Une femme m'a dit ceci : - J'ai pris la fuite
Une femme m'a dit ceci : - J'ai pris la fuite.
Ma fille que j'avais au sein, toute petite,
Criait, et j'avais peur qu'on n'entendît sa voix.
Figurez-vous, c'était un enfant de deux mois ;
Elle n'avait pas plus de force qu'une mouche.
Mes baisers essayaient de lui fermer la bouche,
Elle criait toujours ; hélas ! elle râlait.
Elle voulait téter, je n'avais plus de lait.
Toute une nuit s'était de la sorte écoulée.
Je me cachais derrière une porte d'allée,
Je pleurais, je voyais les chassepots briller.
On cherchait mon mari qu'on voulait fusiller.
Tout à coup, le matin, sous cette horrible porte,
L'enfant ne cria plus. Monsieur, elle était morte.
Je la touchai ; monsieur, elle était froide. Alors,
Cela m'était égal qu'on me tuât ; dehors,
Au hasard, j'emportai ma fille, j'étais folle,
J'ai couru, des passants m'adressaient la parole,
Mais je me suis enfuie, et, je ne sais plus où,
J'ai creusé de mes mains dans la campagne un trou,
Au pied d'un arbre, au coin d'un enclos solitaire ;
Et j'ai couché mon ange endormi dans la terre ;
L'enfant qu'on allaita, c'est dur de l'enterrer.
Et le père était là qui se mit à pleurer.
D'autres poésies de Victor HUGO
1er janvier
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Voici pourquoi....
A celle qui est restée en France
I
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A celle qui est voilée
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A ceux qu'on foule aux pieds
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A dona Rosita Rosa
I
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A Granville, en 1836
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Précédentes poésies
N'avez-vous pas vu, drapée en chlamyde
N'avez-vous pas vu, drapée en chlamyde,
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Je retrouve là-bas le taureau qui rumine
Je retrouve là-bas le taureau qui rumine
Dans le pré de Potter, à l'ombre du moulin ;
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Autrefois le soc et l'épée
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Stances chrétiennes
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Sonnets spirituels (IX)
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