Le poème du jour : Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence
Effroyables deserts, pleins d'ombre, et de silence,
Où la peur, et l'hyver, sont éternellement ;
Rochers affreux, et nus, où l'on voit seulement
Le tonnerre, et les...
Poésies contenant le mot « vraiment »
Isabeau s'y promène...
Isabeau! Ce n'est point de cette reine de Bavière qu'il sera parlé: Isabeau, belle et traîtresse, et « traînée dans la fange »...
Notre Isabeau est aussi belle, mais elle n'a pas trahi le Saint-Laurent, comme l'autre, la France. Non, Isabeau, c'est une fille de chez nous, qui fait les yeux doux à ceux qui s'approchent de son jardin, sur le bord de l'île, le long du ruisseau.
A Saint-Malo...
À Saint-Malo, beau port de mer... Une mer qui conduit vers un autre monde, une mer qui ignora longtemps le rêve des conquistadors, leur vol d'or vers un Eldorado, riche de pierreries, de minerais, d'érables au suc enivrant.
Un jour, Cartier s'y embarqua, sûr de découvrir un univers inconnu, Cartier et tous ceux qui vinrent créer, là-bas, une France nouvelle.
V'là l'bon vent
V'là l'bon vent, et caressant aussi.
Ma mie m'appelle, mais irai-je? Non, je resterai là, sur le bord de la route; je rêverai que je suis près d'elle et que je vais ouvrir les bras pour qu'elle s'y réfugie.
Quelque part, une ville...
Le soleil dans un azur qui semble déborder comme d'un vase trop plein.
Des causses qui pleurent de toutes leurs déchirures: pelage de lions déchiquetés dont la carcasse escalade l'infini.
Lent éventail, le silence aère le visage des hommes, celui de ces passants d'un jour à la recherche des mers mortes.
Voici la mort du ciel...
Voici la mort du ciel en l'effort douloureux
Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux.
Le ciel gémit d'ahan, tous ses nerfs se retirent,
Ses poumons près à...
L'amour à Paris
Fille du grand Daumier ou du sublime Cham,
Toi qui portes du reps et du madapolam,
O Muse de Paris ! toi par qui l'on admire
Les peignoirs érudits qui naissent chez...
Les aveugles
Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;
Terribles, singuliers comme les somnambules,
Dardant on ne sait où...
Les phares
Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
Comme l'air dans le ciel et...
Les promesses d'un visage
J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres,
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout...
Avril
Avril, l'honneur et des bois
Et des mois,
Avril, la douce esperance
Des fruits qui soubs le coton
Du bouton
Nourrissent leur jeune enfance ;
Embrasse-moi, mon coeur...
Embrasse-moi, mon coeur, baise-moi, je t'en prie,
Presse-moi, serre-moi ! À ce coup je me meurs !
Mais ne me laisse pas en ces douces chaleurs :
Car c'est à cette fois...
Elégie (2)
... Ah ! fille sans amour, ou du moins sans constance,
Pourquoy paissant mon coeur d'une vaine espérance,
Me juras-tu jamais que mon feu te plaisoit,
Et qu'un mesme...
A travers la forêt des spontanéités...
A Madame S. de F.
A travers la forêt des spontanéités,
Écartant les taillis, courant par les clairières.
Et cherchant dans l'émoi des soifs aventurières
Maussaderie
A notre époque froide, on ne fait plus l'amour.
Loin des bois endormeurs et loin des femmes nues
Les pauvres vont, cherchant ces sommes inconnues
Que cachent les...
Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux
Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux,
Je n'escris de beauté, n'ayant belle maistresse,
Je n'escris de douceur, n'esprouvant que rudesse,
Je n'escris de ...
N'étant, comme je suis, encore exercité
N'étant, comme je suis, encore exercité
Par tant et tant de maux au jeu de la fortune,
Je suivais d'Apollon la trace non commune,
D'une sainte fureur saintement...
