Le poème du jour : C'est grand peine que de vivre
C'est grand peine que de vivre,
Et si ne veut-on mourir.
Qui n'est de tous maux délivre,
C'est grand peine que de vivre.
Raison à la Mort nous livre,...
Poésies contenant le mot « courir »
René Chopin
Tu portes ton coeur en exil comme l'autre René présentait le sien en écharpe.
Une liqueur pourprée s'en épanche qui fait songer aux après-midi de fin d'automne, au feuillage blessé, à ce soleil dont tu es le chantre appuyé, éloquent... Possédé du même rêve qu'Apollon en marche vers les royautés de l'azur.
Guy Delahaye
Comme UNE EAU PURE destinée à des fruits choisis et rares, je t'ai gardé pour la fin.
C'est l'heure du souvenir, car nous avons vécu. Le sable gris du temps est descendu sur nos tempes, et dans nos âmes les cicatrices soudent des plaies qui furent béantes. Destin des hommes et des choses, tel est désormais le thème de nos rêveries. Nous écoutons frémir le vent du soir. Déjà, la terre a perdu son ineffable chanson.
Avec toi...
Avec toi, je ferais volontiers le tour de la terre.
J'oublierais les fins dernières, le ciel et tant de choses.
Je dirais adieu à ce monde que j'ai trop aimé.
Je partirais pour ne jamais revenir, et ceux que j'ai autrefois connus et chéris, je ne les reverrais plus.
Je cacherais dans des pays pour moi inconnus ma figure qui n'est plus jeune et ses rides, filles de l'expérience.
Vive la Canadienne...
Elle tend son front d'ambre ou de lys vers le ciel.
Elle prie:
Et c'est son coeur qui de sa bouche s'envole.
A Saint-Malo...
À Saint-Malo, beau port de mer... Une mer qui conduit vers un autre monde, une mer qui ignora longtemps le rêve des conquistadors, leur vol d'or vers un Eldorado, riche de pierreries, de minerais, d'érables au suc enivrant.
Un jour, Cartier s'y embarqua, sûr de découvrir un univers inconnu, Cartier et tous ceux qui vinrent créer, là-bas, une France nouvelle.
V'là l'bon vent
V'là l'bon vent, et caressant aussi.
Ma mie m'appelle, mais irai-je? Non, je resterai là, sur le bord de la route; je rêverai que je suis près d'elle et que je vais ouvrir les bras pour qu'elle s'y réfugie.
Do do l'enfant do
Do do l'enfant do
L'enfant dormira tantôt
Une poule blanche
Est là dans la grange
Qui va faire un petit coco
Pour l'enfant qui va fair' dodo
Do do...
Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
À ma beauté cruelle, et baisant par trois fois
Mon poignard nu, je l'offre aux mains de ma déesse,
Et lâchant mes...
Les théatres d'enfants
Bonsoir, chère Évohé. Comment vous portez-vous ?
Vous arrivez bien tard ! Comme vos yeux sont doux
Ce soir ! deux lacs du ciel ! et la robe est divine.
Quel écrin !...
Premier soleil
Italie, Italie, ô terre où toutes choses
Frissonnent de soleil, hormis tes méchants vins !
Paradis où l'on trouve avec des lauriers-roses
Des sorbets à la neige et des...
Remords posthume
Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une...
Le fleuve
Depuis l'âge orageux des aurores premières
Où tout un ciel pleuvait sur un monde naissant,
Suivi d'un infini cortège de rivières,
Au large, à plein chenal, en...
Ma lointaine aïeule
Par un temps de demoiselle,
Sur la frêle caravelle,
Mon aïeule maternelle,
Pour l'autre côté de l'Eau,
Prit la mer à Saint-Malo.
Son chapelet dans...
A M. l'abbé Le Vayer
D'où vient, cher Le Vayer, que l'homme le moins sage
Croit toujours seul avoir la sagesse en partage,
Et qu'il n'est point de fou, qui, par belles raisons,
Ne loge son...
Air
Voici les lieux charmants où mon âme ravie
Passait à contempler Silvie
Les tranquilles moments si doucement perdus.
Que je l'aimais alors ! Que je la trouvais belle...
