Trois petits préludes
(I)
La nuit s'est refermée
Comme un calice obscur
Sur la pulpe dorée
Et tiède de la chambre.
La lampe se consume
Sous un arc de silence
Et je ne sais plus rien
Sinon que je suis seul,
Mordu par un désir
Qui se mêle aux rumeurs
Du jardin frissonnant
Sous l'averse nocturne.
Un nom - hier ignoré
Plaqué comme un accord,
Élargit le silence
Aux limites du soir,
Tandis que replié
Sur un âpre plaisir
Où parfois la tendresse
Fuse comme un sanglot,
J'appelle sans espoir,
D'un cri de tout mon être,
Un bonheur déchirant
Amer comme un départ.
D'autres poésies de Louis CHADOURNE
Incertitude
Calme des nuits sur l'Océan
Étoiles et feux du navire,
Et l'éternel balancement
Des houles et de mon désir.
Qui donc es-tu, maîtresse amère,
Ô...
Jardins de novembre
La brume s'échevèle au détour des allées,
Un souvenir épars s'attarde et se recueille,
Il flotte une douceur de choses en allées
Un songe glisse en nous, comme un pas...
Le secret
Trésors des nuits et vous dons éclatants du jour,
Qui m'avez, ombre molle ou trop vivace flamme,
De tendresse ou d'orgueil dilaté tour à tour,
Ainsi donc je vous ai...
Trois petits préludes
(I)
La nuit s'est refermée
Comme un calice obscur
Sur la pulpe dorée
Et tiède de la chambre.
La lampe se consume
Sous un arc de silence...
Précédentes poésies
Sous ce large peuplier par trois fois trois je tourne
Sous ce large peuplier par trois fois trois je tourne,
J'y basty un autel de trois fois trois gazons,
J'y apporte du feu de trois fois trois tisons,
Et trois fois...
Qui voudroit resister à la puissance tienne
Qui voudroit resister à la puissance tienne
Doux enfant de la nuit, il luy faudroit aux dieux
S'esgaler tout à fait, escheler les hauts cieux,
Et de leur doux Nectar...
Muse, n'est-ce point là le feu de la Deesse
Muse, n'est-ce point là le feu de la Deesse
Qui naquit autrefois dans le champ marinier,
Qui d'un brin esclattant ne nous veut denier
Du matin qui s'en vient le jour...
Muse, conseil ; lequel il me faut prendre
Muse, conseil ; lequel il me faut prendre
Pour reposer. Le frais, l'ombre ou le vert
Que ce ruisseau, ce bois, ce pré ouvert
Me veut donner, me fournir et...
J'ose glisser sur ton douteux empire
J'ose glisser sur ton douteux empire
Dieu enjonché, pour y dire ton los* ;
Reçoy moy donc, et repousse les flots
Qui troubleroient ce que je te veux dire.

