Abel et Caïn
La terre verdissait, qui venait d'émerger
Des primitives eaux. L'antre au sombre orifice
Était, en ces jours-là, son unique édifice,
Et l'homme vagabond y pouvait héberger.
Or, deux frères vivaient : un semeur, un berger.
Ils offrirent à Dieu le premier sacrifice.
Le berger fut béni. L'autre, usant d'artifice,
L'attira sur son coeur afin de l'égorger,
La terre qui grandit dans la magnificence,
S'enivre encore, hélas ! du sang de l'innocence,
Et garde la blessure ouverte dans son sein.
Et le bien et le mal seront toujours en lutte ;
Et les derniers enfants de la dernière hutte
Seront peut-être encore un Abel, un Caïn.
D'autres poésies de Léon-Pamphile LE MAY
A la lune
Quand tu luis au-dessus de la forêt mouvante,
On dirait que des feux s'allument tout au fond.
Tu donnes un baiser à l'océan profond,
Et l'océan frémit comme une âme...
A notre monde
Dois-tu n'avoir, un jour, qu'un vol de fainéant,
Comme un oiseau lassé d'une course inutile ?
Iras-tu, quand il faut pour te rendre fertile
Des ans par millions, en...
A un vieil arbre
Tu réveilles en moi des souvenirs confus.
Je t'ai vu, n'est-ce pas ? moins triste et moins modeste.
Ta tête sous l'orage avait un noble geste,
Et l'amour se cachait...
Abel et Caïn
La terre verdissait, qui venait d'émerger
Des primitives eaux. L'antre au sombre orifice
Était, en ces jours-là, son unique édifice,
Et l'homme vagabond y pouvait...
Précédentes poésies
Chanson de Galathée, bergère
Arbres feuillus, revêtus de verdure,
Quand l'hiver dure on vous voit désolés,
Mais maintenant aucun de vous n'endure
Nulle laidure, ains vous donne nature
Une aube de douceur s'éveille sur la lande
Une aube de douceur s'éveille sur la lande :
Le printemps de Bretagne a fleuri les talus.
Les cloches de Ker-Is l'ont dit jusqu'en Islande
Aux pâles " En Allés " qui...
Quand, du sein de la mer profonde
Quand, du sein de la mer profonde,
Comme un alcyon dans son nid,
L'Ame bretonne vint au monde
Dans son dur berceau de granit,
C'était un soir, un soir...
Tes traitz (Soleil) de leur vive pointure
Tes traitz (Soleil) de leur vive pointure
Ne sont les raiz qui ont frappé mes yeux,
Autre Soleil de lustre gracieux
Trasse entour moy plus riche couverture.
Je ne veux point le clair char estoillé
Je ne veux point le clair char estoillé
De ta beauté, en grace estincellante,
Par ton front, Ciel de lumiere excellante
Guider ainsi, que Phaëton voilé