Le berger respectueux
Chantons les amours de Lubin,
Nuit et jour il soupire en vain :
Hélas ! sans espérance.
Lise, pourtant, l'aime en secret ;
Mais il l'ignore, et n'oserait
L'incendie du bazar
J'habite la montagne et j'aime à la vallée.
LE VICOMTE D'ARLINCOURT.
Ô toi, dont j'avais fait l'emplette
Pour danse au bois neige-noisette !
L'as-tu...
Ceste nuict ne nous est point nuict
Ceste nuict ne nous est point nuict,
Elle nous est une journee :
La nuict n'est encor retournee,
Ton oeil au lieu du soleil luit.
Diane qui les ombres suit...
A Fanny malade
Quelquefois un souffle rapide
Obscurcit un moment sous sa vapeur humide
L'or, qui reprend soudain sa brillante couleur :
Ainsi du Sirius, ô jeune bien-aimée,
Un...
Ritournelle
Dans la plaine blonde et sous les allées,
Pour mieux faire accueil au doux messidor,
Nous irons chasser les choses ailées,
Moi, la strophe, et toi, les papillons...
Cantique de la Vierge
L'âme de moi, sous cette chair enclose,
En nul vivant ores plus ne se fie :
Car elle estime, honore et magnifie
Le Seigneur Dieu par-dessus toute chose.
Et...
Dernière entrevue
Attends, nous allons dire adieu :
Ce mot seul désarmera Dieu.
Les voilà ces feuilles brûlantes
Qu'échangèrent nos mains tremblantes,
Où l'amour...
La fidèle
Si j'étais la plus belle
Comme la plus fidèle,
Je le serais pour toi !
Si j'étais souveraine,
Le roi de cette reine,
Tu le serais par moi !
S'il te...
Le grillon
Triste à ma cellule,
Quand la nuit s'abat,
Je n'ai de pendule
Que mon coeur qui bat ;
Si l'ombre changeante
Noircit mon séjour,
Quelque atome chante,
Le premier amour
Vous souvient-il de cette jeune amie,
Au regard tendre, au maintien sage et doux ?
À peine, hélas ! Au printemps de sa vie,
Son coeur sentit qu'il était fait pour...
Quand j'approche de vous, et que je prends l'audace
Quand j'approche de vous, et que je prends l'audace
De regarder vos yeux, rois de ma liberté,
Une ardeur me saisit, je suis tout agité,
Et mille feux ardents en mon...
Scève, je me trouvai comme le fils dAnchise
Scève, je me trouvai comme le fils d'Anchise
Entrant dans l'Élysée et sortant des enfers,
Quand après tant de monts de neige tous couverts
Je vis ce beau Lyon, Lyon...
Veux-tu savoir, Duthier, quelle chose c'est Rome
Veux-tu savoir, Duthier, quelle chose c'est Rome ?
Rome est de tout le monde un publique échafaud,
Une scène, un théâtre, auquel rien ne défaut
De ce qui peut tomber...
Le coureur
Tel que Delphes l'a vu quand, Thymos le suivant,
Il volait par le stade aux clameurs de la foule,
Tel Ladas court encor sur le socle qu'il foule
D'un pied de bronze,...
Médaille
Seigneur de Rimini, Vicaire et Podestà.
Son profil d'épervier vit, s'accuse ou recule
A la lueur d'airain d'un fauve crépuscule,
Dans l'orbe où Matteo de' Pastis...
Derniers propos d'un jeune homme
[...] Sus, sus, il faut partir, il faut trousser bagage,
J'entends les grands hérauts de la divinité
Qui me viennent sommer au céleste voyage,
Seigneur, loge mon âme...
Après l'hiver
N'attendez pas de moi que je vais vous donner
Des raisons contre Dieu que je vois rayonner ;
La nuit meurt, l'hiver fuit ; maintenant la lumière,
Dans les champs,...
L'expiation
Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l'empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui...
La Foi
O néant ! ô seul Dieu que je puisse comprendre !
Silencieux abîme où je vais redescendre,
Pourquoi laissas-tu l'homme échapper de ta main ?
De quel sommeil profond je...
Le passé
A M. A. de V***.
Arrêtons-nous sur la colline
A l'heure où, partageant les jours,
L'astre du matin qui décline
Semble précipiter son cours!
