Le poème du jour : Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les...
Poésies contenant le mot « pauvre »
Ivresse
Elle me tient penché sur les gouffres. Mais je chasse ses invitations au suicide. En ma tristesse persiste encore le goût de la vie. Sous une couronne de pensées désespérantes, la volonté sait encore me lier à la conscience, me jeter à la contemplation de moi-même. Je vis!
Au poète
Repose. Que le rêve divin hante ton cerveau sous la nuit de l'éternité. Pourquoi, d'ailleurs, fatiguerais-tu à nouveau l'espace de ta plainte, de ce murmure qui souleva ta poitrine où mourait, en se tordant, ton inexprimable douleur?
L'aurore sur le lac
C'est l'aurore. Silence! Un grand silence à peine violé par un murmure d'herbe, de feuillages, ou l'aboiement d'un chien.
Les monts simulent des géants qui étreignent de leurs bras la surface des flots où le soleil, qui annonce le réveil de la terre, darde ses couteaux d'or.
La douleur de la ville qui monte au firmament
Cinéma
Le jour, selon son habitude séculaire, ramène ses tuniques éclatantes qu'il a laissé flotter sur la ville et se retire pour les offices de la nuit.
Jeanne Nouguier
La montagne semble dormir roulée dans le soleil. Vos yeux errent sur ce paysage familier. Il est aussi essentiel à votre âme que la rose au jardin se balançant sur sa tige. Ce paysage est à vous; nul autre ne le peut remplacer. Il a son histoire, ses bouquets d'ombre et de silence, sa griserie et sa plainte éternelle.
L'amour et la mort
(A M. Louis de Ronchaud)
I
Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Un pou une puce
Un pou une puce
Sur un tabouret
Qui se disputent
En jouant au piquet
La puce en colère
Lui tira les cheveux
Et lui dit : Mon vieux
Tu n'es...
Une petite souris passait par là
Une petite souris passait par là
Et sa queue traînait par ci
Celui-là l'attrape
Celui-là la plume
Celui-là la fait cuire
Celui-là mange tout
Le...
La feuille
De ta tige détachée,
Pauvre feuille desséchée,
Où vas-tu ? - Je n'en sais rien.
L'orage a brisé le chêne
Qui seul était mon soutien.
De son inconstante...
A Alfred de Musset
Hélas ! qui t'a si jeune enseigné ces mystères
Et toutes ces douleurs du pauvre c?ur humain ?
Quel génie au milieu des sentiers solitaires,
Au sortir du berceau t'a...
Mille baisers perdus, mille et mille faveurs
Mille baisers perdus, mille et mille faveurs,
Sont autant de bourreaux de ma triste pensée,
Rien ne la rend malade et ne l'a offensée
Que le sucre, le ris, le miel et...
Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
À ma beauté cruelle, et baisant par trois fois
Mon poignard nu, je l'offre aux mains de ma déesse,
Et lâchant mes...
Un jour, quand de lyver l'ennuieuse froidure
Un jour, quand de l'yver l'ennuieuse froidure
S'atiedist, faisant place au printems gracieux,
Lorsque tout rit aux champs, et que les prez joyeux
Peingnent de belles...
Reprise de La Dame
Mourir de la poitrine
Quand j'ai ces bras de lys,
La lèvre purpurine,
Les cheveux de maïs
Et cette gorge rose,
Ah ! la vilaine chose !
Quel poëte...
Villanelle des pauvres housseurs
Un tout petit pamphlétaire
Voudrait se tenir debout
Sur le fauteuil de Voltaire.
Je vois sous ce mousquetaire,
Dont le manteau se découd,
Un tout petit...
L'échanson
A Clary.
Tu ne sais pas, Clary, quand, heureuse, ravie,
Tu me tends ton épaule et ton front tour à tour,
Que dans la double coupe où je puise la vie
Il est...
La Maîtresse rousse
Je pris pour maître, un jour, une rude Maîtresse,
Plus fauve qu'un jaguar, plus rousse qu'un lion !
Je l'aimais ardemment, - âprement, - sans tendresse,
Avec...
