Silence et nuit des bois
Il est plus d'un silence, il est plus d'une nuit,
Car chaque solitude a son propre mystère :
Les bois ont donc aussi leur façon de se taire
Et d'être obscurs aux yeux que le rêve y conduit.
On sent dans leur silence errer l'âme du bruit,
Et dans leur nuit filtrer des sables de lumière.
Leur mystère est vivant : chaque homme à sa manière
Selon ses souvenirs l'éprouve et le traduit.
La nuit des bois fait naître une aube de pensées ;
Et, favorable au vol des strophes cadencées,
Leur silence est ailé comme un oiseau qui dort.
Et le coeur dans les bois se donne sans effort :
Leur nuit rend plus profonds les regards qu'on y lance,
Et les aveux d'amour se font de leur silence.
D'autres poésies de René-François SULLY PRUDHOMME
A Ronsard
Ô maître des charmeurs de l'oreille, ô Ronsard,
J'admire tes vieux vers, et comment ton génie
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Sait dans le jeu des mots...
A vingt ans
À vingt ans on a l'oeil difficile et très fier :
On ne regarde pas la première venue,
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Ah ! le cours de mes ans...
Ah ! le cours de mes ans ne peut que faire envie :
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Je ne me plaindrai pas...
Au bord de l'eau
S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
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Au jour le jour
à Emmanuel Des Essarts
Quand d'une perte irréparable
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La vie...
Aux amis inconnus
Ces vers, je les dédie aux amis inconnus,
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Rivaux de ceux que j'aime et qui m'aiment le plus,
Frères envers qui seuls...
Aux poètes futurs
Poètes à venir, qui saurez tant de choses,
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Portant plus loin que nous un plus large flambeau
Sur les suprêmes fins et les...
Ce qui dure
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Combats intimes
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Corps et âmes
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Heureux les coeurs,...
Précédentes poésies
Sonnet
Que suis-je, hélas ! et de quoi sert ma vie ?
Je ne suis fors qu'un corps privé de coeur,
Une ombre vaine, un objet de malheur,
Qui n'a plus rien que de mourir...
Romance
En mon triste et doux chant
D'un ton fort lamentable
Je jette un oeil tranchant
De perte incomparable
Et en soupirs cuisants
Passe mes meilleurs ans.
Vous languissez, mes vers...
Vous languissez, mes vers ; les glaçons de l'absence
Éteignant vos fureurs au point de leur naissance,
Vous n'entrebattez plus de soupirs votre flanc,
Vos artères...
Voulez-vous voir ce traict qui si roide s'eslance
Voulez-vous voir ce traict qui si roide s'eslance
Dedans l'air qu'il poursuit au partir de la main ?
Il monte, il monte, il perd : mais helas ! tout soudain
Il...
Tout s'enfle contre moy, tout m'assaut, tout me tente
Tout s'enfle contre moy, tout m'assaut, tout me tente,
Et le Monde et la Chair, et l'Ange revolté,
Dont l'onde, dont l'effort, dont le charme inventé
Et m'abisme,...

