Le poème du jour : C'est grand peine que de vivre
C'est grand peine que de vivre,
Et si ne veut-on mourir.
Qui n'est de tous maux délivre,
C'est grand peine que de vivre.
Raison à la Mort nous livre,...
Poésies contenant le mot « languir »
Bien, je l'ay dit, je le confesse
Bien, je l'ay dit, je le confesse,
Que nul ne te pourroit aimer
Autant que je t'aime, Maistresse,
Sçachant mieux qu'autre t'estimer :
Car d'autant que je cognoy...
Ô doux plaisir plein de doux pensement
Ô doux plaisir plein de doux pensement,
Quand la douceur de la douce meslée,
Etreint et joint, l'ame en l'ame mellée,
Le corps au corps accouplé doucement.
La Maîtresse rousse
Je pris pour maître, un jour, une rude Maîtresse,
Plus fauve qu'un jaguar, plus rousse qu'un lion !
Je l'aimais ardemment, - âprement, - sans tendresse,
Avec...
La muse vénale
Ô muse de mon coeur, amante des palais,
Auras-tu, quand Janvier lâchera ses Borées,
Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées,
Un tison pour chauffer tes deux pieds...
Amour en même instant m'aiguillonne et m'arrête
Amour en même instant m'aiguillonne et m'arrête,
M'assure et me fait peur, m'ard et me va glaçant,
Me pourchasse et me fuit, me rend faible et puissant,
Me fait...
D'une fontaine
Cette fontaine est froide, et son eau doux-coulante,
A la couleur d'argent, semble parler d'Amour ;
Un herbage mollet reverdit tout autour,
Et les aunes font ombre à...
Un peu devant que l'aube amenât la journée
Un peu devant que l'aube amenât la journée,
Naguère je songeais dans un lit en dormant
Qu'un vilain me suivait, mais courant vitement
Que j'avais devant lui bonne...
Sur la conversion de saint Paul
Grâce, qui du grand Paul domptes l'esprit rebelle,
Que ce coup est fameux ! que ce triomphe est beau !
Et lui, d'un loup cruel, tu fais un doux agneau,
Et d'un fier...
A un sot rimeur, qui trop l'importunait d'aimer
Tu te plains que plus ne rimasse,
Bien qu'un temps fut que plus aimasse
À étendre vers rimassés,
Que d'avoir biens sans rime assez :
Mais je vois que qui trop...
La nuit était pour moi si très-obscure
La nuit était pour moi si très-obscure
Que Terre et Ciel elle m'obscurcissait,
Tant qu'à Midi de discerner figure
N'avais pouvoir - qui fort me marrissait :
Augmentez mes tourments, faites languir mon âme
Augmentez mes tourments, faites languir mon âme,
Joignez votre mépris aux rigueurs de mon sort,
Au lieu de votre objet faites-moi voir la mort,
Et trempez de poison...
Le sommeil du condor
Par-delà l'escalier des roides Cordillières,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant...
Quoi donc, ma lâcheté..
Quoi donc, ma lâcheté sera si criminelle ?
Et les voeux que j'ai faits pourront si peu sur moi,
Que je quitte Madame, et démente la foi
Dont je lui promettais une amour...
Languir me fais sans t'avoir offensée
Languir me fais sans t'avoir offensée :
Plus ne m'écris, plus de moi ne t'enquiers.
Mais nonobstant autre Dame ne quiers :
Plutôt mourir que changer ma pensée.
Un grand voile obscurci parmi l'air s'étendait
Un grand voile obscurci parmi l'air s'étendait,
Qui rouant dans son sein une humeur détenue,
Semait deçà delà une grêle menue
Qui martelait la terre et tombant se...
Je meurs de soif en couste la fontaine
Je meurs de soif en couste la fontaine ;
Tremblant de froit ou feu des amoureux ;
Aveugle suis, et si les autres maine ;
Povre de sens, entre saichans l'un d'eulx...
L'aurai-je exprimé, avant de m'en aller
L'aurai-je exprimé, avant de m'en aller,
ce coeur qui, tourmenté, consent à être ?
Étonnement sans fin, qui fus mon maître,
jusqu'à la fin t'aurai-je imité ?
Sonnet sur des mots qui n'ont point de rime
Phylis, je ne suis plus des rimeurs de ce siècle
Qui font pour un sonnet dix jours de cul de plomb
Et qui sont obligés d'en venir aux noms propres
Quand il leur faut...
L'action
Lassé des mots, lassé des livres,
Qui tiédissent la volonté,
Je cherche, au fond de ma fierté,
L'acte qui sauve et qui délivre.
La vie, elle est là-bas,...
Les corneilles
Le plumage lustré de satins et de moires,
Les corneilles, oiseaux placides et dolents,
Parmi les champs d'hiver, que la neige a fait blancs,
Apparaissent ainsi que...
Vous êtes jeune et belle...
Sonnet
Vous êtes jeune et belle, et vos lèvres rieuses
N'ont que charmants souris tout fraîchement éclos ;
Le temps sonne pour vous ses heures folles, joyeuses...
Je ne suis plus celui qui respirait la vie
Je ne suis plus celui qui respirait la vie
De vos yeux, mon soleil, je ne suis qu'un vain corps.
Amour qui m'a frappé de ses traits les plus forts
Pour triompher de...
Cloris, lorsque je songe, en te voyant si belle
Elégie
Cloris, lorsque je songe, en te voyant si belle,
Que ta vie est sujette à la loi naturelle,
Et qu'à la fin les traits d'un visage si beau
Avec tout...