Tant que l'oiseau de Jupiter vola
Tant que l'oiseau de Jupiter vola,
Portant le feu dont le ciel nous menace,
Le ciel n'eut peur de l'effroyable audace
Qui des Géants le courage affola :
Savoir vieillir
Vieillir, se l'avouer à soi-même et le dire,
Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
Mais pour y conformer ses goûts et s'interdire
Ce que la veille encore...
Le rapide
L'eau qui se précipite en énorme volume,
Heurtant l'angle des rocs sur leur base tremblants,
Avec de longs cris sourds roule en tourbillons blancs
C'est le fleuve...
Ah ! ce bruit affreux de la vie !
Ah ! ce bruit affreux de la vie !
Et que dormir serait meilleur
Dans la terre où le caillou crie
Sous la bêche du fossoyeur !
Le soleil a toute ma haine ;...
Parfois, sur les confins du sommeil qui s'achève
Parfois, sur les confins du sommeil qui s'achève,
A l'heure où l'âme est triste et flotte au bas du rêve,
Un souvenir d'amour nous étreint à la gorge,
Vivant et si...
C'était la première soirée
C'était la première soirée
Du mois d'avril.
Je m'en souviens, mon adorée.
T'en souvient-il ?
Nous errions dans la ville immense,
Tous deux, sans...
En écoutant chanter la princesse ***
Dans ta haute demeure
Dont l'air est étouffant,
De l'accent dont on pleure
Tu chantes, douce enfant.
Tu chantes, jeune fille.
Ton père, c'est le...
La captive
Si je n'étais captive,
J'aimerais ce pays,
Et cette mer plaintive,
Et ces champs de maïs,
Et ces astres sans nombre,
Si le long du mur sombre
Liberté !
De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel...
Toute la vie d'un coeur - 1835 - Promenade
Je t'adore. Soyons deux heureux. Viens t'asseoir
Dans une ombre qui soit un peu semblable au soir.
Marchons bien doucement. Sois pensive. Sois lasse.
Profitons du...
La Besace
Jupiter dit un jour : "Que tout ce qui respire
S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur :
Si dans son composé quelqu'un trouve à redire,
Il peut le déclarer...
La Colombe et la Fourmi
Le long d'un clair ruisseau buvait une Colombe,
Quand sur l'eau se penchant une Fourmi y tombe.
Et dans cet océan l'on eût vu la Fourmi
S'efforcer, mais en vain, de...
Testament expliqué par Esope
Si ce qu'on dit d'Esope est vrai,
C'était l'Oracle de la Grèce :
Lui seul avait plus de sagesse
Que tout l'Aréopage. En voici pour essai
Une histoire des plus...
Aquarelle en cinq minutes
Oh ! oh ! le temps se gâte,
L'orage n'est pas loin,
Voilà que l'on se hâte
De rentrer les foins !...
L'abcès perce !
Vl'à l'averse !
O grabuges
Complainte sur certains ennuis
Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne...
Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie...
On voudrait...
Litanies des derniers quartiers de la lune
Eucharistie
De l'Arcadie,
Qui fais de l'?il
Aux c?urs en deuil,
Ciel des idylles
Qu'on veut stériles,
Fonts baptismaux
Des blancs...
Pour la guérison de Chrysante
Les destins sont vaincus, et le flux de mes larmes
De leur main insolente a fait tomber les armes ;
Amour en ce combat a reconnu ma foi ;
Lauriers, couronnez-moi.
A son ami lion
Je ne t'écris de l'amour vaine et folle :
Tu vois assez s'elle sert ou affolle ;
Je ne t'écris ni d'armes, ni de guerre :
Tu vois qui peut bien ou mal y acquerre ;
Le voyageur - (A mon père)
Las d'avoir visité mondes, continents, villes,
Et vu de tout pays, ciel, palais, monuments,
Le voyageur enfin revient vers les charmilles
Et les vallons rieurs...
Les Cydalises
Où sont nos amoureuses ?
Elles sont au tombeau .
Elles sont plus heureuses,
Dans un séjour plus beau !
