J'allois seul remaschant mes angoisses passes
J'allois seul remaschant mes angoisses passes :
Voici (Dieux destournez ce triste mal-encontre !)
Sur chemin d'un grand loup l'effroyable rencontre,
Qui, vainqueur des brebis de leur chien delaissees,
Tirassoit d'un mouton les cuisses despecees,
Le grand deuil du berger. Il rechigne et me monstre
Les dents rouges de sang, et puis me passe contre,
Menassant mon amour, je croy, et mes pensees.
De m'effrayer depuis ce presage ne cesse :
Mais j'en consulteray sans plus à ma maistresse.
Onc par moy n'en sera pressé le Delphien.
Il le sçait, je le croy, et m'en peut faire sage :
Elle le sçait aussi, et sçait bien d'avantage,
Et dire, et faire encor et mon mal et mon bien.
D'autres poésies de Etienne de LA BOETIE
Amour, lors que premier ma franchise fut morte
Amour, lors que premier ma franchise fut morte,
Combien j'avois perdu encor je ne sçavoy,
Et ne m'advisoy pas, mal sage, que j'avoy
Espousé pour jamais une prison si...
Au milieu des chaleurs de Juillet l'alteré
Au milieu des chaleurs de Juillet l'alteré,
Du nom de Marguerite une feste est chomee,
Une feste à bon droit de moy tant estimee :
Car de ce jour tout l'an ce me...
C'est Amour, c'est Amour, c'est luy seul, je le sens
C'est Amour, c'est Amour, c'est luy seul, je le sens :
Mais le plus vif amour, la poison la plus forte
A qui onq pauvre coeur ait ouverte la porte.
Ce cruel n'a pas...
C'est faict, mon coeur, quitons la liberté
C'est faict, mon coeur, quitons la liberté.
Dequoy meshuy serviroit la deffence,
Que d'agrandir et la peine et l'offence ?
Plus ne suis fort, ainsi que j'ay esté.
C'estoit alors, quand, les chaleurs passees
C'estoit alors, quand, les chaleurs passees,
Le sale Automne aux cuves va foulant
Le raisin gras dessoubz le pied coulant,
Que mes douleurs furent encommencees.
Ce dict maint un de moy : De quoy se plaint il tant
Ce dict maint un de moy : " De quoy se plaint il tant,
Perdant ses ans meilleurs, en chose si legiere ?
Qu'a il tant à crier, si encore il espere ?
Et, s'il n'espere...
Ce jourd'huy du Soleil la chaleur alteree
Ce jourd'huy du Soleil la chaleur alteree
A jauny le long poil de la belle Ceres :
Ores il se retire ; et nous gaignons le frais,
Ma Marguerite et moy, de la douce...
Ce n'est pas moy que l'on abuse ainsi
Ce n'est pas moy que l'on abuse ainsi :
Qu'à quelque enfant, ces ruzes on emploie,
Qui n'a nul goust, qui n'entend rien qu'il oye :
Je sçay aymer, je sçay hayr...
Ce sont tes yeux tranchans qui me font le courage
Ce sont tes yeux tranchans qui me font le courage.
Je veoy saulter dedans la gaïe liberté,
Et mon petit archer, qui mene à son costé
La belle gaillardise et plaisir...
Elle est malaade, helas ! que faut-il que je face
Elle est malaade, helas ! que faut-il que je face ?
Quel confort, quel remede ? Ô cieux, et vous m'oyez
Et tandis devant vous, ce dur mal vous voyez
Oultrager sans...
Précédentes poésies
L'Homme, le fort Lion ; le Boeuf, et l'Aigle en pointe
L'Homme, le fort Lion ; le Boeuf, et l'Aigle en pointe,
Mathieu, Marc, Luc, et Jean ores vont accordant
L'Orient, le Midi, le North et l'Occident,
Et Nature, et la...
Aux naturalistes et mecreans
Comme le beau Soleil de sourgeon perennel
Dardant son ray subtil penetre une verriere
Sans le verre casser, et sans que sa lumiere
Il retranche d'avec son pur rayon...
Au seigneur Christophle Plantin
pour estrenes le premier jour de l'an 1570
Ainsi que le Soleil qui les ans nous compasse
Au compas de son char l'autre ayant compassé,
Vient compasser...
Au mesme (M. Charles Toustain)
Au Temple que bastit le Roy paisible et sage
Dedans Jerusalem, une viz on montoit,
Et quinze grans dégrez en la viz on contoit
Avant que parvenir jusqu'au troisième...
A M. Charles Toustain
Dieu qui est Un en Trois, par pois, nombre, et mesure
Crea, feist, et forma de sa Parole et Vois
Ce grand Tout, mon Toustain, ce grand Tout que tu vois
Parfait et...

