Où pourra-t-on trouver en ce val de misère
Où pourra-t-on trouver en ce val de misère
Un lieu tant arrêté dont tu ne chèses bas,
Considérant d'Héli l'inopiné trépas,
Mourant en sa maison assis sur une chaire ?
C'est faute de raison quand, timide, on révère
Le monde déguisé dont les gluants appas
Quelque fâcheux tourment ont toujours à leurs pas
Qui sont commencement de honte et vitupère.
Voguant dessus la mer serait mal à propos
D'y vouloir rechercher un assuré repos,
La mer de cette vie est toujours en tourmente ;
Et puis, comme aurais-tu un état arrêté
Si le joyeux sommeil, de fantôme excité,
De songes et d'horreurs nos esprits épouvante ?
D'autres poésies de Jean-Baptiste CHASSIGNET
À beaucoup de danger est sujette la fleur
À beaucoup de danger est sujette la fleur,
Ou l'on la foule aux pieds ou les vents la ternissent,
Les rayons du soleil la brûlent et rôtissent,
La bête la dévore, et...
Assies toy sur le bort d'une ondante riviere
Assies toy sur le bort d'une ondante riviere
Tu la verras fluer d'un perpetuel cours,
Et flots sur flots roulant en mille et mille tours
Descharger par les prèz son...
Cet océan battu de tempête et d'orage
Cet océan battu de tempête et d'orage
Me venant à dédain et le dévoiement
De mon faible estomac prompt au vomissement
Me faisait déjà perdre et couleur et...
Comme petits enfants d'une larve outrageuse
Comme petits enfants d'une larve outrageuse,
D'un fantôme, ou d'un masque, ainsi nous avons peur,
Et redoutons ta mort, la concevant au coeur
Telle comme on la fait,...
Conte les ans, les mois, les heures et les jours
Conte les ans, les mois, les heures et les jours
Et les points de ta vie, et me dis, malhabile,
Où ils s'en sont allés : comme l'ombre fragile
Ils se sont écoulés...
J'ay voulu voyager, à la fin le voyage
J'ay voulu voyager, à la fin le voyage
M'a fait en ma maison mal content retirer.
En mon estude seul j'ay voulu demeurer,
En fin la solitude a causé mon dommage.
L'enfance incontinent meurt devant la jeunesse
L'enfance incontinent meurt devant la jeunesse,
L'adolescence fait la jeunesse mourir,
La virilité fait au monument* courir
L'âge d'adolescence où l'amour nous...
L'enfance n'est sinon qu'une stérile fleur
L'enfance n'est sinon qu'une stérile fleur,
La jeunesse qu'ardeur d'une fumière* vaine,
Virilité qu'ennui, que labeur, et que peine,
Vieillesse que chagrin,...
Le malade affligé de la palle jaunisse
Le malade affligé de la palle jaunisse
Treuve le miel amer, le fievreux tremblotant
Au fort de son exces va le flot souhaitant.
Preferant l'appetit à la santé...
Le temps ne bouge point et jamais ne repose
Le temps ne bouge point et jamais ne repose,
La vie instable fuit et ne chemine pas,
Fortune escrime et bat sans remuer les bras,
Le monde nous dépêche et n'en...
Précédentes poésies
Triste plaisir et douloureuse joye
Triste plaisir et douloureuse joye,
Aspre doulceur, desconfort ennuieux,
Ris en plorant, souvenir oublieux
M'acompaignent, combien que seul je soye.
Riche d'espoir et povre d'autre bien
Riche d'espoir et povre d'autre bien,
Comblé de dueil et vuidé de liesse,
Je vous supply, ma loyalle maistresse,
Ne me tollez ce que je tiens pour mien.
Près de ma dame et loing de mon vouloir
Près de ma dame et loing de mon vouloir,
Plain de desir et crainte tout ensemble,
Le cueur me fault et le parler me tremble,
Quant dire doy ce que me fault...
Ou mon desir m'assouvira
Ou mon desir m'assouvira,
Ou ma tristesse m'occira
Pour vous, belle, prouchainement,
Se mon cueur quiert l'alegement
Du mal que pour vous servir a.
Ballade de l'amie perdue
Je ne fu nez fors pour tout mal avoir
Et soustenir les assaulz de Fortune.
Qu'est ce de bien ? Je ne le puis savoir,
N'oncques n'en eus ne n'ay joie nesune.
Je...