En avançant...
Un nom
Il est un nom caché dans l'ombre de mon âme,
Que j'y lis nuit et jour et qu'aucun oeil n'y voit,
Comme un anneau perdu que la main d'une femme
Dans l'abîme des mers...
A un grand arbre
L'esprit calme des dieux habite dans les plantes.
Heureux est le grand arbre aux feuillages épais ;
Dans son corps large et sain la sève coule en paix,
Mais le sang...
Poésies I
Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes.
Les premiers principes doivent être hors de discussion.
J'accepte Euripide et Sophocle ; mais je...
Claire en beauté plus que la claire Aurore
Claire en beauté plus que la claire Aurore
Claire en blancheur plus que marbre de Pare,
Ou que le laict, qui sur le Jong se pare.
Claire en odeur du Bame qui...
L'agonie d'un saint
Les moines, à pas lents, derrière le Prieur
Qui portait le ciboire et les huiles mystiques,
Rentrèrent, deux à deux, au cloître intérieur,
Troupeau d'ombres, le long...
Le colibri
Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d'herbes fines,
Comme un frais rayon s'échappe dans l'air.
Une négresse
Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leur robe trouée
Cette goinfre s'apprête à de rusés...
Le Solitaire
(Extrait)
... Ô plaisirs passagers de notre vanité !
Êtes-vous donc suivis de quelque éternité ?
Éternité de bien, éternité de peine,
Lorsque je pense à...
A madame de Ferrare
Me souvenant de tes bontez divines
Suis en douleur, princesse, à ton absence ;
Et si languy quant suis en ta presence,
Voyant ce lys au milieu des espines.
La plus-part de mes Partisans
La plus-part de mes Partisans
Disent que ma paresse est grande,
Et que je laisse en mes vieux ans
Seicher les fleurs de ma guirlande.
Je me tais et...
Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille !
Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille !
Rentrez, je ne suis plus l'heureuse jeune fille
Que vous avez connue en de plus anciens jours.
Je ne suis plus...
Nativité
D'aucuns ont un pleur charitable
Pour Jésus né dans une étable.
Je sais un sort plus lamentable
Je sais un enfant ramassé,
Un jour de décembre glacé,
Nu...
Les rayons jaunes
Les dimanches d'été, le soir, vers les six heures,
Quand le peuple empressé déserte ses demeures
Et va s'ébattre aux champs,
Ma persienne fermée, assis à ma fenêtre,...
Satire, contre une dame
Sèche pièce de bois, triste ordonnance d'os,
Ventre maigre et fleuri, vieux râtelier du dos,
Portrait vif de la mort, portrait mort de la vie,
Fantôme qui paraît sous...
La beauté
Splendeur excessive, implacable,
Ô beauté, que tu me fais mal !
Ton essence incommunicable,
Au lieu de m'assouvir, m'accable :
On n'absorbe pas l'idéal.
La pensée
Un soir, vaincu par le labeur
Où s'obstine le front de l'homme,
Je m'assoupis, et dans mon somme
M'apparut un bouton de fleur.
C'était cette fleur qu'on...
Quand par le dur hiver...
Sonnet
Quand par le dur hiver tristement ramenée
La neige aux longs flocons tombe, et blanchit le toit,
Laissez geindre du temps la face enchifrenée.
Par...
Élégie à une Dame
Si votre doux accueil n'eût consolé ma peine,
Mon âme languissait, je n'avais plus de veine,
Ma fureur était morte, et mes esprits couverts
D'une tristesse sombre...
Quelque si doux espoir où ma raison s'appuie
Sonnet
Quelque si doux espoir où ma raison s'appuie,
Un mal si découvert ne se saurait cacher ;
J'emporte malheureux, quelque part où je fuie,
Un trait...
L'esprit pur
A Éva
I
Si l'Orgueil prend ton coeur quand le Peuple me nomme,
Que de mes livres seuls te vienne ta fierté.
J'ai mis sur le cimier doré du Gentilhomme...
Zaïra
" Ô perle du désert ! dis-moi :
Si le giaour infidèle
Ne s'en revenait plus vers toi ?
- Je te comprends bien, lui dit-elle :
" Mais je m'appelle Zaïra.

