Pour une amante irritée
Ceux qui tirent le coeur par les traits du visage
Remarquent dans le tien des signes de valeur,
Mais comme la vaillance est toujours un présage,
Qui promet de la gloire avecque du malheur,
J'espère que la mort avecque sa pâleur,
Couvrira tes beautés de sa funeste image,
Et que ton jeune sang tout rempli de chaleur,
Viendra faire à ton dam preuve de ton courage.
Un jour que tu voudras combattre au premier rang,
Je te verrai couvert de poussière et de sang,
Et le coeur traversé d'une mortelle plaie,
Tourner ces traîtres yeux devers ton monument.
Lors pour te faire voir que ma vengeance est vraie,
Je n'en jetterai pas un soupir seulement.
D'autres poésies de Théophile de VIAU
A Cloris
Stances
S'il est vrai, Cloris, que tu m'aimes,
Mais j'entends que tu m'aimes bien,
Je ne crois point que les Rois mêmes
Aient un heur comme le mien :
A monsieur de L... sur la mort de son père
Ode
Ôte-toi, laisse-moi rêver.
Je sens un feu se soulever
Dont mon âme est toute embrasée.
Ô beaux prés, beaux rivages verts,
Ô grands flambeaux de...
Au milieu de Paris je me suis fait ermite
Au milieu de Paris je me suis fait ermite,
Dedans un seul objet mon esprit se limite,
Quelque part où mes yeux me pensent divertir
Je traîne une prison d'où je ne puis...
Au moins ai-je songé que je vous ai baisée
Au moins ai-je songé que je vous ai baisée,
Et bien que tout l'amour ne s'en soit pas allé,
Ce feu qui dans mes sens a doucement coulé,
Rend en quelque façon ma...
Aussi souvent qu'Amour fait penser à mon âme
Aussi souvent qu'Amour fait penser à mon âme,
Combien il mit d'attraits dans les yeux de ma Dame,
Combien c'est de l'honneur d'aimer en si bon lieu,
Je m'estime...
Chère Isis, tes beautés ont troublé la nature
Sonnet
Chère Isis, tes beautés ont troublé la nature,
Tes yeux ont mis l'Amour dans son aveuglement,
Et les Dieux occupés après toi seulement
Laissent...
Cloris, lorsque je songe, en te voyant si belle
Elégie
Cloris, lorsque je songe, en te voyant si belle,
Que ta vie est sujette à la loi naturelle,
Et qu'à la fin les traits d'un visage si beau
Avec tout...
Contre l'hiver
Ode
Plein de colère et de raison
Contre toi barbare saison
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Malgré les lois de l'Univers,
Qui de la glace des hivers
Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine
Élégie
Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine ?
Qui t'a sollicitée à renouer ma chaîne,
Quel démon ennemi de mes contentements
Me vient remettre...
D'un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant
D'un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant
J'éveille avant le jour mes yeux et ma pensée,
Et cette longue nuit si durement passée,
Je me trouve étonné de quoi...
Précédentes poésies
Poids de la vie
J'ai vécu, j'ai vieilli. De l'humaine misère
J'ai porté le fardeau tous les jours. Il est grand !
Sans en excepter un, j'ai refait en pleurant
Tous les chemins...
Voulez-vous voir mon coeur, ouvrez-moi la poitrine
Voulez-vous voir mon coeur, ouvrez-moi la poitrine,
Vous y verrez les traits de vos rares beautés,
Vous verrez en mon sang mille diversités
Émues par l'amour qui par...
Un jour reconnaissant que je suis incapable
Un jour reconnaissant que je suis incapable,
Belle, de vous servir, j'en vins au désespoir,
Et prenant le chemin du désert effroyable,
Je voulus m'y cacher pour...
Quand vous considérez en cette claire glace
Quand vous considérez en cette claire glace
De vos perfections les belles raretés,
Non, vous n'y voyez point cette parfaite grâce
Que tout oeil reconnaît aux traits...
Perdez, froissez, tuez cette âme vagabonde
Perdez, froissez, tuez cette âme vagabonde,
Qui délaissant ce jour cherche votre manoir,
Ô puissances d'en-bas, si vous avez pouvoir
Sur les captifs d'amour qui...

