La beauté
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
D'autres poésies de Charles BAUDELAIRE
A celle qui est trop gaie
Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.
Le passant chagrin que tu...
A une dame créole
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A une Madone
Ex-voto dans le goût espagnol
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Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
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Alchimie de la douleur
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Hermès inconnu qui...
Allégorie
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Au lecteur
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Avec ses vêtements ondoyants et nacrés
Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
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Précédentes poésies
La beauté
A Armance.
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L'échanson
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Je vivais sans coeur...
A***.
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Débouclez-les, vos longs cheveux
Débouclez-les, vos longs cheveux de soie,
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Qui, réunis, empêchent qu'on ne voie
Vos longs cils bruns qui font vos yeux si...
A Valognes
Ex imo.
C'était dans la ville adorée,
Sarcophage pour moi des premiers souvenirs,
Où tout enfant j'avais, en mon âme enivrée,
Rêvé ces bonheurs fous qui...

