Ballade d'aucunes mauvaises coutumes qui règnent maintenant
Le temps est changé grandement
Si chacun bien y considère
Et nul ne sait plus bonnement
Comme il se pourra contrefaire ;
On ne vit oncq telle misère ;
(Dieu nous veuille de pis garder !)
Car nul n'est qui craigne à méfaire
Contre Dieu ni ses père et mère
Chacun veut chacun gourmander.
On n'estime plus maintenant
Un homme, eût-il le sens d'Homère
S'il n'est riche et grands biens tenant
Quoi qu'il soit trompeur et faussaire.
Et ce sont ceux-là qu'on révère
Sans qu'on les ose brocarder,
Mais quelque pauvre de bon aire !
Soit noble, clerc ou mercenaire,
Chacun veut chacun gourmander.
Maints châtient tant doucement
Leurs enfants qu'enfin leur font faire
Maints jeûnes sans commandement
Et les chassent de leur repaire,
Et peut-on voir à vue claire
Tel enfant qui devrait téter,
Qui est jureur, menteur, trichaire ,
Ivrogne, orgueilleux, fier, austère ;
Chacun veut chacun gourmander.
Prince, notre cas ne vaut guère
Si nous voulons bien regarder,
Et c'est pitié de notre affaire
Voyant que, par grand impropère,
Chacun veut chacun gourmander.
D'autres poésies de Eustorg de BEAULIEU
A la louange de la forest
En la Forest a mainte chose.
En la Forest on se repose.
En la Forest faict beau chasser,
Beau Chanter, beau le temps passer,
Beau composer en Ryme et prose.
Ballade d'aucunes mauvaises coutumes qui règnent maintenant
Le temps est changé grandement
Si chacun bien y considère
Et nul ne sait plus bonnement
Comme il se pourra contrefaire ;
On ne vit oncq telle misère ;
Précédentes poésies
Vous qui sans corps, Démons, errez en France
Vous qui sans corps, Démons, errez en France,
Laissez ici reposer doucement
Vos membres froids, et chez vous maintenant
Courez pour voir le deuil de votre...
Vous qui n'ensorcelez les troupes vagabondes
Vous qui n'ensorcelez les troupes vagabondes,
Mais toujours tourmentés, endurez tant de maux,
Voyez tant seulement baigner les animaux,
Et détournez vos yeux de ces...
Une belle lingère, au son de mes soupirs
Une belle lingère, au son de mes soupirs
Cruelle, allait taillant de linoupe une fraise.
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Tu as beau me baiser, inconstante meurtrière
Tu as beau me baiser, inconstante meurtrière,
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Source de mes pleurs, arrêtez
Source de mes pleurs, arrêtez
En ce lieu votre vite course,
Pour ouïr chanter les beautés
D'une qui est devenue Ourse,
Que les Dieux punissant ainsi
Ont...

