Complainte de la bonne défunte

frpar Jules Laforgue

Elle fuyait par l'avenue,
Je la suivais illuminé,
Ses yeux disaient : " J'ai deviné
Hélas! que tu m'as reconnue ! "

Je la suivis illuminé !
Yeux désolés, bouche ingénue,
Pourquoi l'avais-je reconnue,
Elle, loyal rêve mort-né ?

Yeux trop mûrs, mais bouche ingénue ;
Oeillet blanc, d'azur trop veiné ;
Oh ! oui, rien qu'un rêve mort-né,
Car, défunte elle est devenue.

Gis, oeillet, d'azur trop veiné,
La vie humaine continue
Sans toi, défunte devenue.
- Oh ! je rentrerai sans dîner !

Vrai, je ne l'ai jamais connue.

Autres poésies de Jules Laforgue

Esthétique

frpar Jules Laforgue, publié le lun. 26/11/2007 à 15:17

Je fais la cour à ma Destinée ;
Et demande: " Est-ce pour cette année ? "
Je la prends par la douceur, en Sage,

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Arabesques de malheur

frpar Jules Laforgue, publié le ven. 16/11/2007 à 22:16

Nous nous aimions comme deux fous ;
On s'est quittés sans en parler.
(Un spleen me tenait exilé

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Pierrots, I

frpar Jules Laforgue, publié le sam. 15/09/2007 à 06:58

C'est, sur un cou qui, raide, émerge
D'une fraise empesée idem,
Une face imberbe au cold-cream,
Un air d'hydrocéphale asperge.

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Soirs de fête

frpar Jules Laforgue, publié le lun. 23/07/2007 à 22:07

Je suis la Gondole enfant chérie
Qui arrive à la fin de la fête,
Pour je ne sais quoi, par bouderie,

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Stérilités

frpar Jules Laforgue, publié le ven. 20/07/2007 à 13:34

Cautérise et coagule
En virgules
Ses lagunes des cerises
Des félines Ophélies
Orphelines en folie.
Tarentules de feintises

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Au large

frpar Jules Laforgue, publié le sam. 30/06/2007 à 04:32

Comme la nuit est lointainement pleine
De silencieuse infinité claire !
Pas le moindre écho des gens de la terre,

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