Oh ces larges beaux jours dont les matins flamboient !
La terre ardente et fière est plus superbe encor
J'en ai le deuil, et vous la joie,
J'en ai la guerre, et vous la paix,
J'en cours, et vous allez en paix,
Prudhomme, René-François SULLY
On connaît toujours trop les causes de sa peine,
Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;
Ô la splendeur de notre joie
Tissée en or dans l'air de soie !
Voici la maison douce et son pignon léger,
Je sais que ma joie est prochaine,
Que bientôt je vous dois revoir,
Mais que l'impatience est une étrange peine !
Que ton souffle renaisse, Eté des vieilles joies,
Et ramène l'espoir et son divin cortège,
Saison fidèle aux coeurs qu'importune la joie,
Te voilà, chère Automne, encore de retour.
J'ai cru à tout jamais notre joie engourdie
Comme un soleil fané avant qu'il ne fût nuit,
Ô vous, comme un qui boite au loin, Chagrins et Joies,
Toi, coeur saignant d'hier qui flambes aujourd'hui,
Le soleil, dans les monts où sa clarté s'étale,
Ajuste à son arc d'or sa flèche horizontale ;