Éveil

Puisque la Némésis, cette vieille portière,
Court en poste et regarde à travers la portière
Des arbres fabuleux faits comme ceux de Cham,
Laissons Chandernagor, Pékin, Bagdad ou Siam
Posséder ses appas, vieux comme sainte Thècle,
Et désabonnons-nous le plus possible au Siècle.
Ne pleure pas, public qui lis encor des vers.
Je ne te dirai pas : Les raisins sont trop verts ;
Et, quant à s'en passer, je sais ce qu'on y risque ;
J'ai fait pour toi l'achat d'une jeune odalisque.
Celle qui part était infirme à force d'ans :
Elle boitait ; la mienne a ses trente-deux dents,
L'oeil vif, le jarret souple : elle est blanche, elle est nue,
Charmante, bonne fille, et de plus inconnue.

Elle a le col de cygne et les trente beautés
Que la Grèce exigeait de ses divinités,
Et ce ne sont partout, sous sa robe qui pouffe,
Que cheveux d'or, que lys et que roses en touffe.
La voilà présentée, et, mon bras sous le sien,
Nous allons tous les deux, pareils au groupe ancien
D'une jeune bacchante agaçant un satyre,
Du mieux que nous pourrons jouer à la satire.
Nous savons, aussi bien que feu Barthélemy,
Sur sa lyre à dix voix trouver l'ut et le mi.
Puisqu'il a pris enfin la poudre d'escampette,
Ô ma folle, ô ma Muse, embouche ta trompette
Qui fouette les carreaux comme un clairon de Sax ;
Sur ton front chevelu mets le casque d'Ajax,
Galope et fais claquer sur les peaux les plus chères
Ton fouet et son pommeau ciselé par Feuchères ! [...]

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Traduction(s) Éveil (english page)

Mots-clefs : illustre  coup  dire  arbres  lyres  corde  vain  rire  ignoble  coud  lauriers  jamais 

D'autres poésies de Théodore de BANVILLE

A Adolphe Gaïffe

Jeune homme sans mélancolie,
Blond comme un soleil d'Italie,
Garde bien ta belle folie.

C'est la sagesse ! Aimer le vin,
La beauté, le printemps divin,...

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mots clefs : neige  lys  couleur  soir  reine  rayon  pas  gaiffe  rose  pourpre 

A la Forêt de Fontainebleau

Ô forêt adorée encor, Fontainebleau !
Dis-moi, le gardes-tu sur le tronc d'un bouleau,
Ce nom que j'appelais mon espoir et mes forces,
Et que j'avais gravé partout dans...

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mots clefs :   banville  verdure  cache  peine  pourtant  serpent  feuillage  doux  vain 

Aimons-nous et dormons

Aimons-nous et dormons
Sans songer au reste du monde !
Ni le flot de la mer, ni l'ouragan des monts,
Tant que nous nous aimons
Ne courbera ta tête blonde,
Car...

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mots clefs :   vent  passant  laisser  lys  et  soleil  iront  dormons  lorsque 

Ariane

Dans Naxos, où les fleurs ouvrent leurs grands calices
Et que la douce mer baise avec des sanglots,
Dans l'île fortunée, enchantement des flots,
Le divin Iacchos...

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mots clefs :

Ballade de la vraie sagesse

Mon bon ami, poëte aux longs cheveux,
Joueur de flûte à l'humeur vagabonde,
Pour l'an qui vient je t'adresse mes voeux :
Enivre-toi, dans une paix profonde,
Du vin...

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mots clefs : noire  vent  fuir  fauve  coeur  follement  aussi  feuilles  nain  arc 

Ballade pour la servante du cabaret

Ami, partez sans émoi ; l'Amour vous suit
Pour faire fête à votre belle hôtesse.
Vous dites donc qu'on aura cette nuit
Souper au vin du Rhin, grande liesse
Et...

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mots clefs :   neige  quelquefois  lys  doux  soir  vin  moi  besoin  rouge 

Ballade pour une amoureuse

Muse au beau front, muse sereine,
Plus de satire, j'y consens.
N'offensons pas avec ma haine
Le calme éther d'où tu descends.
Je chante en ces vers caressants

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mots clefs : banville  orgueilleux  peur  petit  resplendir  sanglant  chef  long  jeunesse  reine 

Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt

Il chante encor, l'essaim railleur des fées,
Bien protégé par l'épine et le houx
Que le zéphyr caresse par bouffées.
Diane aussi, l'épouvante des loups,
Au fond...

lire la suite de la poésie : Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt
mots clefs : noire  vent  fuir  voix  coeur  follement  aussi  feuilles  nain  arc 

Bien souvent je revois sous mes paupières closes

Bien souvent je revois sous mes paupières closes,
La nuit, mon vieux Moulins bâti de briques roses,
Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,
Ce vieux pont de...

lire la suite de la poésie : Bien souvent je revois sous mes paupières closes
mots clefs :   banville  salon  vieux  champs  ciel  doux  pont  paupieres  boire 

Camille, quand la Nuit t'endort...

Camille, quand la Nuit t'endort sous ses grands voiles ;
Quand un rêve céleste emplit tes yeux d'étoiles ;
Quand tes regards, lassés des fatigues du jour,
Se reposent...

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mots clefs :   banville  palais  croix  pareilles  vol  roc  tendort  sol  destin 

Précédentes poésies

Épigramme (II)

Si ce qui est enclos dedans mon coeur
Je pense au vrai par écrit vous dépeindre,
Je suis certain que votre grand rigueur
Serait semonce à lamenter et plaindre.

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mots clefs : coeur  certain  ii  baif  confort  joie  rien  dedans  grand  lazare 

Épigramme (I)

Amour, voyant l'ennui qui tant m'oppresse
Et la douleur secrète qui me tue,
N'a pas longtemps, en lui vidé de presse,
Me dit : " Ami, il faut que t'évertue.

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mots clefs :   ciel  baif  passe  colombe  ailes  de  victime  epigramme  lazare 

Autre adieu

Ô quel ennui à ceux de départir
Où ferme amour ne peut être offensée ;
Laquelle vient toutefois nous partir
Joie et douleur en secrète pensée.
Il est bien vrai...

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mots clefs : fils  fuir  coeur  vin  autre  derniers  baif  pourpre  carillon  clair 

Adieu

Faire ne puis sans deuil et déplaisir
Ce qu'il convient et force est que je fasse.
Devoir requiert ce qu'empêche désir ;
Amour retient ce que raison pourchasse.

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mots clefs :   foi  douleur  travail  heureuse  souffrir  de  long  voyant  pas 

Viens, mort, à mon secours viens

Viens, mort, à mon secours viens ;
Ô mort, secours, je t'en prie.
- Je t'oy, je viens, que veux-tu ?
- Ô mort, je suis tout en feu ;
J'attends de toi guérison.

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mots clefs :   coeur  toujours  travaux  baif  pris  antoine  supporter  cherche  plume