Vive la Canadienne...

I

Elle tend son front d'ambre ou de lys vers le ciel.

Elle prie:

Et c'est son coeur qui de sa bouche s'envole.

II

Perfide. Plus que l'onde et comme elle partant pour l'oubli, la nouveauté, le bracelet neuf, la dentelle rare. Sous ses pas, elle broie des coeurs et se rit des carnages. Elle a pris plaisir à une bouche fraîche, puis fantasque et cruelle, se refuse, court vers une autre bouche. Mille regards sont braqués sur elle en qui meurt une espérance. Des bras veulent la retenir et cette sylphide est déjà loin. Elle sait le charme de la traîtrise et la désolation chez les autres. Dans son plaisir, elle mêle le goût du nectar à celui du poison: elle triomphe et elle tue.

III

Sa fraîcheur vient-elle de la rose ou du lys?

De quel mélange est composée la carnation de sa chair?

Elle ravit, apprivoise, dompte.

Ses beaux yeux, c'est un lac où le ciel dort.

Elle aime, souffre et pleure.

Mais sa beauté résiste à l'orage. Et devenue vieille, elle a je ne sais quel air de jeunesse.

IV

Elle avait des bras doux comme de la laine et berçait ses enfants avec une tendresse infinie.

C'était quelque chose de feutré, d'un enveloppement mystérieux. Quand ils pleuraient, les paroles descendaient de sa bouche plus calmantes que le miel, plus chaudes que le soleil d'été, et les corps fondaient dans cette chaleur, cessaient de souffrir.

Ses lèvres exhalaient une prière, puis, se penchant sur leurs fronts, semblaient des caresses de fleur.

Et les petits se remettaient à courir sur la terre.

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Traduction(s) Vive la Canadienne... (english page)

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