Poésies de Maurice Rollinat

frPoésie française

A

  • A l'assemblée

    Parmi châtaigniers et genêts
    Où s'émouchaient, sans pouvoir paître,
    Des montures sous le harnais,

  • A l'aube

    Brûlé par l'énorme lumière
    Irradiant du ciel caillé,
    - Stupéfait, recroquevillé,
    Hâlé, sali par la poussière,

  • A l'inaccessible

    Argile toujours vierge, inburinable airain,
    Magicien masqué plus tyran que la femme,

D

  • De la même à la même

    Le souvenir d'un rêve à chaque instant m'arrive
    Comme un remords subtil à la fois âcre et cher,

  • Deux bons vieux coqs

    Le cabaret qui n'est pas neuf
    Est bondé des plus vieux ivrognes
    Dont rouge brique sont les trognes

E

  • En battant le beurre

    Dans sa grande jatte de grès,
    L'Angélique, la belle veuve,
    Avec sa crème toute neuve
    Fabrique un peu de beurre frais.

  • Extase du soir

    Droits et longs, par les prés, de beaux fils de la Vierge
    Horizontalement tremblent aux arbrisseaux.

F

  • Fin d'hiver

    Par ce temps si bénin, après tant de froidure,
    Dans les grands terrains gris, sur les coteaux chenus,

  • Forêt brûlée

    On voit ce grand fond de vallée
    Fuligineux sous les cieux ronds :
    Là, terrain, herbes, rameaux, troncs,

  • Fuyons Paris

    0 ma si fragile compagne,
    Puisque nous souffrons à Paris,
    Envolons-nous dans la campagne
    Au milieu des gazons fleuris.

J

  • Journée de printemps

    Ici, le rocher, l'arbre et l'eau
    Font pour mon oeil ce qu'il convoite.
    Tout ce qui luit, tremble ou miroite,

L

  • L'interprète

    L'inclinaison de ce vieux saule
    Sur le vieil étang soucieux
    Que pas une brise ne frôle,
    A quelque chose de pieux.

  • L'ormeau

    D'un branchu semblant un grand fagot qui s'évase,
    Il végète sa mort - à jamais défeuillé ;

  • L'église abandonnée

    Au soleil bas, l'église a saigné derechef ;
    Puis, sa clarté se perd, se rencogne, s'élague,

  • L'étang du mauvais pas

    Fuis l'étang du mauvais pas,
    Crains l'ogre qu'on y soupçonne,
    Gare au monstre du trépas !
    On dit qu'il fit ses repas

  • L'île verte

    Des ruisseaux un déluge a fait de lourds torrents
    Qui roulent, pêle-mêle, écumeux, dévorant

  • La baigneuse

    Le temps chauffe, ardent, radieux ;
    Le sol brûle comme une tôle
    Dans un four. Nul oiseau ne piaule,

  • La biche

    La biche brame au clair de lune
    Et pleure à se fondre les yeux :
    Son petit faon délicieux
    A disparu dans la nuit brune.

  • La bonne chienne

    Les deux petits jouaient au fond du grand pacage ;
    La nuit les a surpris, une nuit d'un tel noir

  • La chair

    La chair de femme sèche ou grasse
    Est le fruit de la volupté
    Tour à tour vert, mûr et gâté
    Que le désir cueille ou ramasse.

  • La châtaigneraie

    Gloire à cette rencontre, en ces fonds de la Marche,
    Surgissant, après tant de tours et contremarches,

  • Tous les poèmes de Maurice Rollinat débutant par la lettre L

M

  • Magie de la nature

    Béant, je regardais du seuil d'une chaumière
    De grands sites muets, mobiles et changeants,

P

  • Pendant la pluie

    Après une chaleur si dure
    Tout se rafraîchit pour l'instant.
    La pluie est absorbée autant
    Par le roc que par la verdure.

R

  • Repas de corbeaux

    C'est l'heure où la nuit fait avec l'aube son troc.
    Dans un pays lugubre, en sa plus morne zone,

  • Réponse d'un sage

    Un jour qu'avec sollicitude
    Des habitants d'une cité
    L'avaient longuement exhorté :
    A sortir de sa solitude :

S

  • Soir de pluie

    Sur l'eau d'un vitreux mat, vert bouteille foncé,
    Des ronds, comme au compas, sont tracés par la pluie,

U

  • Un bohème

    Toujours la longue faim me suit comme un recors ;
    La ruelle sinistre est mon seul habitacle ;

  • Un jour d'hiver

    Arqué haut sur les monts et d'un bleu sans nuages
    Qu'un triomphant soleil embrase éblouissant,

  • Une résurrection

    Autrefois, un pauvre arbre, au coin d'une prairie,
    M'avait toujours frappé les yeux
    Par son dénudé soucieux

V

  • Vapeurs de mares

    Le soir, la solitude et la neige s'entendent
    Pour faire un paysage affreux de cet endroit

  • Villanelle du Diable

    À Théodore de Banville.
    L'Enfer brûle, brûle, brûle.
    Ricaneur au timbre clair,
    Le Diable rôde et circule.