Épigramme (I)
Amour, voyant l'ennui qui tant m'oppresse
Et la douleur secrète qui me tue,
N'a pas longtemps, en lui vidé de presse,
Me dit : " Ami, il faut que t'évertue.
Ton mal est grand, mais ta foi est connue,
Qui par souffrir plus vient en évidence ;
Puis tu sais bien que souvent est issue
De long travail heureuse récompense. "
D'autres poésies de Lazare de BAÏF
Adieu
Faire ne puis sans deuil et déplaisir
Ce qu'il convient et force est que je fasse.
Devoir requiert ce qu'empêche désir ;
Amour retient ce que raison pourchasse.
Autre adieu
Ô quel ennui à ceux de départir
Où ferme amour ne peut être offensée ;
Laquelle vient toutefois nous partir
Joie et douleur en secrète pensée.
Il est bien vrai...
Épigramme (I)
Amour, voyant l'ennui qui tant m'oppresse
Et la douleur secrète qui me tue,
N'a pas longtemps, en lui vidé de presse,
Me dit : " Ami, il faut que t'évertue.
Précédentes poésies
Viens, mort, à mon secours viens
Viens, mort, à mon secours viens ;
Ô mort, secours, je t'en prie.
- Je t'oy, je viens, que veux-tu ?
- Ô mort, je suis tout en feu ;
J'attends de toi guérison.
Vien ça, vien friandelette
Vien ça, vien friandelette,
Vien qu'en esbas amoureux
Ce beau printemps vigoureux,
Ma belle Francinelette,
Nous passions libres de soin,
" Loin des peines...
Une amoureuse ardeur
Une amoureuse ardeur,
S'elle n'est feinte,
Ne chasse point du coeur
Soupçon et creinte.
Tel est l'état d'Amour
" Qui les liesses
" Echange tour...
Un jour, quand de lyver l'ennuieuse froidure
Un jour, quand de l'yver l'ennuieuse froidure
S'atiedist, faisant place au printems gracieux,
Lorsque tout rit aux champs, et que les prez joyeux
Peingnent de belles...
Tu me desplais, quoy que belle tu soys
Tu me desplais, quoy que belle tu soys,
Tu me desplais, croy moy, je le confesse,
Et, bien qu'a moy tu desplaises, sans cesse
Je suy contreint ton amour...

