J'ai passé mon printemps...
J'ai passé mon printemps, mon été, mon automne ;
Voici le triste hiver qui vient finir mes voeux ;
Déjà de mille vents le cerveau me bouillonne ;
J'ai la face ridée et la neige aux cheveux.
D'un pas douteux et lent, à trois pieds je chemine,
Appuyant d'un bâton mes membres languissants,
Mes reins n'en peuvent plus, et ma débile échine
Se courbe peu à peu, sous le faix de mes ans.
Une morne froideur sur mes nerfs épanchée
Engourdit tous mes sens, désormais curieux,
D'un glaçon endurci j'ai l'oreille bouchée,
Et porte en un étui la force de mes yeux.
Mais bien que la jeunesse en moi ne continue,
Dieu, fais que mon amour me conserve le coeur !
Autant que de mon sang la chaleur diminue,
Daigne de mon esprit augmenter la vigueur.
Que sert de prolonger une ingrate vieillesse,
Pour regarder sans fruit la lumière du jour !
Heureux, qui sans languir en si longue vieillesse,
Retourne de bonne heure au céleste séjour !
D'autres poésies de Scévole de SAINTE-MARTHE
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J'ai passé mon printemps, mon été, mon automne ;
Voici le triste hiver qui vient finir mes voeux ;
Déjà de mille vents le cerveau me bouillonne ;
J'ai la face ridée...
Précédentes poésies
Il fut un bruit, ô Marot, qu'étais mort
Il fut un bruit, ô Marot, qu'étais mort,
Et ce faux bruit un menteur assura :
L'un d'un côté se plaignait de ta mort,
Faisant regret qui longuement dura ;
Sonnet
Quand l'avenir pour moi n'a pas une espérance,
Quand pour moi le passé n'a pas un souvenir,
Où puisse, dans son vol qu'elle a peine à finir,
Un instant se poser mon...
Réponse
Oui, cher Zénon, oui, ma lyre est bizarre,
Je le sais trop ; d'un étrange compas
Elle est taillée, et ne s'arrondit pas
D'un beau contour sous le bras du Pindare.
Premier amour
Printemps, que me veux-tu ? pourquoi ce doux sourire,
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Pourquoi dans les bosquets cette voix qui soupire,
Et du...
Pour un ami
Que de fois, près d'Oxford, en ce vallon charmant,
Ou l'on voit fuir sans fin des collines boisées
Des bruyères couper des plaines arrosées,
La rivière qui passe et le...