Elles sont près des anges,
Dans le fond du ciel...
Dans les temps que je vois
Alors, si l'homme est juste et si le monde est sage,
Offrant tout à Jésus, sa joie et ses douleurs,
Ceux-là, dont le poète apporte un doux message,
Viendront comme...
Prière pour être sage
Ah ! ne me soyez plus, orgueil, d'aucun secours.
Cet hiver épuisant me laisse trop sincère
et j'ordonne avant tout une force sévère
à mon coeur fatigué d'inutiles...
L'aquarium est si bleuâtre, si lunaire
L'aquarium est si bleuâtre, si lunaire ;
Fenêtre d'infini, s'ouvrant sur quel jardin ?
Miroir d'éternité dont le ciel est le tain.
Jusqu'où s'approfondit cette eau...
Comme un chevreuil, quand le printemps destruit
Comme un chevreuil, quand le printemps destruit
L'oyseux crystal de la morne gelée,
Pour mieulx brouster l'herbette emmielée
Hors de son boys avec l'Aube s'en...
Contre les bucherons de la forest de Gastine
Elégie
Quiconque aura premier la main embesongnée
A te couper, forest, d'une dure congnée,
Qu'il puisse s'enferrer de son propre baston,
Et sente en...
Ode tirée du Cantique d'Ézéchias
J'ai vu mes tristes journées
Décliner vers leur penchant ;
Au midi de mes années
Je touchais à mon couchant :
La Mort, déployant ses ailes,
Couvrait...
Il y faudrait de la musique de gluck
Laissez-moi ! tout a fui. Le printemps recommence ;
L'été s'anime, et le désir a lui ;
Les sillons et les coeurs agitent leur semence.
Laissez-moi ! tout a fui.
Dilection
J'adore l'indécis, les sons, les couleurs frêles,
Tout ce qui tremble, ondule, et frissonne, et chatoie :
Les cheveux et les yeux, l'eau, les feuilles, la soie,
Et...
Le marché
Sur la petite place, au lever de l'aurore,
Le marché rit joyeux, bruyant, multicolore,
Pêle-mêle étalant sur ses tréteaux boiteux
Ses fromages, ses fruits, son miel,...
L'âme
J'ai dans mon coeur, j'ai sous mon front
Une âme invisible et présente :
Ceux qui doutent la chercheront ;
Je la répands pour qu'on la sente.
Partout...
Esprit, dès le berceau dans le ciel emporté
Esprit, dès le berceau dans le ciel emporté,
Qui dédaignes l'éclat des choses moins durables,
Et toujours t'arrêtant aux desseins honorables,
Ne t'es jamais soumis à...
La joie
Oh ces larges beaux jours dont les matins flamboient !
La terre ardente et fière est plus superbe encor
Et la vie éveillée est d'un parfum si fort
Que tout l'être...
Ma race
Je suis le fils de cette race
Dont les cerveaux plus que les dents
Sont solides et sont ardents
Et sont voraces.
Je suis le fils de cette race
Dont...
Moine sauvage
On trouve encor de grands moines que l'on croirait
Sortis de la nocturne horreur d'une forêt.
Ils vivent ignorés en de vieux monastères,
Au fond du cloître,...
Quoique nous le voyions fleurir
Quoique nous le voyions fleurir devant nos yeux
Ce jardin clair où nous passons silencieux,
C'est plus encor en nous que se féconde
Le plus candide et doux jardin du...
Vénus
Vénus,
La joie est morte au jardin de ton corps
Et les grands lys des bras et les glaïeuls des lèvres
Et les grappes de gloire et d'or,
Sur l'espalier mouvant...
Les indolents
" Bah ! malgré les destins jaloux,
Mourons ensemble, voulez-vous ?
- La proposition est rare.
- Le rare est le bon. Donc mourons
Comme dans les...
Paris
Paris n'a de beauté qu'en son histoire,
Mais cette histoire est belle tellement !
La Seine est encaissée absurdement,
Mais son vert clair à lui seul vaut la...

