Le poème du jour : Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les...
Poésies contenant le mot « rilke »
Arrêtons-nous un peu ...
Arrêtons-nous un peu, causons.
C'est encore moi, ce soir, qui m'arrête,
c'est encore vous qui m'écoutez.
Un peu plus tard d'autres joueront
aux voisins...
Au ciel, plein d'attention
Au ciel, plein d'attention,
ici la terre raconte ;
son souvenir la surmonte
dans ces nobles monts.
Parfois elle parait attendrie
qu'on l'écoute si...
Beau papillon près du sol
Beau papillon près du sol,
à l'attentive nature
montrant les enluminures
de son livre de vol.
Un autre se ferme au bord
de la fleur qu'on respire -...
C'est pour t'avoir vue
C'est pour t'avoir vue
penchée à la fenêtre ultime,
que j'ai compris, que j'ai bu
tout mon abîme.
En me montrant tes bras
tendus vers la nuit,
C'est qu'il nous faut consentir
C'est qu'il nous faut consentir
à toutes les forces extrêmes ;
l'audace est notre problème
malgré le grand repentir.
Et puis, il arrive souvent
que...
Cela ne te donne-t-il pas le vertige
Cela ne te donne-t-il pas le vertige
de tourner autour de toi sur ta tige
pour te terminer, rose ronde ?
Mais quand ton propre élan t'inonde,
tu t'ignores...
Chemins qui ne mènent nulle part
Chemins qui ne mènent nulle part
entre deux prés,
que l'on dirait avec art
de leur but détournés,
chemins qui souvent n'ont
devant eux rien d'autre...
Combien de ports pourtant...
Combien de ports pourtant, et dans ces ports
combien de portes, t'accueillant peut-être.
Combien de fenêtres
d'où l'on voit ta vie et ton effort.
Combien...
Comme tel qui parle de sa mère
Comme tel qui parle de sa mère
lui ressemble en parlant,
ce pays ardent se désaltère
en se souvenant infiniment.
Tant que les épaules des collines
Comment encore reconnaître
Comment encore reconnaître
ce que fut la douce vie ?
En contemplant peut-être
dans ma paume l'imagerie
de ces lignes et de ces rides
que l'on...
Corne d'abondance
Ô belle corne, d'où
penchée vers notre attente ?
Qui n'êtes qu'une pente
en calice, déversez-vous !
Des fleurs, des fleurs, des fleurs,
qui, en tombant...
De ton rêve trop plein
De ton rêve trop plein,
fleur en dedans nombreuse,
mouillée comme une pleureuse,
tu te penches sur le matin.
Tes douces forces qui dorment,
dans un...
Douce courbe le long du lierre
Douce courbe le long du lierre,
chemin distrait qu'arrêtent des chèvres ;
belle lumière qu'un orfèvre
voudrait entourer d'une pierre.
Peuplier, à sa place...
Elle passe des heures émues
Elle passe des heures émues
appuyée à sa fenêtre,
tout au bord de son être,
distraite et tendue.
Comme les lévriers en
se couchant leurs pattes...
Eros (I)
Ô toi, centre du jeu
où l'on perd quand on gagne ;
célèbre comme Charlemagne,
roi, empereur et Dieu, -
tu es aussi le mendiant
en pitoyable posture,...
Eros (III)
Là, sous la treille, parmi le feuillage
il nous arrive de le deviner :
son front rustique d'enfant sauvage,
et son antique bouche mutilée...
La grappe...
Été : être pour quelques jours
Été : être pour quelques jours
le contemporain des roses ;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.
Faire de chacune qui se meurt
une...
Fragment d'ivoire
Doux pâtre qui survit
tendrement à son rôle
avec sur son épaule
un débris de brebis.
Doux pâtre qui survit
en ivoire jaunâtre
à son jeu de pâtre.
J'ai une telle conscience...
J'ai une telle conscience de ton
être, rose complète,
que mon consentement te confond
avec mon coeur en fête.
Je te respire comme si tu étais,
rose,...
L'aurai-je exprimé, avant de m'en aller
L'aurai-je exprimé, avant de m'en aller,
ce coeur qui, tourmenté, consent à être ?
Étonnement sans fin, qui fus mon maître,
jusqu'à la fin t'aurai-je imité ?
La déesse
Au midi vide qui dort
combien de fois elle passe,
sans laisser à la terrasse
le moindre soupçon d'un corps.
