The Unicorn
The saintly hermit, midway through his prayers
stopped suddenly, and raised his eyes to witness
the unbelievable: for there before him stood
the legendary creature, startling white, that
had approached, soundlessly, pleading with his eyes.
The legs, so delicately shaped, balanced a
body wrought of finest ivory. And as
he moved, his coat shone like reflected moonlight.
High on his forehead rose the magic horn, the sign
of his uniqueness: a tower held upright
by his alert, yet gentle, timid gait.
The mouth of softest tints of rose and grey, when
opened slightly, revealed his gleaming teeth,
whiter than snow. The nostrils quivered faintly:
he sought to quench his thirst, to rest and find repose.
His eyes looked far beyond the saint's enclosure,
reflecting vistas and events long vanished,
and closed the circle of this ancient mystic legend.
Rainer Maria Rilke
D'autres poésies de Rainer Maria RILKE
Après une journée de vent
Après une journée de vent,
dans une paix infinie,
le soir se réconcilie
comme un docile amant.
Tout devient calme, clarté...
Mais à l'horizon...
Arrêtons-nous un peu ...
Arrêtons-nous un peu, causons.
C'est encore moi, ce soir, qui m'arrête,
c'est encore vous qui m'écoutez.
Un peu plus tard d'autres joueront
aux voisins...
Au ciel, plein d'attention
Au ciel, plein d'attention,
ici la terre raconte ;
son souvenir la surmonte
dans ces nobles monts.
Parfois elle parait attendrie
qu'on l'écoute si...
Avant que vous comptiez dix
Avant que vous comptiez dix
tout change : le vent ôte
cette clarté des hautes
tiges de maïs,
pour la jeter ailleurs ;
elle vole, elle glisse
Beau papillon près du sol
Beau papillon près du sol,
à l'attentive nature
montrant les enluminures
de son livre de vol.
Un autre se ferme au bord
de la fleur qu'on respire -...
C'est le paysage longtemps ...
C'est le paysage longtemps, c'est une cloche,
c'est du soir la délivrance si pure -;
mais tout cela en nous prépare l'approche
d'une nouvelle, d'une tendre figure...
C'est pour t'avoir vue
C'est pour t'avoir vue
penchée à la fenêtre ultime,
que j'ai compris, que j'ai bu
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En me montrant tes bras
tendus vers la nuit,
C'est presque l'invisible qui luit
C'est presque l'invisible qui luit
au-dessus de la pente ailée ;
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à ce jour en argent mêlée.
Vois, la lumière ne pèse...
C'est qu'il nous faut consentir
C'est qu'il nous faut consentir
à toutes les forces extrêmes ;
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Et puis, il arrive souvent
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Ce soir mon coeur fait chanter
Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent...
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