Voicy l'homme, ô mes yeux ...
Voicy l'homme, ô mes yeux, quel object déplorable !
La honte, le veiller, la faute d'aliment,
Les douleurs, et le sang perdu si largement
L'ont bien tant déformé qu'il n'est plus désirable.
Ces cheveux (l'ornement de son chef vénérable)
Sanglantez, herissez, par ce couronnement,
Embrouillez dans ces joncs, servent indignement
A son test ulcéré d'une haye execrable.
Ces yeux (tantost si beaux) rebatus, r'enfoncez,
Ressalis, sont hélas ! deux soleils eclipsez,
Le coral de sa bouche est ores jaune-pasle.
Les roses, et les lys de son teint sont flétris ;
Le reste de son corps est de couleur d'opale,
Tant de la teste aux pieds ses membres sont meurtris.
(Sonnet LXX)
D'autres poésies de Jean de LA CEPPÈDE
Antithèses de la Croix à l'arbre deffendu
Satan par le bois vert nostre aïeule ravit,
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Le bois vert à l'Enfer nostre aïeule asservit.
Le bois sec a d'Enfer la puissance...
Apres qu'il eut aux siens redit cette leçon...
Apres qu'il eut aux siens redit cette leçon,
Il s'en esloigne un peu, met les genoux à terre,
Tombe sur son visage, et prosterné desserre
Quelques traits que la...
Aux monarques vainqueurs la rouge cotte d'armes
Aux monarques vainqueurs la rouge cotte d'armes
Appartient justement. Ce roi victorieux
Est justement vêtu par ces moqueurs gens d'armes
D'un manteau, qui le marque...
Bel Arbre triomphant...
Bel Arbre triomphant, victorieux trophée,
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Au seul ozer je sens ma Muse s'étonner,
Et ma voix au gosier de frayeur...
Blanc est le vestement du grand Pere sans age
Blanc est le vestement du grand Pere sans age,
Blancs sont les courtisans de sa blanche maison,
Blanc est de son esprit l'étincelant pennage.
Blanche est de son...
Cependant le soleil fournissant sa journée
Cependant le soleil fournissant sa journée
Voit son maître à la croix de tourments foisonné,
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Cette rouge sueur goutte à goutte ...
Cette rouge sueur goutte à goutte roulante
Du corps de cet athlète en ce rude combat
Peut être comparée à cette eau douce et lente
Qui la sainte montagne en silence...
Comme ces assassins faignent d'avoir grand soin...
Comme ces assassins faignent d'avoir grand soin
De traitter cette cause en termes de justice,
Voicy de toutes parts maint et maint faux tesmoin
Qui tasche d'attacher...
Dez que cette oraison fut par luy prononcée
Dez que cette oraison fut par luy prononcée,
Il laisse un peu sa teste à main droite pancher :
Non tant pour les douleurs dont elle est offensée
Que pour semondre...
Heureuse fut, Seigneur, cettre troupe choisie
Heureuse fut, Seigneur, cettre troupe choisie
Qui vous vid à ce coup remonter dans les Cieux,
Mais d'un bien plus grand heur est toute ame saisie
Qui des yeux de la...
Précédentes poésies
Vous le dites m'amour ? Soyez religieuse
Vous le dites m'amour ? Soyez religieuse,
Portant le voile noir, franche d'ambitions,
Que jeûner soit vos jeux, vos ris confessions,
Et vos plus beaux habits une...
Tout le long de la nuit et lorsqu'à notre jour
Tout le long de la nuit et lorsqu'à notre jour
Se découvrent les prés et les hautes montagnes,
Seul et déconforté, je vais par les campagnes
Comme un léger démon...
Qui me peut réjouir puisque tu gis malade
Qui me peut réjouir puisque tu gis malade ?
Mon départ n'aurait pas engendré ta langueur ?
Ah ! nenni ! Mais tu feins, pour decevoir mon coeur,
Ressentir les assauts...
Pourquoi faut-il que ta face divine
Pourquoi faut-il que ta face divine
Soit en tous temps sous ce triste velous,
Et que tes yeux de mon plaisir jaloux
Soient découverts pour blesser ma poitrine ?
Pourquoi de tes dédains sens-je la cruauté
Pourquoi de tes dédains sens-je la cruauté,
Dis-moi, fière beauté ?
Cet acte casuel trouble-t-il ta pensée ?
Oui, car mes traîtres yeux ont attisé ce feu,
A cause...

