Assies toy sur le bort d'une ondante riviere
Assies toy sur le bort d'une ondante riviere
Tu la verras fluer d'un perpetuel cours,
Et flots sur flots roulant en mille et mille tours
Descharger par les prèz son humide carriere.
Mais tu ne verras rien de ceste onde premiere
Qui n'aguiere couloit, l'eau change tous les jours,
Tous les jours elle passe, et la nommons tousjours
Mesme fleuve, et mesme eau, d'une mesme maniere.
Ainsi l'homme varie, et ne sera demain
Telle comme aujourd'huy du pauvre cors humain
La force que le temps abbrevie, et consomme :
Le nom sans varier nous suit jusqu'au trespas,
Et combien qu'au jourd'huy celuy ne sois-je pas
Qui vivois hier passé, tousjours mesme on me nomme.
D'autres poésies de Jean-Baptiste CHASSIGNET
À beaucoup de danger est sujette la fleur
À beaucoup de danger est sujette la fleur,
Ou l'on la foule aux pieds ou les vents la ternissent,
Les rayons du soleil la brûlent et rôtissent,
La bête la dévore, et...
Assies toy sur le bort d'une ondante riviere
Assies toy sur le bort d'une ondante riviere
Tu la verras fluer d'un perpetuel cours,
Et flots sur flots roulant en mille et mille tours
Descharger par les prèz son...
Précédentes poésies
Triste plaisir et douloureuse joye
Triste plaisir et douloureuse joye,
Aspre doulceur, desconfort ennuieux,
Ris en plorant, souvenir oublieux
M'acompaignent, combien que seul je soye.
Riche d'espoir et povre d'autre bien
Riche d'espoir et povre d'autre bien,
Comblé de dueil et vuidé de liesse,
Je vous supply, ma loyalle maistresse,
Ne me tollez ce que je tiens pour mien.
Près de ma dame et loing de mon vouloir
Près de ma dame et loing de mon vouloir,
Plain de desir et crainte tout ensemble,
Le cueur me fault et le parler me tremble,
Quant dire doy ce que me fault...
Ou mon desir m'assouvira
Ou mon desir m'assouvira,
Ou ma tristesse m'occira
Pour vous, belle, prouchainement,
Se mon cueur quiert l'alegement
Du mal que pour vous servir a.
Ballade de l'amie perdue
Je ne fu nez fors pour tout mal avoir
Et soustenir les assaulz de Fortune.
Qu'est ce de bien ? Je ne le puis savoir,
N'oncques n'en eus ne n'ay joie nesune.
Je...

