Le poème du jour : Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les...
Poésies contenant le mot « parce »
Ivresse
Elle me tient penché sur les gouffres. Mais je chasse ses invitations au suicide. En ma tristesse persiste encore le goût de la vie. Sous une couronne de pensées désespérantes, la volonté sait encore me lier à la conscience, me jeter à la contemplation de moi-même. Je vis!
Au poète
Repose. Que le rêve divin hante ton cerveau sous la nuit de l'éternité. Pourquoi, d'ailleurs, fatiguerais-tu à nouveau l'espace de ta plainte, de ce murmure qui souleva ta poitrine où mourait, en se tordant, ton inexprimable douleur?
L'homme dans le champ de carnage
À la mémoire d'Adolphe Olivier
Ce champ, c'est nous-mêmes!
Théâtre en chair et en os; réalité soumise à la joie, à l'enthousiasme et à la dépression; substance qu'habitent à la fois le plaisir, la douleur, la vérité et le mensonge; oeuvre vivante qui n'est jamais terminée et se poursuit sous l'inspiration de génies contraires. Tout cela, véracités de l'esprit, possibilités du coeur, et ce que peuvent engendrer - au sens de l'éternel - des vitalités méconnues ou méprisées; tout cela se lève, produit un reflux d'émois et de concepts qui s'affaissent, aussitôt dressés dans la lumière.
Mademoiselle Italie
Elle se tient droite et figée, près de l'orgue de Barbarie, et elle a l'air de reposer, tant ses beaux yeux bruns sont calmes, fixes et, on dirait, endormis, quoique ouverts. Sur ce chemin déclive de la rue Saint-Laurent, elle paraît semblable à une madone effleurée de rêves malsains, triste et lasse des chemins sillonnés par ses pas.
Lasse et, cependant, reposée de la nuit, le matin la saisit sur ses duperies orange, l'enveloppe des sortilèges naturels: buée matinale, capricieuses arabesques du soleil et train-train des gens affairés, courant à la fortune ou aux plaisirs.
Quelque part, une ville...
Le soleil dans un azur qui semble déborder comme d'un vase trop plein.
Des causses qui pleurent de toutes leurs déchirures: pelage de lions déchiquetés dont la carcasse escalade l'infini.
Lent éventail, le silence aère le visage des hommes, celui de ces passants d'un jour à la recherche des mers mortes.
La mouette
Aux coups de feu la mouette
N'a pas changé de chemin,
Et sa brune silhouette
Sur le ciel rose et carmin
Se découpe nette.
Par le seul appui du vent
Maison abandonnée
Audacieusement sise à cette hauteur,
Cette maison proprette et d'une vigne ornée
Est au milieu d'un tel déploiement de splendeur
Que l'on devrait, il semble, y...
Épitaphe de Jean Valjean
Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange,
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange ;
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait...
N'envions rien
O femme, pensée aimante
Et coeur souffrant,
Vous trouvez la fleur charmante
Et l'oiseau grand ;
Vous enviez la pelouse
Aux fleurs de miel ;
Vous...
L'Homme qui court après la Fortune et l'Homme qui l'attend
Qui ne court après la Fortune ?
Je voudrais être en lieu d'où je pusse aisément
Contempler la foule importune
De ceux qui cherchent vainement
Cette fille du sort...
Le Loup, la Mère et l'Enfant
La Bique allant remplir sa traînante mamelle
Et paître l'herbe nouvelle,
Ferma sa porte au loquet,
Non sans dire à son Biquet :
Gardez-vous sur votre vie
L'andalouse
Avez-vous vu, dans Barcelone,
Une Andalouse au sein bruni ?
Pâle comme un beau soir d'automne !
C'est ma maîtresse, ma lionne!
La marquesa d'Amaëgui !
Sonnet à la même (Madame M. N.) (I)
Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage
Jette au hasard un cri dans un chemin perdu,
Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage,
Le rossignol...
Les assis
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons...
L'immobile beauté
L'immobile beauté
Des soirs d'été,
Sur les gazons où ils s'éploient,
Nous offre le symbole
Sans geste vain, ni sans parole,
Du repos dans la joie.
La plaine (I)
Je veux mener tes yeux en lent pèlerinage
Vers ces loins de souffrance, hélas ! où depuis quand,
Depuis quels jours d'antan, mon coeur fait hivernage !
C'est...

