Le poème du jour : C'est grand peine que de vivre
C'est grand peine que de vivre,
Et si ne veut-on mourir.
Qui n'est de tous maux délivre,
C'est grand peine que de vivre.
Raison à la Mort nous livre,...
Poésies contenant le mot « gai »
Sur le pont d'Avignon
Sur le pont d'Avignon tout le monde y passe:
Choses, bêtes et gens.
Beaux et Belles, bras dessus, bras dessous.
Ah! je vous reconnais, Suzanne folle et fantastique, et vous Élise aux cheveux blonds, Henriette, déjà menée par le grand amour,
A la claire fontaine...
Sur la plus haute branche le rossignol chantait... L'eau claire prit mon corps blessé d'amour, le roula, l'oignit de ses caresses.
Sur la plus haute branche, le rossignol chantait. Ce fut là l'incident de ma promenade.
L'amour à Paris
Fille du grand Daumier ou du sublime Cham,
Toi qui portes du reps et du madapolam,
O Muse de Paris ! toi par qui l'on admire
Les peignoirs érudits qui naissent chez...
La belle Véronique
Ce fut un beau souper, ruisselant de surprises.
Les rôtis, cuits à point, n'arrivèrent pas froids ;
Par ce beau soir d'hiver, on avait des cerises
Et du johannisberg,...
Leïla
Il semble qu'aux sultans Dieu même
Pour femmes donne ses houris.
Mais, pour moi, la vierge qui m'aime,
La vierge dont je suis épris,
Les sultanes troublent...
La cuve
Il est, il est sur terre une infernale cuve,
On la nomme Paris ; c'est une large étuve,
Une fosse de pierre aux immenses contours
Qu'une eau jaune et terreuse...
Les plaintes d'un Icare
Les amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus ;
Quant à moi, mes bras sont rompus
Pour avoir étreint des nuées.
C'est grâce aux astres...
Romance de Chérubin
AIR : Malbrough s'en va-t-en guerre
PREMIER COUPLET
Mon coursier hors d'haleine,
(Que mon coeur, mon coeur a de peine !)
J'errais de plaine en plaine,...
Je vis sourdre d'un roc une vive fontaine
Je vis sourdre d'un roc une vive fontaine,
Claire comme cristal aux rayons du soleil,
Et jaunissant au fond d'un sablon tout pareil
A celui que Pactol roule parmi la...
Holocauste
Puisque vous ne sauriez vous lasser, ô mes yeux,
D'admirer la splendeur de sa beauté charnelle,
Subissez à jamais son charme impérieux
Et soyez obsédés des feux de sa...
Bûchers et tombeaux
Le squelette était invisible,
Au temps heureux de l'Art païen ;
L'homme, sous la forme sensible,
Content du beau, ne cherchait rien.
Pas de cadavre sous...
Ô jour heureux, heure, temps, et moment
Ô jour heureux, heure, temps, et moment,
Auquel ma dame a d'une foi jurée
Promis secours à mon âme enferrée
Dans la prison de l'amoureux tourment !
Moi...
Vous implorez en vain, pauvre troupe insensée
Vous implorez en vain, pauvre troupe insensée,
Un injuste secours, par un injuste effort
La pitié qui previent le moment de la mort,
Quant c'est pour un amant, elle...
A ceux qu'on foule aux pieds
(extrait)
...Ce n'est pas le canon du noir vendémiaire,
Ni les boulets de juin, ni les bombes de mai,
Qui font la haine éteinte et l'ulcère fermé.
Moi,...
A des âmes envolées
Ces âmes que tu rappelles,
Mon coeur, ne reviennent pas.
Pourquoi donc s'obstinent-elles,
Hélas ! à rester là-bas ?
Dans les sphères éclatantes,
Dans...
A Mlle Fanny de P.
Ô vous que votre âge défend,
Riez ! tout vous caresse encore.
Jouez ! chantez ! soyez l'enfant !
Soyez la fleur ; soyez l'aurore !
Quant au destin, n'y...
