To Lou Andreas-Salome
I held myself too open, I forgot
that outside not just things exist and animals
fully at ease in themselves, whose eyes
reach from their lives' roundedness no differently
than portraits do from frames; forgot that I
with all I did incessantly crammed
looks into myself; looks, opinion, curiosity.
Who knows: perhaps eyes form in space
and look on everywhere. Ah, only plunged toward you
does my face cease being on display, grows
into you and twines on darkly, endlessly,
into your sheltered heart.
As one puts a handkerchief before pent-in-breath-
no: as one presses it against a wound
out of which the whole of life, in a single gush,
wants to stream, I held you to me: I saw you
turn red from me. How could anyone express
what took place between us? We made up for everything
there was never time for. I matured strangely
in every impulse of unperformed youth,
and you, love, had wildest childhood over my heart.
Memory won't suffice here: from those moments
there must be layers of pure existence
on my being's floor, a precipitate
from that immensely overfilled solution.
For I don't think back; all that I am
stirs me because of you. I don't invent you
at sadly cooled-off places from which
you've gone away; even your not being there
is warm with you and more real and more
than a privation. Longing leads out too often
into vagueness. Why should I cast myself, when,
for all I know, your influence falls on me,
gently, like moonlight on a window seat.
Translated by A. Poulin
Rainer Maria Rilke
D'autres poésies de Rainer Maria RILKE
Après une journée de vent
Après une journée de vent,
dans une paix infinie,
le soir se réconcilie
comme un docile amant.
Tout devient calme, clarté...
Mais à l'horizon...
Arrêtons-nous un peu ...
Arrêtons-nous un peu, causons.
C'est encore moi, ce soir, qui m'arrête,
c'est encore vous qui m'écoutez.
Un peu plus tard d'autres joueront
aux voisins...
Au ciel, plein d'attention
Au ciel, plein d'attention,
ici la terre raconte ;
son souvenir la surmonte
dans ces nobles monts.
Parfois elle parait attendrie
qu'on l'écoute si...
Avant que vous comptiez dix
Avant que vous comptiez dix
tout change : le vent ôte
cette clarté des hautes
tiges de maïs,
pour la jeter ailleurs ;
elle vole, elle glisse
Beau papillon près du sol
Beau papillon près du sol,
à l'attentive nature
montrant les enluminures
de son livre de vol.
Un autre se ferme au bord
de la fleur qu'on respire -...
C'est le paysage longtemps ...
C'est le paysage longtemps, c'est une cloche,
c'est du soir la délivrance si pure -;
mais tout cela en nous prépare l'approche
d'une nouvelle, d'une tendre figure...
C'est pour t'avoir vue
C'est pour t'avoir vue
penchée à la fenêtre ultime,
que j'ai compris, que j'ai bu
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En me montrant tes bras
tendus vers la nuit,
C'est presque l'invisible qui luit
C'est presque l'invisible qui luit
au-dessus de la pente ailée ;
il reste un peu d'une claire nuit
à ce jour en argent mêlée.
Vois, la lumière ne pèse...
C'est qu'il nous faut consentir
C'est qu'il nous faut consentir
à toutes les forces extrêmes ;
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malgré le grand repentir.
Et puis, il arrive souvent
que...
Ce soir mon coeur fait chanter
Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent...
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,
monte et se décide
à ne plus...
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MUCH did I rage when young,
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