Le poème du jour : Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les...
Poésies contenant le mot « rose »
Cortège
À M. Léon Bailby.
Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
Qui nidifie en l'air
À la limite où notre sol brille déjà
Baisse ta deuxième paupière la terre t'éblouit
Quand tu lèves la tête
La douleur de la ville qui monte au firmament
Cinéma
Le jour, selon son habitude séculaire, ramène ses tuniques éclatantes qu'il a laissé flotter sur la ville et se retire pour les offices de la nuit.
La défaite du printemps
Sur des terres d'où s'est enfuie la joie d'aimer et de vivre, le soleil promène ses rayons: il marche tout le jour, environné de sa gloire et de prismes aveuglants; il est un dieu cruel qui se plaît aux sarcasmes terrestres. Cependant que la mort s'avive, se repaît de mille têtes, il se fascine, éternel Narcisse, dans je ne sais quelle fantasmagorie de rires et de miracles verdoyants. Il est la vie qui coopère à la dévastation, aux forces brutales, au destin. De sa bouche rayée de feu, quel hymne guttural s'élance! Ne dirait-on pas une mappemonde en délire, un symbole de l'anarchique cosmos, je ne sais quel dieu barbare, roi diurnal d'un temps meurtrier, qui s'accorde à la sauvagerie des hommes et leur répond à sa manière? Et les étoiles, qui ne savent pas mentir, elles, et la lune vêtue de mystères et de halos sont toutes tristes; elles frissonnent de l'exil du soleil dans une conception de fureur qui s'intitule la force. Le crime de la terre rejaillit jusqu'aux comètes; les correspondances s'établissent de toutes choses. Pour que l'iniquité ne soit pas à jamais consacrée, voilà que la faiblesse se fait amour afin de sauver la force qui s'égare. Les étoiles frémissent, protestent; la lune a mis son voile de mélancolie et, sur sa robe transparente, il semble qu'elle traîne tous les soupirs des âmes écrasées. Le printemps cache une multiple défaite! En vain les feuilles éclatent dans la joie de vivre! En vain le choeur aérien des harmonies du printemps chante en la sérénité du soir! Mai nous arrive sur des vagues de sang: la brise du matin si douce, douce comme caresse de mère, est grosse de sanglots.
René Chopin
Tu portes ton coeur en exil comme l'autre René présentait le sien en écharpe.
Une liqueur pourprée s'en épanche qui fait songer aux après-midi de fin d'automne, au feuillage blessé, à ce soleil dont tu es le chantre appuyé, éloquent... Possédé du même rêve qu'Apollon en marche vers les royautés de l'azur.
Guy Delahaye
Comme UNE EAU PURE destinée à des fruits choisis et rares, je t'ai gardé pour la fin.
C'est l'heure du souvenir, car nous avons vécu. Le sable gris du temps est descendu sur nos tempes, et dans nos âmes les cicatrices soudent des plaies qui furent béantes. Destin des hommes et des choses, tel est désormais le thème de nos rêveries. Nous écoutons frémir le vent du soir. Déjà, la terre a perdu son ineffable chanson.
Avec toi...
Avec toi, je ferais volontiers le tour de la terre.
J'oublierais les fins dernières, le ciel et tant de choses.
Je dirais adieu à ce monde que j'ai trop aimé.
Je partirais pour ne jamais revenir, et ceux que j'ai autrefois connus et chéris, je ne les reverrais plus.
Je cacherais dans des pays pour moi inconnus ma figure qui n'est plus jeune et ses rides, filles de l'expérience.
Vive la Canadienne...
Elle tend son front d'ambre ou de lys vers le ciel.
Elle prie:
Et c'est son coeur qui de sa bouche s'envole.
Arabesques
La naïve espérance bat des ailes, joue dans l'azur, flotte comme un bouchon parfumé sur l'espace stellaire, revient sur elle-même, puis redescend, dépouillée de ses voiles, pose un pied sur terre et s'évanouit.
Henri quatre
Henri quatre
Voulait se battre
Henri trois
Ne voulait pas
Henri deux
Se moquait d'eux
Henri un
Ne disait rien.
Marions-nous charmante rose
Marions-nous charmante rose
Marions-nous car il est temps
Belle rose charmante rose
Marions-nous car il est temps
Belle rose du printemps.
