A Clement Marot
D'un seul malheur se peult lamenter celle
En qui tout l'heur des astres est compris
C'est (ô Clement) que tu ne fuz espris
Premier que moy de sa vive estincelle.
Son nom cogneu par ta veine immortelle,
Qui les vieux passe, et les nouveaux espritz,
Apres mil ans seroit en plus grand pris
Et la rendroit le temps tousjours plus belle.
Peussé je en toy mettre au moins de ma flamme,
Ou toy en moy de ton entendement,
Tant qu'il suffit à louer telle Dame,
Car estans telz, nous faillons grandement :
Toy de pouvoir un aultre subject prendre,
Moy d'oser tant sans forces entreprendre.
D'autres poésies de Mellin de SAINT-GELAIS
A Clement Marot
D'un seul malheur se peult lamenter celle
En qui tout l'heur des astres est compris
C'est (ô Clement) que tu ne fuz espris
Premier que moy de sa vive estincelle.
Précédentes poésies
Une paisible et longue jouissance
Une paisible et longue jouissance
Fait les dégoûts et détruit la constance
Car s'attacher toujours au même bien
C'est posséder et ne sentir plus rien
Aussi,...
Songez, Philis, songez au temps passé
Songez, Philis, songez au temps passé
Ce beau garçon dont vous fûtes éprise
Mit en vos mains son aimable franchise.
Il était jeune, il n'avait point senti
Ce...
Chère Philis, qu'êtes-vous devenue
Chère Philis, qu'êtes-vous devenue
Cet enchanteur qui vous a retenue
Depuis trois ans, par un charme nouveau
Vous retient-il dans quelque vieux château ?
S'il...
Rivière de mes yeux
Ô mes yeux ce matin grands comme des rivières
Ô l'onde de mes yeux prêts à tout refléter
Et cette fraîcheur sous mes paupières
Extraordinaire
Tout alentour des...
Ma maison
Je veux ma maison bien ouverte,
Bonne pour tous les miséreux.
Je l'ouvrirai à tout venant
Comme quelqu'un se souvenant
D'avoir longtemps pâti dehors,

