... La blondeur obsédante et fauve de l'été
Élimant le satin défraîchi des corolles,
Le livre ouvre sa page et la fleur sa corolle.
Du livre et de la fleur le vent prend la parole,
A l'heure du réveil des sèves
L'Amour, d'un geste las,
Sème les rimes et les rêves
Parmi les lis et les lilas.
Ce n'est pas vers l'azur que mon esprit s'envole :
Je pense à toi, plateau hanté des chevriers.
Aux branches que l'air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Sonnet
Il y a des moments où les femmes sont fleurs ;
On n'a pas de respect pour ces fraîches corolles...
La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S'endort fumeuse, et la grenouille crie
Sous la lune bleue aux caresses molles,
Par le clair obscur des bois épineux,
Le Printemps s'avance aux sons lumineux
Cette rose qui meurt dans un vase d'argile
Attriste mon regard,
Elle paraît souffrir et son fardeau fragile
Sera bientôt épars.
Les nostalgiques citronniers aux feuilles blêmes
S'étiolent et leurs parfums, avec ennui,