Sur un Eventail
(pour Jeanne Charcot).
***
Si les ondines et les fées
Maintenant ainsi qu'autrefois
Sur une coquille de noix
Naviguaient, de corail...
La ressemblance
Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse
Au milieu des parfums respirer la mollesse,
En ce voluptueux séjour,
Où loin de tous les yeux, loin des bruits de la...
En un petit esquif éperdu, malheureux
En un petit esquif éperdu, malheureux,
Exposé à l'horreur de la mer enragée,
Je disputais le sort de ma vie engagée
Avec les tourbillons des bises outrageux.
La chambre dorée
" Eh bien ! vous, conseillers de grandes compagnies,
Fils d'Adam qui jouez et des biens et des vies,
Dites vrai, c'est à Dieu que compte vous rendez.
Rendez-vous la...
Aubade de May
Mere d'Amour, Venus la belle,
Que n'as tu mis en ta tutelle
Du beau may le mois vigoureux ?
Si l'avril a pris ton coeur tendre,
Au moins ton fils Amour dust...
D'un chapeau qui fleuronne
D'un chapeau qui fleuronne
La rose on ne couronne,
Tes atours en ce point
Ne te reparent point :
Mais ce sont les parures
De tes belles vetures
Les...
De Rose
Ce n'est point la paquerete,
La marguerite, le lis,
L'oeillet ny la violete,
La fleur où mon coeur j'ay mis.
J'aime entre les fleurs la rose,
Car elle...
Du Printemps
La froidure paresseuse
De l'yver a fait son tems :
Voici la saison joyeuse
Du délicieux printems.
La terre est d'herbes ornée,
L'herbe de fleuretes...
La Rose
Durant cette saison belle
Du renouveau gracieux,
Lorsque tout se renouvelle
Plein d'amour delicieux,
Ny par la peinte prérie,
Ny sus la haye fleurie,
Quiconque fit d'Amour la pourtraiture
Quiconque fit d'Amour la pourtraiture,
De cet Enfant le patron ou prit il,
Sur qui tant bien il guida son outil
Pour en tirer au vray ceste peinture ?
A Adolphe Gaïffe
Jeune homme sans mélancolie,
Blond comme un soleil d'Italie,
Garde bien ta belle folie.
C'est la sagesse ! Aimer le vin,
La beauté, le printemps divin,...
Ballade pour la servante du cabaret
Ami, partez sans émoi ; l'Amour vous suit
Pour faire fête à votre belle hôtesse.
Vous dites donc qu'on aura cette nuit
Souper au vin du Rhin, grande liesse
Et...
Ballade pour une amoureuse
Muse au beau front, muse sereine,
Plus de satire, j'y consens.
N'offensons pas avec ma haine
Le calme éther d'où tu descends.
Je chante en ces vers caressants
Camille, quand la Nuit t'endort...
Camille, quand la Nuit t'endort sous ses grands voiles ;
Quand un rêve céleste emplit tes yeux d'étoiles ;
Quand tes regards, lassés des fatigues du jour,
Se reposent...
L'amour à Paris
Fille du grand Daumier ou du sublime Cham,
Toi qui portes du reps et du madapolam,
O Muse de Paris ! toi par qui l'on admire
Les peignoirs érudits qui naissent chez...
La Toison d'Or
I
Je vois au grand soleil tes cheveux insolents
Rayonner et frémir, dignes d'un chant lyrique.
Jaunes comme l'arc d'or de la nymphe homérique,
Ils courent...
La ville enchantée
Il est de par le monde une cité bizarre,
Où Plutus en gants blancs, drapé dans son manteau,
Offre une cigarette à son ami Lazare,
Et l'emmène souper dans un parc de...
Le saut du tremplin
Clown admirable, en vérité !
Je crois que la postérité,
Dont sans cesse l'horizon bouge,
Le reverra, sa plaie au flanc.
Il était barbouillé de blanc,
De...
Les théatres d'enfants
Bonsoir, chère Évohé. Comment vous portez-vous ?
Vous arrivez bien tard ! Comme vos yeux sont doux
Ce soir ! deux lacs du ciel ! et la robe est divine.