L'aube est moins claire...
L'aube est moins claire, l'air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l'azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.
Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées
Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées.
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis...
Le Singe et le Dauphin
C'était chez les Grecs un usage
Que sur la mer tous voyageurs
Menaient avec eux en voyage
Singes et Chiens de Bateleurs.
Un Navire en cet équipage
Non loin...
Carte de la Cour
(Lettre IV)
[...] L'Artifice à l'entrée avecque l'Imposture
Loge dans un château d'étrange architecture.
Là, de la cime au fondement,
Tout porte à faux,...
Derniers vers
L'heure de ma mort, depuis dix-huit mois,
De tous les côtés sonne à mes oreilles,
Depuis dix-huit mois d'ennuis et de veilles,
Partout je la sens, partout je la...
L'andalouse
Avez-vous vu, dans Barcelone,
Une Andalouse au sein bruni ?
Pâle comme un beau soir d'automne !
C'est ma maîtresse, ma lionne!
La marquesa d'Amaëgui !
Lucie
Élégie
Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré ;
La pâleur m'en est douce et chère,
Et son...
Par un mauvais temps
Elle a mis, depuis que je l'aime
(Bien longtemps, peut-être toujours),
Bien des robes, jamais la même ;
Palmire a dû compter les jours.
Mais, quand vous...
Rondeau : Dans dix ans d'ici seulement
Dans dix ans d'ici seulement,
Vous serez un peu moins cruelle.
C'est long, à parler franchement.
L'amour viendra probablement
Donner à l'horloge un coup...
Sonnet à la même (Madame M. N.) (I)
Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage
Jette au hasard un cri dans un chemin perdu,
Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage,
Le rossignol...
Myrtho
Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,
À ton front inondé des clartés de l'Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec...
Voix intérieure
Mon ami, quels ennuis vous donnent de l'humeur ?
Le vivre vous chagrine et le mourir vous fâche.
Pourtant, vous n'aurez point au monde d'autre tâche
Que d'être objet...
Qui d'un poëte entend suivre la trace
Qui d'un poëte entend suivre la trace
En traduisant, et proprement rimer,
Ainsi qu'il faut la diction limer,
Et du françois garder la bonne grace,
Par un...
Le bouc aux enfants
Sous bois, dans le pré vert dont il a brouté l'herbe,
Un grand bouc est couché, pacifique et superbe.
De ses cornes en pointe, aux noeuds superposés,
La base est...
Entends comme brame
Entends comme brame
près des acacias
en avril la rame
viride du pois !
Dans sa vapeur nette,
vers Phoebé ! tu vois
s'agiter la tête
de saints...
La pluie
Enfin la haute Providence
Qui gouverne à son gré le temps,
Travaillant à notre abondance
Rendra les laboureurs contents :
Sus ! que tout le monde s'enfuie,
La voilà, pauvre mère, à Paris arrivée...
La voilà, pauvre mère, à Paris arrivée
Avec ses deux enfants, sa fidèle couvée !
Veuve, et chaste, et sévère, et toute au deuil pieux,
Elle les a, seize ans, élevés...
Sur Paris
Un amas confus de maisons
Des crottes dans toutes les rues
Ponts, églises, palais, prisons
Boutiques bien ou mal pourvues
Force gens noirs, blancs, roux,...
Des yeux auxquels ainsi, qu'en un Trophée
Des yeux auxquels ainsi, qu'en un Trophée
L'arc, et les traits d'Amour sont amassés :
Des cheveux d'or, crêpés, et enlacés
D'une coiffure en fin or étoffée
Un silence se fit dans le déclin du jour
Un silence se fit dans le déclin du jour.
Une plainte expira, puis un soupir d'amour.
Puis une pomme chut, une autre encore, et d'autres,
Dans l'herbe haute et...
La pucelle
Quand déjà pétillait et flambait le bûcher,
Jeanne qu'assourdissait le chant brutal des prêtres,
Sous tous ces yeux dardés de toutes les fenêtres
Sentit frémir sa chair...