Oh ! les yeux adorés...
A Clara.
Oh ! les yeux adorés ne sont pas ceux qui virent
Qu'on les aimait, - alors qu'on en mourait tout bas !
Les rêves les plus doux ne sont pas ceux que...
Incompatibilité
Tout là-haut, tout là-haut, loin de la route sûre,
Des fermes, des vallons, par delà les coteaux,
Par delà les forêts, les tapis de verdure,
Loin des derniers gazons...
L'irréparable
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s'agite et se tortille,
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille ?
La lune offensée
Ô Lune qu'adoraient discrètement nos pères,
Du haut des pays bleus où, radieux sérail,
Les astres vont se suivre en pimpant attirail,
Ma vieille Cynthia, lampe de...
La muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur,...
Le galant tireur
Comme la voiture traversait le bois, il la fit arrêter
dans le voisinage d'un tir, disant qu'il lui serait
agréable de tirer quelques balles pour tuer le Temps.
Tuer...
Le jet d'eau
Tes beaux yeux sont las, pauvre amante !
Reste longtemps, sans les rouvrir,
Dans cette pose nonchalante
Où t'a surprise le plaisir.
Dans la cour le jet d'eau qui...
Le rebelle
Un ange furieux fond du ciel comme un aigle,
Du mécréant saisit à plein poing les cheveux,
Et dit, le secouant : " Tu connaîtras la règle !
(Car je suis ton bon Ange,...
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a...
Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour...
Source de mes pleurs, arrêtez
Source de mes pleurs, arrêtez
En ce lieu votre vite course,
Pour ouïr chanter les beautés
D'une qui est devenue Ourse,
Que les Dieux punissant ainsi
Ont...
Le grenier
Je viens revoir l'asile où ma jeunesse
De la misère a subi les leçons.
J'avais vingt-ans, une folle maîtresse,
De francs amis et l'amour des chansons.
Bravant...
Mon habit
Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime !
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans, je te brosse moi-même,
Et Socrate n'eut pas fait mieux.
Quand le sort à...
A M. David, statuaire
Non, Dieu, éclair qui flamboie dans le triangle symbolique,
n'est point le chiffre tracé sur les lèvres de la sagesse
humaine !
Non, l'amour, sentiment naïf et...
L'écolier de Leyde
Il s'assied dans son fauteuil de velours d'Utrecht,
messire Blasius, le menton dans sa fraise de fine
dentelle, comme une volaille qu'un cuisinier s'est
rôtie sur...
Chant second
Cependant cet oiseau qui prône les merveilles,
Ce monstre composé de bouches et d'oreilles,
Qui, sans cesse volant de climats en climats,
Dit partout ce qu'il sait...
Les soupirs d'une âme exilée
Sur ces paroles de saint Paul : Cupio dissolvi et esse cum Christo
Je vis, mais c'est hors de moi-même ;
Je vis, mais c'est sans vivre en moi ;
Je vis dans...
Le départ d'un fils
Je crois l'entendre encor, quand, sa main, sur mon bras,
Autour des verts remparts nous allions pas à pas :
" Oui, quand tu pars, mon fils, oui, c'est un vide immense,
Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus
Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus,
Pour eclairer la nuit sombre et obscure,
Quand j'apperceu la vive pourtraiture
De celle, ou git mon espoir gracieus.
Incertitude
Calme des nuits sur l'Océan
Étoiles et feux du navire,
Et l'éternel balancement
Des houles et de mon désir.
Qui donc es-tu, maîtresse amère,
Ô...
Tantost la crampe aus piés, tantost la goute aus mains
Tantost la crampe aus piés, tantost la goute aus mains,
Le muscle, le tendon, et le nerf te travaille ;
Tantost un pleuresis te livre la bataille,
Et la fievre te...
A compter nos brebis je remplace ma mère
A compter nos brebis je remplace ma mère ;
Dans nos riches enclos j'accompagne mon père ;
J'y travaille avec lui. C'est moi de qui la main,
Au retour de l'été, fait...