Quel écrin !...
Mascarades
Le Carnaval s'amuse!
Viens le chanter, ma Muse,
En suivant au hasard
Le bon Ronsard !
Et d'abord, sur ta nuque,
En dépit de l'eunuque,
Fais...
Sieste
La sombre forêt, où la roche
Est pleine d'éblouissements
Et qui tressaille à mon approche,
Murmure avec des bruits charmants.
Les fauvettes font leur prière...
Vous en qui je salue une nouvelle aurore...
Vous en qui je salue une nouvelle aurore,
Vous tous qui m'aimerez,
Jeunes hommes des temps qui ne sont pas encore,
Ô bataillons sacrés !
Et vous, poëtes,...
Le beau voyage
Les trains rêvent dans la rosée, au fond des gares...
Ils rêvent des heures, puis grincent et démarrent...
J'aime ces trains mouillés qui passent dans les champs,
Causerie
Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose !
Mais la tristesse en moi monte comme la mer,
Et laisse, en refluant sur ma lèvre morose
Le souvenir cuisant de son...
L'albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les...
La mort des amants
Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus...
La muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur,...
Le coucher du soleil romantique
Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus...
Le flacon
Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l'Orient
Dont la serrure grince et...
Les plaintes d'un Icare
Les amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus ;
Quant à moi, mes bras sont rompus
Pour avoir étreint des nuées.
C'est grâce aux astres...
Les ténèbres
Dans les caveaux d'insondable tristesse
Où le Destin m'a déjà relégué ;
Où jamais n'entre un rayon rose et gai ;
Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse,
Je...
Une gravure fantastique
Ce spectre singulier n'a pour toute toilette,
Grotesquement campé sur son front de squelette,
Qu'un diadème affreux sentant le carnaval.
Sans éperons, sans fouet, il...
Fleurs d'aurore
Comme au printemps de l'autre année,
Au mois des fleurs, après les froids,
Par quelque belle matinée,
Nous irons encore sous bois.
Nous y verrons les...
La maison solitaire
Seule, en un coin de terre où plane la tristesse
Et le mélancolique et vague ennui des soirs,
La vieille maison blanche, aux grands contrevents noirs,
Pleure-t-elle...
Romance faite à Ermenonville
sur la tombe de J.-J. Rousseau
Voici donc le séjour paisible,
Où des mortels
Le plus tendre et le plus sensible
A des autels !
C'est ici qu'un sage...
Concordances
Le même triste accent vient toujours des rapides,
Toujours les mêmes flots font le même circuit
En recueillant le rêve et l'espoir dans leurs rides.
Je l'ai...
La Cygalle
O que nous t'estimons heureuse,
Gentille Cygale amoureuse,
Car aussi tost que tu as beu
Dessus les arbrisseaux un peu
De la rosée, aussi contente
Qu'est...
A M. Victor Hugo
Le livre mignard de tes vers, dans cent ans comme
aujourd'hui, sera le bien choyé des châtelaines, des
damoiseaux et des ménestrels, florilège de chevalerie,
Le soir sur l'eau
La noire gondole se glissait le long des palais de marbre,
comme un bravo qui court à quelque aventure de nuit, un
stylet et une lanterne sous sa cape.
Un...
La brise émeut les rameaux bruns
La brise émeut les rameaux bruns,
L'aube déjà blanchit le store ;
Tout devient rose, c'est l'aurore !
Le palais s'emplit de parfums.
L'air du ciel mêle le...
La pluie venue du Mont Ki-Chan
(Song-Tchi-Ouen)
Le vent avait chassé la pluie aux larges gouttes,
Le soleil s'étalait, radieux, dans les airs,
Et les bois, secouant la fraîcheur de leurs...
A deux frères mineurs
Huitain
Mes beaux pères religieux,
Vous dînez pour un grand merci ;
Ô gens heureux ! ô demi-dieux !
Plût à Dieu que je fusse ainsi !
Comme vous,...
Son épitaphe
Ci-gît qu'on aima comme quatre,
Qui n'eut ni force ni vertu,
Et qui fut soldat sans se battre,
Et poète sans être battu.
