(extrait)
... Ne crains plus d'exister ! L'avenir, c'est l'enfance !
Le plus vieux souvenir, la plus jeune espérance,
Beaux yeux, sorciers et doux, mes uniques flambeaux,
Flambeaux, ah ! qu'ai-je dit ? c'est trop peu, mais vous êtes
J'ai longtemps voyagé, courant toujours fortune
Sur une mer de pleurs, à l'abandon des flots
Et puis je vis l'arbre dodonien
Sur sept coteaux épandre son ombrage,
Et les vainqueurs ornés de son feuillage
Ne pas se rappeler en suivant ce chemin...
Ne pas se rappeler... Je te donnais la main.
Nos pas étaient semblables,
Ces yeux ces yeux, doux larrons de mon ame,
M'ont eblouy de leur belle splendeur,
Astres fataux qui de malheur ou d'heur
Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
A Madame N.
Je voudrais, en groupant des souvenirs divers,
Imiter le concert de vos grâces mystiques.
Petit nombril, que mon penser adore,
Et non mon oeil qui n'eut onques le bien
De te voir nu, et qui mérites bien
Ô, entre tes beautez, que ta constance est belle !
C'est ce coeur asseuré, ce courage constant,