À Vénus
Dis-moi, Vénus, pourquoi as-tu permis
Que celle-là que tant j'aime et pourchasse,
Que celle-là où j'ai tout mon coeur mis,
Cruellement me tienne telle audace ?
Fais, Vénus, fais que son beau teint s'efface,
Puisqu'alléger ne veut ma maladie,
Courrouce-toi, rends-la-moi enlaidie,
Tant qu'à aucun ne plaise à l'avenir.
Hélas ! Vénus n'en fais rien, je te prie :
Elle pourra plus douce revenir.
D'autres poésies de Jean de LA PERUSE
À Vénus
Dis-moi, Vénus, pourquoi as-tu permis
Que celle-là que tant j'aime et pourchasse,
Que celle-là où j'ai tout mon coeur mis,
Cruellement me tienne telle audace ?
Précédentes poésies
A Vénus
Ayant après long désir
Pris de ma douce ennemie
Quelques arrhes du plaisir,
Que sa rigueur me dénie,
Je t'offre ces beaux oeillets,
Vénus, je t'offre ces...
A son livre
Mon livre (et je ne suis sur ton aise envieux),
Tu t'en iras sans moi voir la Cour de mon Prince.
Hé, chétif que je suis, combien en gré je prinsse
Qu'un heur pareil au...
A monsieur d'Avanson
Si je n'ai plus la faveur de la Muse,
Et si mes vers se trouvent imparfaits,
Le lieu, le temps, l'âge où je les ai faits,
Et mes ennuis leur serviront d'excuse.
A Madame Marguerite, d'écrire en sa langue
Quiconque soit qui s'étudie
En leur langue imiter les vieux,
D'une entreprise trop hardie
II tente la voie des cieux,
Croyant en des ailes de cire,
Dont...
A l'ambitieux et avare ennemi des bonnes lettres
Sonnet
Serf de Faveur, esclave d'Avarice,
Tu n'eus jamais sur toi-même pouvoir,
Et je me veux d'un tel maître pourvoir
Que l'Esprit libre en plaisir se...

