Évocation
Le noir espace, beau pour une occulte fête,
A, pour moi, recueilli la vie et la répète
En des formes qu'agite un frisson d'océan.
Dans cette irruption d'images se créant,
Peu à peu se dessine une énorme cohue
Qui se démène, lutte et vers l'argent se rue,
Pour garder plus longtemps, sous le ciel angoissé,
Le don prodigieux de vivre et de penser.
Puis cette multitude, aux gestes frénétiques
Si divers et pourtant par leur but identiques,
S'ordonne et représente une autre humanité
Grande d'incertitude et de complexité :
L'humanité qui veut - gourmande insatiable -
Joindre aux plaisirs des sens ceux de l'âme, à sa table,
Et, ne pouvant jamais sonder toute sa nuit,
S'effare du cloaque affreux où la conduit
L'attachement à la matière cajoleuse ;
L'humanité ravie à la fois et peureuse
D'ouvrir à tous les vents prometteurs son cerveau,
Et qui, tenace en son espoir aveuglément, sans trève,
Entre les deux néants de la Terre et du Rêve.
D'autres poésies de Alphonse BEAUREGARD
Blancheur
C'est la neige tourbillonnante
Qui voltige dans l'air, mousseline vivante,
La neige qui s'arma, dans l'extase du froid,
D'une beauté trop loin de la vie et traîtresse....
Concordances
Le même triste accent vient toujours des rapides,
Toujours les mêmes flots font le même circuit
En recueillant le rêve et l'espoir dans leurs rides.
Je l'ai...
Déclaration
Femme, sitôt que ton regard
Eut transpercé mon existence,
J'ai renié vingt espérances,
J'ai brisé, d'un geste hagard,
Mes dieux, mes amitiés anciennes,
Des montagnes très loin...
Des montagnes très loin paraissent toutes proches.
La grève se déroule à l'ombre des sapins,
Et la haute marée ensevelit les roches.
Les astres allumés par...
Désir simple
Jeunes filles qui brodez
En suivant des songeries,
Seules sur vos galeries,
Ou qui dehors regardez,
Comme des oiseaux en cage,
Si j'en avais le courage...
Évocation
Le noir espace, beau pour une occulte fête,
A, pour moi, recueilli la vie et la répète
En des formes qu'agite un frisson d'océan.
Dans cette irruption d'images se...
Précédentes poésies
Romance de Chérubin
AIR : Malbrough s'en va-t-en guerre
PREMIER COUPLET
Mon coursier hors d'haleine,
(Que mon coeur, mon coeur a de peine !)
J'errais de plaine en plaine,...
De l'ombre de la treille
Il n'est que l'ombre de la treille
Pour se rafraîchir plaisamment
Et n'y a ombre sa pareille
Ni qui tienne plus fraîchement,
Et si est saine grandement.
De arrogance et gravité
La personne a grand arrogance,
Ou est de sotise pourveue,
Qui ne donne à qui la salue
Ung seul Dieu gard en recompense.
De luy faire la reverence
D'un gourmand, ivrogne et paresseux
Pour dormir et boire et manger,
Prendre,ébat et me soulager, je ne crains homme de ma taille
A qui ne présente bataille,
Fût-il aussi vaillant qu'
Ogier.
Chanson sur le temps présent
Le temps n'est plus tel comme il soulait être
Loyale amour ne règne qu'en écus,
Foi est malade, on sert le dieu
Bacchus Et les brebis font plusieurs moutons...

