Le poème du jour : Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les...
Poésies contenant le mot « blancheur »
Tentation
Je vais partir d'un pas libre et rapide; rien ne me lie à aucune rive, à aucun bonheur, à aucune joie; je suis libre dans le dépouillement complet de moi-même.
Mes pieds nus cherchent un sable doux pour s'y enfoncer; ils ne veulent y laisser de traces que celles qui se perdront dans le vent. Après s'être déchirés sur la route aux cailloux et aux ronces, ils mendient la fugace chaleur du sable avant de s'engloutir dans l'intégral oubli.
Quelque part, une ville...
Le soleil dans un azur qui semble déborder comme d'un vase trop plein.
Des causses qui pleurent de toutes leurs déchirures: pelage de lions déchiquetés dont la carcasse escalade l'infini.
Lent éventail, le silence aère le visage des hommes, celui de ces passants d'un jour à la recherche des mers mortes.
Accourez au secours de ma mort violente
Accourez au secours de ma mort violente,
Amants, nochers experts en la peine où je suis,
Vous qui avez suivi la route que je suis
Et d'amour éprouvé les flots et la...
Au tribunal d'amour, après mon dernier jour
Au tribunal d'amour, après mon dernier jour,
Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,
Il sera exposé, on verra ses blessures,
Pour connaître qui fit un si étrange...
Est-il donc vrai qu'il faut que ma vue enchantée
Est-il donc vrai qu'il faut que ma vue enchantée
Allume dans mon sein l'homicide désir
Qui fait haïr ma vie, et pour elle choisir
L'aisé saccagement de ma force...
A Adolphe Gaïffe
Jeune homme sans mélancolie,
Blond comme un soleil d'Italie,
Garde bien ta belle folie.
C'est la sagesse ! Aimer le vin,
La beauté, le printemps divin,...
Aimons-nous et dormons
Aimons-nous et dormons
Sans songer au reste du monde !
Ni le flot de la mer, ni l'ouragan des monts,
Tant que nous nous aimons
Ne courbera ta tête blonde,
Car...
Ballade pour une amoureuse
Muse au beau front, muse sereine,
Plus de satire, j'y consens.
N'offensons pas avec ma haine
Le calme éther d'où tu descends.
Je chante en ces vers caressants
La ville enchantée
Il est de par le monde une cité bizarre,
Où Plutus en gants blancs, drapé dans son manteau,
Offre une cigarette à son ami Lazare,
Et l'emmène souper dans un parc de...
Leïla
Il semble qu'aux sultans Dieu même
Pour femmes donne ses houris.
Mais, pour moi, la vierge qui m'aime,
La vierge dont je suis épris,
Les sultanes troublent...
Réalisme
Grâces, ô vous que suit des yeux dans la nuit brune
Le pâtre qui vous voit, par les rayons de lune,
Bondir sur le tapis folâtre des gazons,
Dans votre vêtement de...
Sculpteur, cherche avec soin ...
Sculpteur, cherche avec soin, en attendant l'extase,
Un marbre sans défaut pour en faire un beau vase ;
Cherche longtemps sa forme et n'y retrace pas
D'amours...
Vous en qui je salue une nouvelle aurore...
Vous en qui je salue une nouvelle aurore,
Vous tous qui m'aimerez,
Jeunes hommes des temps qui ne sont pas encore,
Ô bataillons sacrés !
Et vous, poëtes,...
Les nénuphars
A la baronne H. de B.
Nénuphars blancs, ô lys des eaux limpides,
Neige montant du fond de leur azur,
Qui, sommeillant sur vos tiges humides,
Avez besoin,...
La beauté
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que...
Ô regards ensouffrés, yeux de lynx homicides
Ô regards ensouffrés, yeux de lynx homicides,
Qui tirez vos amis, leur brûlant âme et coeurs,
Qui êtes de nos jours trop aisément vainqueurs,
Des hautains demi-dieux...
Blancheur
C'est la neige tourbillonnante
Qui voltige dans l'air, mousseline vivante,
La neige qui s'arma, dans l'extase du froid,
D'une beauté trop loin de la vie et traîtresse....
Son épitaphe
Ci-gît qu'on aima comme quatre,
Qui n'eut ni force ni vertu,
Et qui fut soldat sans se battre,
Et poète sans être battu.
Christophe Colomb
Eh ! qui du grand Colomb ne connaît point l'histoire,
Lui dont un nouveau monde éternisa la gloire ?
Illustre favori du maître du trident,
L'heureux Colomb voguait...
Voici des vers mourants et des plaintes de cygne
Voici des vers mourants et des plaintes de cygne
Qui sont de mon trépas et la borne et le signe,
Un cri de Philomèle, un langoureux ennui
Qui prend son origine aux...
La forêt
Chênes au front pensif, grands pins mystérieux,
Vieux troncs penchés au bord des torrents furieux,
Dans votre rêverie éternelle et hautaine,
Songez-vous quelquefois à...
Les accroche-coeurs
Ravivant les langueurs nacrées
De tes yeux battus et vainqueurs,
En mèches de parfum lustrées
Se courbent deux accroche-coeurs.
A voir s'arrondir sur tes...
Les Néréides
J'ai dans ma chambre une aquarelle
Bizarre, et d'un peintre avec qui
Mètre et rime sont en querelle,
- Théophile Kniatowski.
Sur l'écume blanche qui...
