Pure innocence ...
Pure Innocence ! Vertu sainte !
O les deux sommets d'ici-bas !
Où croissent, sans ombre et sans crainte,
Les deux palmes des deux combats !
Palme du combat Ignorance !
Palme du combat Vérité !
L'âme, à travers sa transparence,
Voit trembler leur double clarté.
Innocence ! Vertu ! sublimes
Même pour l'oeil mort du méchant !
On voit dans l'azur ces deux cimes,
L'une au levant, l'autre au couchant.
Elles guident la nef qui sombre ;
L'une est phare, et l'autre est flambeau ;
L'une a le berceau dans son ombre,
L'autre en son ombre a le tombeau.
C'est sous la terre infortunée
Que commence, obscure à nos yeux,
La ligne de la destinée ;
Elles l'achèvent dans les cieux.
Elle montrent, malgré les voiles
Et l'ombre du fatal milieu,
Nos âmes touchant les étoiles
Et la candeur mêlée au bleu.
Elles éclairent les problèmes ;
Elles disent le lendemain ;
Elles sont les blancheurs suprêmes
De tout le sombre gouffre humain.
L'archange effleure de son aile
Ce faîte où Jéhovah s'assied ;
Et sur cette neige éternelle
On voit l'empreinte d'un seul pied.
Cette trace qui nous enseigne,
Ce pied blanc, ce pied fait de jour,
Ce pied rose, hélas ! car il saigne,
Ce pied nu, c'est le tien, amour !
D'autres poésies de Victor HUGO
1er janvier
Enfant, on vous dira plus tard que le grand-père
Vous adorait ; qu'il fit de son mieux sur la terre,
Qu'il eut fort peu de joie et beaucoup d'envieux,
Qu'au temps où...
A André Chénier
Oui, mon vers croit pouvoir, sans se mésallier,
Prendre à la prose un peu de son air familier.
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Voici pourquoi....
A celle qui est restée en France
I
Mets-toi sur ton séant, lève tes yeux, dérange
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A celle qui est voilée
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Comme l'écume de la grève,
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A ceux qu'on foule aux pieds
(extrait)
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A ceux qui sont petits
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A des âmes envolées
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Dans...
A des oiseaux envolés
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Et qu'aviez-vous donc...
A dona Rosita Rosa
I
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Gratte de l'ongle à ta porte,
C'est mon rêve. Plein...
A Granville, en 1836
Voici juin. Le moineau raille
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Les herbes et les branchages,
Précédentes poésies
N'avez-vous pas vu, drapée en chlamyde
N'avez-vous pas vu, drapée en chlamyde,
Une jeune femme aux cheveux ondés,
Qui prend dans le ciel son regard humide,
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Je retrouve là-bas le taureau qui rumine
Je retrouve là-bas le taureau qui rumine
Dans le pré de Potter, à l'ombre du moulin ;
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Le soc et l'épée
Autrefois le soc et l'épée
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Stances chrétiennes
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Sonnets spirituels (IX)
Ceux qui nagent à gré, au courant des délices
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