Bon temps
Or qui m'aimera, si me suive,
Je suis Bon Temps, vous le voyez ;
En mon banquet nul n'y arrive
Pourvu qu'il se fume ou écrive,
Ou ait ses esprits fourvoyés.
J'écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge
J'écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge.
Toute petite, en noir, dans le grand fauteuil rouge,
Tranquille auprès du feu, ma vieille mère est là ;
Elle songe...
A Marcelle - La cigale et le poète
Le poète ayant chanté,
Déchanté,
Vit sa Muse, presque bue,
Rouler en bas de sa nue
De carton, sur des lambeaux
De papiers et d'oripeaux.
Il alla coller...
Pauvre garçon
Lui qui sifflait si haut, son petit air de tête,
Etait plat près de moi ; je voyais qu'il cherchait...
Et ne trouvait pas, et... j'aimais le sentir bête,
Ce héros qui...
Renouveau
Ben oui, notre amour était mort
Sous les faux des moissons dernières,
(La javelle fut son suaire ...)
Ben oui, notre amour était mort,
Mais voici que je t'aime...
Quand le flambeau du monde
Quand le flambeau du monde
Quitte l'autre séjour,
Et sort du sein de l'onde
Pour rallumer le jour,
Pressé de la douleur qui trouble mon repos,
Devers lui...
Ô Versaille !
... Ô Versaille ! ô regrets ! ô bosquets ravissans,
Chefs-d'oeuvre d'un grand roi, de Le Nôtre et des ans !
La hache est à vos pieds et votre heure est venue.
Ces...
Dors-tu ?
Et toi ! dors-tu quand la nuit est si belle,
Quand l'eau me cherche et me fuit comme toi ;
Quand je te donne un coeur longtemps rebelle ?
Dors-tu, ma vie ! ou rêves-tu...
L'âme errante
Je suis la prière qui passe
Sur la terre où rien n'est à moi ;
Je suis le ramier dans l'espace,
Amour, où je cherche après toi.
Effleurant la route féconde,
La fidèle
Si j'étais la plus belle
Comme la plus fidèle,
Je le serais pour toi !
Si j'étais souveraine,
Le roi de cette reine,
Tu le serais par moi !
S'il te...
Loin du monde
Entrez, mes souvenirs, ouvrez ma solitude !
Le monde m'a troublée ; elle aussi me fait peur.
Que d'orages encore et que d'inquiétude
Avant que son silence assoupisse...
Pourquoi ?
Quand vous suiviez ma trace,
J'allais avoir quinze ans,
Puis la fleur, puis la grâce,
Puis le feu du printemps.
J'étais blonde et pliante
Comme l'épi...
Amour en même instant m'aiguillonne et m'arrête
Amour en même instant m'aiguillonne et m'arrête,
M'assure et me fait peur, m'ard et me va glaçant,
Me pourchasse et me fuit, me rend faible et puissant,
Me fait...
Cependant que l'honnêteté
Cependant que l'honnêteté
Retenait ta jeune beauté
Empreinte au plus vif de mon âme,
Quand je sentais brûler mon coeur,
Je me plaisais en ma langueur,
Et...
D'une fontaine
Cette fontaine est froide, et son eau doux-coulante,
A la couleur d'argent, semble parler d'Amour ;
Un herbage mollet reverdit tout autour,
Et les aunes font ombre à...
Je l'aimais par dessein la connaissant volage
Je l'aimais par dessein la connaissant volage,
Pour retirer mon coeur d'un lien fort dangereux,
Aussi que je voulais n'être plus amoureux
En lieu que le profit...
Pourquoi si follement croyez-vous à un verre
Pourquoi si follement croyez-vous à un verre,
Voulant voir les beautés que vous avez des cieux ?
Mirez-vous dessus moi pour les connaître mieux,
Et voyez de quels...
Quand j'approche de vous, et que je prends l'audace
Quand j'approche de vous, et que je prends l'audace
De regarder vos yeux, rois de ma liberté,
Une ardeur me saisit, je suis tout agité,
Et mille feux ardents en mon...