A André Chénier
Oui, mon vers croit pouvoir, sans se mésallier,
Prendre à la prose un peu de son air familier.
André, c'est vrai, je ris quelquefois sur la lyre.
Voici pourquoi....
Charles Vacquerie
Il ne sera pas dit que ce jeune homme, ô deuil !
Se sera de ses mains ouvert l'affreux cercueil
Où séjourne l'ombre abhorrée,
Hélas ! et qu'il aura lui-même dans la...
La pauvre fleur disait au papillon céleste
La pauvre fleur disait au papillon céleste :
- Ne fuis pas !
Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t'en vas !
Pourtant nous nous aimons, nous...
La plume de Satan
La plume, seul débris qui restât des deux ailes
De l'archange englouti dans les nuits éternelles,
Était toujours au bord du gouffre ténébreux.
Les morts...
Inquiétudes
D'où vient qu'un penser indiscret
M'entretient toujours en secret
D'un sujet qui m'est si contraire,
Et convaincu de trahison
Ne saurait jamais se distraire...
Cependant le soleil fournissant sa journée
Cependant le soleil fournissant sa journée
Voit son maître à la croix de tourments foisonné,
Ja prêt à rendre l'âme : il blêmit étonné,
Et volontiers sa course eût...
Heureuse fut, Seigneur, cettre troupe choisie
Heureuse fut, Seigneur, cettre troupe choisie
Qui vous vid à ce coup remonter dans les Cieux,
Mais d'un bien plus grand heur est toute ame saisie
Qui des yeux de la...
Le Vieillard et ses Enfants
Toute puissance est faible, à moins que d'être unie.
Ecoutez là-dessus l'esclave de Phrygie.
Si j'ajoute du mien à son invention,
C'est pour peindre nos moeurs, et non...
Langueur nocturne
Ma pensée est sereine et rêve parfumée,
Comme la chambre heureuse où dort ma bien-aimée :
Large fleur au coeur blanc qui parfume la nuit,
La lune sur l'étang du...
En guise d'arc en ciel, le dimanche matin
En guise d'arc en ciel, le dimanche matin,
Neufiesme jour d'octobre apparut une dame :
Son oeil estoit si clair que de sa vive flame,
Il eut pu faire fondre un roc...
Le Palais de la Fortune
(Lettre IX)
[...] Dans une île branlante, et de sable mouvant,
Qui suit le cours des flots, et roule au gré du vent,
Il se voit un Palais, sans règle et sans...
Symphonie
O chevrier ! ce bois est cher aux Piérides.
Point de houx épineux ni de ronces arides ;
A travers l'hyacinthe et le souchet épais
Une source sacrée y germe et coule en...
Si d'Amour vient mon gracieux martyre
Si d'Amour vient mon gracieux martyre,
L'effet d'Amour, las ! quoy ? quelle chose est-ce ?
Si bonne elle est, les siens comment oppresse ?
Pourquoy à mal incessamment...
Mes yeux, ...
Mes yeux, vous m'êtes superflus ;
Cette beauté qui m'est ravie,
Fut seule ma vue et ma vie,
Je ne vois plus, ni ne vis plus.
Qui me croit absent, il a tort,
Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille !
Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille !
Rentrez, je ne suis plus l'heureuse jeune fille
Que vous avez connue en de plus anciens jours.
Je ne suis plus...
Je voudrais bien richement jaunissant
Je voudrais bien richement jaunissant
En pluie d'or goutte à goutte descendre
Dans le beau sein de ma belle Cassandre,
Lors qu'en ses yeux le somme va glissant.
La voilà, pauvre mère, à Paris arrivée...
La voilà, pauvre mère, à Paris arrivée
Avec ses deux enfants, sa fidèle couvée !
Veuve, et chaste, et sévère, et toute au deuil pieux,
Elle les a, seize ans, élevés...
Je rêve de vers doux ...
Je rêve de vers doux et d'intimes ramages,
De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages,
De vers blonds où le sens fluide se délie
Comme sous l'eau la...
Musique sur l'eau
Oh ! Écoute la symphonie ;
Rien n'est doux comme une agonie
Dans la musique indéfinie
Qu'exhale un lointain vaporeux ;
D'une langueur la nuit s'enivre,...
Supplique
Tu seras priée de sourires, de regards et de certains abandons,
et d'offrandes que tu repousses par principe, jeune fille
encore ;
Tu seras implorée de dire...
La paix
Comment je l'imagine ?
Eh bien, je ne sais pas...
Peut-être enfant, très blonde, et tenant dans ses bras
Des branches de glycine ?
Peut-être plus petite...
La vieillesse
Viennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n'ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec...
Les yeux
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus...
Les vieux chênes
L'hiver, les chênes lourds et vieux, les chênes tors,
Geignant sous la tempête et projetant leurs branches
Comme de grands bras qui veulent fuir leur corps,
Mais que...
Proche de la saison où les plus vives fleurs
Élégie
Proche de la saison où les plus vives fleurs
Laissent évanouir leur âme et leurs couleurs,
Un amant désolé, mélancolique et sombre,
Jaloux de son...
Doucette voix qui confortes mon âme
Doucette voix qui confortes mon âme,
Oeil gracieux qui réjouis le mien,
Front de relief où gît mon entretien,
Sucré baiser que du coeur je réclame,
Esprit...