Mais si la nature la sent,
l'habitude de...
La fontaine
Je ne veux qu'une seule leçon, c'est la tienne,
fontaine, qui en toi-même retombes, -
celle des eaux risquées auxquelles incombe
ce céleste retour vers la vie...
Lampe du soir, ma calme confidente
Lampe du soir, ma calme confidente,
mon coeur n'est point par toi dévoilé ;
(on s'y perdrait peut-être ;) mais sa pente
du côté sud est doucement éclairée.
Le silence uni de l'hiver
Le silence uni de l'hiver
est remplacé dans l'air
par un silence à ramage ;
chaque voix qui accourt
y ajoute un contour,
y parfait une image.
N'es-tu pas notre géométrie
N'es-tu pas notre géométrie,
fenêtre, très simple forme
qui sans effort circonscris
notre vie énorme ?
Celle qu'on aime n'est jamais plus belle
que...
Notre avant-dernier mot
Notre avant-dernier mot
serait un mot de misère,
mais devant la conscience-mère
le tout dernier sera beau.
Car il faudra qu'on résume
tous les...
Ô bonheur de l'été ...
Ô bonheur de l'été : le carillon tinte
puisque dimanche est en vue ;
et la chaleur qui travaille sent l'absinthe
autour de la vigne crépue.
Même à la forte...
Ô nostalgie des lieux...
Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
assez aimés à l'heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l'action supplémentaire !
Pays, arrêté à mi-chemin
Pays, arrêté à mi-chemin
entre la terre et les cieux,
aux voix d'eau et d'airain,
doux et dur, jeune et vieux,
comme une offrande levée
vers...
Portrait intérieur
Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t'entretiennent ;
tu n'es pas non plus mienne
par la force d'un beau désir.
Ce qui te rend présente,
c'est...
Puisque tout passe...
Puisque tout passe, faisons
la mélodie passagère ;
celle qui nous désaltère,
aura de nous raison.
Chantons ce qui nous quitte
avec amour et art ;
Quel calme nocturne, quel calme
Quel calme nocturne, quel calme
nous pénètre du ciel.
On dirait qu'il refait dans la palme
de vos mains le dessin essentiel.
La petite cascade chante
Rose, eût-il fallu te laisser dehors
Rose, eût-il fallu te laisser dehors,
chère exquise ?
Que fait une rose là où le sort
sur nous s'épuise ?
Point de retour. Te voici
qui partages
Si l'on chante un dieu
Si l'on chante un dieu,
ce dieu vous rend son silence.
Nul de nous ne s'avance
que vers un dieu silencieux.
Cet imperceptible échange
qui nous fait...
Sur le soupir de l'amie
Sur le soupir de l'amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.
C'est comme si dans l'univers
une force élémentaire
Tout ici chante la vie de naguère
Tout ici chante la vie de naguère,
non pas dans un sens qui détruit le demain ;
on devine, vaillants, dans leur force première
le ciel et le vent, et la main et le...
Tout se passe à peu près comme
Tout se passe à peu près comme
si l'on reprochait à la pomme
d'être bonne à manger.
Mais il reste d'autres dangers.
Celui de la laisser sur l'arbre,
Un rose mauve dans les hautes herbes
Un rose mauve dans les hautes herbes,
un gris soumis, la vigne alignée ...
Mais au-dessus des pentes, la superbe
d'un ciel qui reçoit, d'un ciel princier.
Verger (I)
Peut-être que si j'ai osé t'écrire,
langue prêtée, c'était pour employer
ce nom rustique dont l'unique empire
me tourmentait depuis toujours : Verger.
Verger (III)
Jamais la terre n'est plus réelle
que dans tes branches, ô verger blond,
ni plus flottante que dans la dentelle
que font tes ombres sur le gazon.
Là se...
Verger (V)
Ai-je des souvenirs, ai-je des espérances,
en te regardant, mon verger ?
Tu te repais autour de moi, ô troupeau d'abondance
et tu fais penser ton berger.
Verger (VII)
Heureux verger, tout tendu à parfaire
de tous ses fruits les innombrables plans,
et qui sait bien son instinct séculaire
plier à la jeunesse d'un instant.
Vois-tu, là-haut, ces alpages ...
Vois-tu, là-haut, ces alpages des anges
entre les sombres sapins ?
Presque célestes, à la lumière étrange,
ils semblent plus que loin.
Mais dans la claire...

