Je prendrai par la main les deux petits enfants
Je prendrai par la main les deux petits enfants ;
J'aime les bois où sont les chevreuils et les faons,
Où les cerfs tachetés suivent les biches blanches
Et se dressent dans l'ombre effrayés par les branches ;
Car les fauves sont pleins d'une telle vapeur
Que le frais tremblement des feuilles leur fait peur.
Les arbres ont cela de profond qu'ils vous montrent
Que l'éden seul est vrai, que les coeurs s'y rencontrent,
Et que, hors les amours et les nids, tout est vain ;
Théocrite souvent dans le hallier divin
Crut entendre marcher doucement la ménade.
C'est là que je ferai ma lente promenade
Avec les deux marmots. J'entendrai tour à tour
Ce que Georges conseille à Jeanne, doux amour,
Et ce que Jeanne enseigne à George. En patriarche
Que mènent les enfants, je réglerai ma marche
Sur le temps que prendront leurs jeux et leurs repas,
Et sur la petitesse aimable de leurs pas.
Ils cueilleront des fleurs, ils mangeront des mûres.
Ô vaste apaisement des forêts ! ô murmures !
Avril vient calmer tout, venant tout embaumer.
Je n'ai point d'autre affaire ici-bas que d'aimer.
D'autres poésies de Victor HUGO
1er janvier
Enfant, on vous dira plus tard que le grand-père
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Qu'au temps où...
A André Chénier
Oui, mon vers croit pouvoir, sans se mésallier,
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Voici pourquoi....
A celle qui est restée en France
I
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A celle qui est voilée
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A ceux qu'on foule aux pieds
(extrait)
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Moi,...
A ceux qui sont petits
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Dans...
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A dona Rosita Rosa
I
Ce petit bonhomme bleu
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A Granville, en 1836
Voici juin. Le moineau raille
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Les herbes et les branchages,
Précédentes poésies
N'avez-vous pas vu, drapée en chlamyde
N'avez-vous pas vu, drapée en chlamyde,
Une jeune femme aux cheveux ondés,
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Car elle a les yeux d'azur inondés ?
Je retrouve là-bas le taureau qui rumine
Je retrouve là-bas le taureau qui rumine
Dans le pré de Potter, à l'ombre du moulin ;
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Vers le gué de Berghem, les pieds...
Le soc et l'épée
Autrefois le soc et l'épée
Se rencontrèrent dans les champs ;
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Le soc donne un salut, sans...
Stances chrétiennes
Superbes qui pensez, en dédaignant la mort,
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Sonnets spirituels (IX)
Ceux qui nagent à gré, au courant des délices
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