Une belle Vestale habite au beau rivage
Une belle Vestale habite au beau rivage
D'Orne, où c'est qu'elle vit comme en un hermitage.
Quelquefois en son parc elle se sied au bois,
Gaillarde sur les eaux elle sort quelquefois,
Et quelquefois cueillant des fleurs toute pensive,
EIle en orne son sein, assise sur la rive.
Maintenant elle semble une Nymphe des eaux,
Maintenant des forests : et parmi les troupeaux
Bergere on la diroit, n'estoit que trop hautaine
Elle oit de nos flageols les chansons à grand'peine.
Jamais aviendra-t-il qu'elle change son coeur ?
Et que je puisse un jour, comme Arion vainqueur
Attira le daufin au doux son de sa lyre,
Qu'au son de ma musette à la fin je l'attire ?
Et qu'autre Orfé je face encor' marcher apres
(Pour cacher nos amours) les ombreuses forests.
D'autres poésies de Jean VAUQUELIN DE LA FRESNAYE
Amour, tais-toi, mais prends ton arc
Amour, tais-toi, mais prends ton arc ;
Car ma biche belle et sauvage,
Soir et matin, sortant du parc,
Passe toujours par ce passage.
Voici sa piste, ô la...
Déjà, venant hérissonné
Déjà, venant hérissonné
L'hiver, de froid environné,
S'en va la plaisante verdure
De l'été, qui si peu nous dure ;
Déjà les arbres tout honteux
Il...
Frêne hautain, forestier et champêtre...
Frêne hautain, forestier et champêtre
L'arbre premier de tant d'arbres divers,
L'arbre immortel au renom de mes vers,
L'arbre aux serpents toujours odieux maître ;
Ici seul je me plains, Ô Fresnaie-au-Sauvage...
Ici seul je me plains, Ô Fresnaie-au-Sauvage,
A toi de mes ennuis ; et ce bois m'est témoin,
Ces champs et ces beaux prés, du lamentable soin
Qui souvent m'accompagne...
Mon Du Pont Bellenger, ô que vous fûtes sage
Mon Du Pont Bellenger, ô que vous fûtes sage
D'avoir votre pays quitté pour quelque temps !
Depuis votre départ cent mille mal contents
Ont la France rempli d'une...
Ô Vent plaisant, qui d'haleine odorante...
Ô Vent plaisant, qui d'haleine odorante
Embaumez l'air du baume de ces fleurs !
Ô Pré joyeux, où versèrent leurs pleurs
Le bon Damoete et la belle Amaranthe !
Philis, quand je regarde au teins promt et leger
Philis, quand je regarde au tems promt et leger
Qui derobe soudain nos coulantes années,
Je commence à conter les saisons retournées,
Qui viennent tous les jours nos...
Seigneur, je n'ai cessé, dès la fleur de mon âge
Seigneur, je n'ai cessé, dès la fleur de mon âge,
D'amasser sur mon chef péchés dessus péchés ;
Des dons que tu m'avais dedans l'âme cachés,
Plaisant, je m'en...
Une belle Vestale habite au beau rivage
Une belle Vestale habite au beau rivage
D'Orne, où c'est qu'elle vit comme en un hermitage.
Quelquefois en son parc elle se sied au bois,
Gaillarde sur les eaux elle...
Précédentes poésies
Vers le soleil s'en vont ensemble
Vers le soleil s'en vont ensemble
Mes pensées, divines soeurs.
Elles chantent ; l'air pâle en tremble
Comme s'il y tombait des fleurs.
Une s'attarde la...
Veilles-tu, ma senteur de soleil
Veilles-tu, ma senteur de soleil,
Mon arôme d'abeilles blondes,
Flottes-tu sur le monde,
Mon doux parfum de miel ?
La nuit, lorsque mes pas
Dans le...
Une aube pâle emplit le ciel triste
Une aube pâle emplit le ciel triste ; le Rêve,
Comme un grand voile d'or, de la terre se lève.
Avec l'âme des roses d'hier,
Lentement montent dans les airs
Un silence se fit dans le déclin du jour
Un silence se fit dans le déclin du jour.
Une plainte expira, puis un soupir d'amour.
Puis une pomme chut, une autre encore, et d'autres,
Dans l'herbe haute et...
Songe
Sur mes seins, mes mains endormies,
Lasses des jeux et des fuseaux,
Mes blanches mains, mes mains amies
Semblent dormir au fond des eaux.
Loin des peines...