Triste plaisir et douloureuse joye
Triste plaisir et douloureuse joye,
Aspre doulceur, desconfort ennuieux,
Ris en plorant, souvenir oublieux
M'acompaignent, combien que seul je soye.
Epitaphe de Des Yvetaux
Ah ! que ce fameux personnage
Qui ne connut de lois que celle du bon sens
Des Yvetaux en notre temps
Pensa d'une manière et plus haute et plus sage
Jusqu'à la...
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?
Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
À la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids...
La Cueillette des Cerises
Espiègle ! j'ai bien vu tout ce que vous faisiez,
Ce matin, dans le champ planté de cerisiers
Où seule vous étiez, nu-tête, en robe blanche.
Caché par le taillis,...
A une rose
Rose, rose-d'amour vannée,
Jamais fanée,
Le rouge-fin est ta couleur,
O fausse-fleur !
Feuille où pondent les journalistes
Un fait-divers,
Heures
Aumône au malandrin en chasse
Mauvais oeil à l'oeil assassin !
Fer contre fer au spadassin !
- Mon âme n'est pas en état de grâce ! -
Je suis le fou de...
Rescousse
Si ma guitare
Que je répare,
Trois fois barbare :
Kriss indien,
Cric de supplice,
Bois de justice,
Boîte à malice,
Ne fait pas bien...
Chanson de Messidor
Dame ! vois-tu les grands blés d'or
Sous les couchants de Messidor
Saillir longs et droits de la glèbe.
Ils ne sont pas encor si longs
Que les flots de tes...
Supplication
Sonnet
Tes yeux, impassibles sondeurs
D'une mer polaire idéale,
S'éclairent parfois des splendeurs
Du rire, aurore boréale.
Ta chevelure, en ces...
Tableau
Enclavé dans les rails, engraissé de scories,
Leur petit potager plaît à mes rêveries.
Le père est aiguilleur à la gare de Lyon.
Il fait honnêtement et sans...
Le coin du feu
Suis-je seul ? je me plais encore au coin du feu.
De nourrir mon brasier mes mains se font un jeu ;
J'agace mes tisons ; mon adroit artifice
Reconstruit de mon feu le...
La mère qui pleure
J'ai presque perdu la vue
A suivre le jeune oiseau
Qui, du sommet d'un roseau,
S'est élancé vers la nue.
S'il ne doit plus revenir,
Pourquoi m'en...
La rose flamande
C'est là que j'ai vu Rose Dassonville,
Ce mouvant miroir d'une rose au vent.
Quand ses doux printemps erraient par la ville,
Ils embaumaient l'air libre et...
Les roses de Saadi
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les noeuds ont...
Que servirait nier chose si reconnue
Que servirait nier chose si reconnue ?
Je l'avoue, il est vrai, mon amour diminue,
Non pour objet nouveau qui me donne la loi,
Mais c'est que vos façons sont trop...
La réserve
Quand neuf baisers m'auront été promis,
Ne m'en donne que huit, et malgré ta promesse,
Soudain, échappe, ma Thaïs.
En la trompant, augmente mon ivresse :
Cours te...
La terre se couvre de fleurs et de fruits
Ja le pesché velu, jà l'orenge doré,
Le friand abricot, et le coing decoré
D'un blanchastre duvet, portent sur leur escorce,
Escrite du grand Dieu la pourvoyante...
La nuit qui tombe et le train qui passe
Tableau qui mes peines dissipe,
Je contemple en m'attendrissant
Le village fumant sa pipe
Aux pieds du soir incandescent.
Soleil, mourant témoin des...
A Théophile Gautier
Sur sa nouvelle d' " Arria Marcella "
Le creux d'un sein charmant que la cendre moula
Fut la coupe où tu bus cette ivresse éloquente,
Qui, sous l'étroit...
La Nymphe de la fontaine
Baigne mes pieds du cristal de tes ondes,
O ma fontaine ! et sur ton frais miroir,
Laisse tomber mes longues tresses blondes
Flottant au gré de la brise du soir !
A deux beaux yeux
Vous avez un regard singulier et charmant ;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux...
A une robe rose
Que tu me plais dans cette robe
Qui te déshabille si bien,
Faisant jaillir ta gorge en globe,
Montrant tout nu ton bras païen !
Frêle comme une aile...

