe 

A Juana

O ciel ! je vous revois, madame,
De tous les amours de mon âme
Vous le plus tendre et le premier.
Vous souvient-il de notre histoire ?
Moi, j'en ai gardé la...

lire la suite de la poésie : A Juana
mots clefs :

A Julie

On me demande, par les rues,
Pourquoi je vais bayant aux grues,
Fumant mon cigare au soleil,
A quoi se passe ma jeunesse,
Et depuis trois ans de paresse
Ce...

lire la suite de la poésie : A Julie
mots clefs : coup  seigneur  somptueux  voix  julie  maint  pierre  sautant  hors  rouge 

A la Malibran

Stances

I

Sans doute il est trop tard pour parler encor d'elle ;
Depuis qu'elle n'est plus quinze jours sont passés,
Et dans ce pays-ci quinze jours,...

lire la suite de la poésie : A la Malibran
mots clefs :

Précédentes poésies

Méditation sur le Memento homo

Souviens-toi que tu n'es que cendre
Et qu'il te faut bien descendre
Dans le fond d'un sépulcre noir,
Où la terre te doit reprendre
Et la cendre te recevoir.

lire la suite de la poésie : Méditation sur le Memento homo
mots clefs :

Le soleil en tous lieux découvre sa lumière

Le soleil en tous lieux découvre sa lumière ;
L'arc-en-ciel bigarré, l'émail de ses couleurs ;
L'aurore aux belles mains, le cristal de ses pleurs ;
La lune, de son...

lire la suite de la poésie : Le soleil en tous lieux découvre sa lumière
mots clefs : esprit  lieux  blafard  corps  ciel  pudique  chevreau  corne  soeur  motin 

Ce masque, qui celait tantôt votre beauté

À Mademoiselle Madeleine Mareschal

Ce masque, qui celait tantôt votre beauté,
Semble à l'obscurité de la nuit effroyable :
Elle cache au soleil sa clarté...

lire la suite de la poésie : Ce masque, qui celait tantôt votre beauté
mots clefs :

Beaux yeux, sorciers et doux, mes uniques flambeaux

Beaux yeux, sorciers et doux, mes uniques flambeaux,
Flambeaux, ah ! qu'ai-je dit ? c'est trop peu, mais vous êtes
Deux astres qui d'amour sereinez les tempêtes,

lire la suite de la poésie : Beaux yeux, sorciers et doux, mes uniques flambeaux
mots clefs : lieux  quelquefois  cristal  doux  secourir  mains  motin  pierre  endroits  partout 

Parahi Té Maraë

... Alors Otahiti riait dans la lumière,
Qu'illustraient de son sang les sacrificateurs,
Quand, de toute l'ardeur du ciel, sur les hauteurs
Sublimes, Taora, que sa...

lire la suite de la poésie : Parahi Té Maraë
mots clefs :