Le poème du jour : Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les...
Poésies contenant le mot « remue »
Mademoiselle Italie
Elle se tient droite et figée, près de l'orgue de Barbarie, et elle a l'air de reposer, tant ses beaux yeux bruns sont calmes, fixes et, on dirait, endormis, quoique ouverts. Sur ce chemin déclive de la rue Saint-Laurent, elle paraît semblable à une madone effleurée de rêves malsains, triste et lasse des chemins sillonnés par ses pas.
Lasse et, cependant, reposée de la nuit, le matin la saisit sur ses duperies orange, l'enveloppe des sortilèges naturels: buée matinale, capricieuses arabesques du soleil et train-train des gens affairés, courant à la fortune ou aux plaisirs.
Quelque part, une ville...
Le soleil dans un azur qui semble déborder comme d'un vase trop plein.
Des causses qui pleurent de toutes leurs déchirures: pelage de lions déchiquetés dont la carcasse escalade l'infini.
Lent éventail, le silence aère le visage des hommes, celui de ces passants d'un jour à la recherche des mers mortes.
Treize ans
Elle avait dix-neuf ans. Moi, treize. Elle était belle ;
Moi, laid. Indifférente, - et moi je me tuais...
Rêveur sombre et brûlant, je me tuais pour elle.
Timide,...
La pipe
Je suis la pipe d'un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D'Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.
Quand il est comblé de...
Le crépuscule du soir
Voici le soir charmant, ami du criminel ;
Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel
Se ferme lentement comme une grande alcôve,
Et l'homme impatient se change...
A dona Rosita Rosa
I
Ce petit bonhomme bleu
Qu'un souffle apporte et remporte,
Qui, dès que tu dors un peu,
Gratte de l'ongle à ta porte,
C'est mon rêve. Plein...
A quoi songeaient les deux cavaliers ...
La nuit était fort noire et la forêt très-sombre.
Hermann à mes côtés me paraissait une ombre.
Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu !
Les nuages du ciel...
A une femme
Enfant ! si j'étais roi, je donnerais l'empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui...
Dès que ce Dieu soubs qui la lourde masse
Dès que ce Dieu soubs qui la lourde masse,
De ce grand Tout brouillé s'écartela,
Les cieux plus hauts clairement étoila,
Et d'animaulx remplit la terre basse :
Dimanches (II)
Oh ! ce piano, ce cher piano,
Qui jamais, jamais ne s'arrête,
Oh ! ce piano qui geint là-haut
Et qui s'entête sur ma tête !
Ce sont de sinistres polkas,...
Symphonie
O chevrier ! ce bois est cher aux Piérides.
Point de houx épineux ni de ronces arides ;
A travers l'hyacinthe et le souchet épais
Une source sacrée y germe et coule en...
Le temps de vivre
Déjà la vie ardente incline vers le soir,
Respire ta jeunesse,
Le temps est court qui va de la vigne au pressoir,
De l'aube au jour qui baisse.
Garde ton...
L'alouette
Alors que la merveille aurore
Le bord de notre ciel colore
L'alouette, en ce même point,
De sa gentille voix honore
La faible lumière qui point.
Tant...
Défaite
Je ne suis pas parti
ma chambre m'a vaincu.
Pourquoi si durement
aime-t-elle ce corps ?
Pourquoi clouer au mur
mes coudes prisonniers ?
Et...
Il pleut. je n'ai plus rien à dire de moi-même
" La terre montre au ciel ce qu'elle a de plus beau. "
Simon Senne.
A Robert De Geynst
Il pleut. je n'ai plus rien à dire de moi-même
Et tout ce...
Au Reichstag
On m'affirmait :
" Partout où les cités de vapeurs s'enveloppent,
Où l'homme dans l'effort s'exalte et se complaît,
Bat le coeur fraternel d'une plus haute Europe.
La neige
La neige tombe, indiscontinûment,
Comme une lente et longue et pauvre laine,
Parmi la morne et longue et pauvre plaine,
Froide d'amour, chaude de haine.
La...
Les complaintes
Les complaintes qu'on va chantant par la grand'route
Avec leurs vieux refrains de banal désespoir,
Avec leurs mots en panne et leur rythme en déroute,
Sont plus tristes...

