Sur l'affection de la vie
Mon Dieu, que la lumière est belle,
Mais on n'en voit qu'une étincelle ;
On n'est pas sorti du berceau
Que l'on court à la sépulture :
Que les froides nuits du tombeau
Font d'outrages à la nature !
De toutes ces beautés célestes,
Voyez les misérables restes,
Dans ce lit commun des humains
Où Dieu veut que toujours on dorme,
Ces beaux yeux et ces belles mains
N'ont plus ni mouvement ni forme.
Hommes illustres en vos âges,
Habitants de ces noirs rivages,
Pâles ombres de l'Achéron,
Corps de fumée, images sombres,
Lorsque vous êtes chez Charon,
À grand-peine êtes-vous des ombres.
Quelle injustice, quelle injure,
Quelle indignité de nature !
L'être du plus homme de bien
N'est qu'un peu de cire allumée,
Dont le trépas ne laisse rien
Qu'un peu de cendre et de fumée.
De tous les maux de cette vie,
La pauvreté, la maladie,
Rien ne me peut faire frémir
Que l'horreur de la sépulture,
Mais quand il me faudra périr,
Périsse avec moi la nature.
J'aime cet empereur de Rome,
Qui, se tuant en galant homme,
Eût voulu du même couteau
Dont il se fit plaie profonde,
Faisant de sa main son tombeau,
Le faire aussi de tout le monde.
D'autres poésies de Jacques Vallée DES BARREAUX
La Raison fait le malheur de l'homme
Ce n'est qu'un vent furtif que le bien de nos jours,
Qu'une fumée en l'air, un songe peu durable ;
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Si nous considérons...
La vie est un songe
Tout n'est plein ici bas que de vaine apparence,
Ce qu'on donne à sagesse est conduit par le sort,
L'on monte et l'on descend avec pareil effort,
Sans jamais...
Sur l'affection de la vie
Mon Dieu, que la lumière est belle,
Mais on n'en voit qu'une étincelle ;
On n'est pas sorti du berceau
Que l'on court à la sépulture :
Que les froides nuits du...
Précédentes poésies
Entiere conoissance de la beauté, effet d'Amour
Chacun peut bien de cette autre Diane
La beauté voir jointe à la chasteté
Mais je suis seul qui voy la Sainteté
Du clair esprit par le corps diaphane :
Du pouvoir merveilleux et estrange desir de son amour
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A...
Du nom de sa Sainte, imitation de Pétrarque
Quand à mes vers je veux matiere élire
Ma fantaisie au fin commencement
Du nom, lequel je ly devotement
DE ce saint nom me commende d'ecrire :
Mais quand...
Du merveilleux effet de son amour
De moy elle a, et d'elle j'ay la vie,
La vie moy ? mais, las, j'ay la mort d'elle,
Qui toutesfois auray vengeance telle
Que par sa mort ma mort sera suyvie :
De ses vers, à sa Sainte
J'ay fait bataille à ton nom, de mes vers,
Vers qu'Amour mesme a pour nous fait si fors
Qu'ilz ne craindront de la mort les effors
Quand nous serons desja fais proye...