Sur la gloire du Paradis
Riches voûtes d'azur, flambeaux du firmament,
Couronnes, dignités, grandeurs, pompe royale,
Festins, concerts, parfums que l'Arabie exhale,
Jardins, fleuves, palais...
Hymne à la terre
... Je te salue, ô Terre, ô Terre porte-grains,
Porte-or, porte-santé, porte-habits, porte-humains,
Porte-fruicts, porte-tours, alme, belle, immobile,
Patiente,...
Après avoir longtemps erré sur le rivage
Après avoir longtemps erré sur le rivage
Où l'on voit lamenter tant de chétifs de cour,
Tu as atteint le bord où tout le monde court,
Fuyant de pauvreté le pénible...
Cependant que Magny ...
Cependant que Magny suit son grand Avanson
Pa,jas son Cardinal, et moy le mien encore,
Et que l'espoir flatteur, qui nos beaux ans devore,
Appastre nos desirs d'un...
De ce royal palais que bâtiront mes doigts
De ce royal palais que bâtiront mes doigts,
Si la bonté du roi me fournit de matière,
Pour rendre sa grandeur et beauté plus entière,
Les ornements seront de traits...
De voir mignon du roi un courtisan honnête
De voir mignon du roi un courtisan honnête,
Voir un pauvre cadet l'ordre au col soutenir,
Un petit compagnon aux états parvenir,
Ce n'est chose, Morel, digne d'en...
Divins esprits, dont la poudreuse cendre
Divins esprits, dont la poudreuse cendre
Gît sous le faix de tant de murs couverts,
Non votre los, qui vif par vos beaux vers
Ne se verra sous la terre descendre,
Tant que l'oiseau de Jupiter vola
Tant que l'oiseau de Jupiter vola,
Portant le feu dont le ciel nous menace,
Le ciel n'eut peur de l'effroyable audace
Qui des Géants le courage affola :
Et je m'en reviens de mer
Et je m'en reviens de mer,
Pauvre pêcheur,
Maintenant et à l'heure
De ce dimanche,
Ainsi soit-il.
Et je m'en reviens de l'eau
Les rames haut
Ici, c'est un vieil homme de cent ans
Ici, c'est un vieil homme de cent ans
qui dit, selon la chair, Flandre et le sang :
souvenez-vous-en, souvenez-vous-en,
en ouvrant son coeur de ses doigts...
Savoir vieillir
Vieillir, se l'avouer à soi-même et le dire,
Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
Mais pour y conformer ses goûts et s'interdire
Ce que la veille encore...
L'avare et son fils
Par je ne sais quelle aventure,
Un avare, un beau jour, voulant se bien traiter,
Au marché courut acheter
Des pommes pour sa nourriture.
Dans son armoire il les...
La chenille
Un jour, causant entre eux, différents animaux
Louaient beaucoup le ver à soie.
Quel talent, disaient-ils, cet insecte déploie
En composant ces fils si doux, si fins,...
Le chat et le miroir
Philosophes hardis, qui passez votre vie
A vouloir expliquer ce qu'on n'explique pas,
Daignez écouter, je vous prie,
Ce trait du plus sage des chats.
Sur une table...
De la richesse et de la pauvreté dans le mariage
On en voit trop qui, nouveaux mariés,
N'ont dix écus en leur bourse liés ;
Mais avec temps, amour et loyauté,
Acquièrent biens et richesse à planté.
Petit bien...
La Nymphe de la fontaine
Baigne mes pieds du cristal de tes ondes,
O ma fontaine ! et sur ton frais miroir,
Laisse tomber mes longues tresses blondes
Flottant au gré de la brise du soir !
Adieux à la poésie
Allons, ange déchu, ferme ton aile rose ;
Ôte ta robe blanche et tes beaux rayons d'or ;
Il faut, du haut des cieux où tendait ton essor,
Filer comme une étoile, et...
Apollonie
J'aime ton nom d'Apollonie,
Echo grec du sacré vallon,
Qui, dans sa robuste harmonie,
Te baptise soeur d'Apollon.
Sur la lyre au plectre d'ivoire,
Ce...

